Top 14 - À Clermont, l'éloge du jeu à (moins) d'une passe pour terrasser Lyon

  • En prenant les Lyonnais dans l’axe, les Clermontois de Tomas Lavanini ont réussi à l’emporter. Photo Vincent Duvivier
    En prenant les Lyonnais dans l’axe, les Clermontois de Tomas Lavanini ont réussi à l’emporter. Photo Vincent Duvivier Midi Olympique - Vincent Duvivier
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Face à un LOU désireux de la chatouiller au large, l'ASM a su exploiter les faiblesses de son adversaire en l’attaquant directement au cœur. À partir des mêlées et de ses mauls, mais pas seulement…

Pas besoin, cette semaine, de laisser traîner les oreilles derrière les portes ou d’user de mille subterfuges pour gratter quelques menues informations sur la composition de l’adversaire. Le Tournoi des 6 Nations et le protocole LNR-FFR se suffisaient à eux-mêmes pour permettre à l’ASM de déduire que l’axe droit lyonnais Bamba-Taofifenua ne serait pas de la partie, puisque sur la liste protégée de Fabien Galthié. Forcément une aubaine puisqu’en leur absence, les Rhodaniens n’avaient qu’un seul pilier droit de métier à opposer avec Gomez-Kodela. Pierre Mignoni se trouvait même obligé de reculer Félix Lambey en troisième ligne, pour apporter un supplément de poids à son pack. De quoi présenter une équipe taillée pour la course et le combat aérien, certes. Mais beaucoup moins pour assurer sur les phases de combat collectif pures et dures, où les Clermontois avaient tout intérêt à les coincer…

De fait, sur le papier, ce « derby » de la grande région AuRA avait toutes les raisons de constituer une parfaite opposition de styles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on n’a pas été déçu, jusqu’à la dernière minute… Commençons par les Lyonnais, tiens. Handicapés dans l’épreuve de force, ces derniers savaient pertinemment que leur salut passerait par une animation large-large, d’autant que le souvenir du match aller leur avait permis de mesurer les failles de la défense auvergnate dans sa redistribution. Une stratégie dans laquelle les Rhodaniens se sont ainsi lancés avec panache, mais avec un certain manque de réussite. On songe ici à deux passes au pied de Berdeu puis Couilloud, en début de match, un tout petit peu trop imprécises pour réussir à servir leurs ailiers. Ou à cette attaque en première main au cœur de la seconde période, qui vit Niniashvili s’infiltrer avec brio juste avant que le bus Tuisova soit poussé en touche par un plaquage kamikaze de Lopez (54e). Un échec toutefois compensé une minute plus tard par une réalisation de Barassi, là encore après une multitude de temps de jeu et un balayage du terrain qui laissa penser que malgré tous leurs déboires dans le combat au près, les Lyonnais allaient faire mentir le vieil adage du « no scrum no win .

Lyon, un large-large si près de payer

En effet, forts d’une immense abnégation dans le jeu au sol, les hommes de Pierre Mignoni paraissaient devoir faire mieux que retarder l’échéance, démontrant même une belle intelligence dans la défense des mauls (ballons coffrés par Lambey, 53e puis Kpoku, 74e) ou même en mêlée (ballon talonné du premier pied par Devisme, 75e).

Las, en rugby, l’intelligence et la vitesse sont une chose. Lesquelles pèsent toutefois peu face à la puissance pure d’un pack, et la précision du jeu au pied de sa charnière. Bien qu’au forceps et sans grande imagination, les Auvergnats en ont une nouvelle fois fait la démonstration samedi soir, grappillant deux essais sur ballon porté et bien entendu la pénalité de la gagne, à la 77e. Ajoutez à cela une flopée de pénalités récoltées en mêlée au prix de doubles flexions dantesques, et vous comprendrez un peu mieux pourquoi le succès des coéquipiers de Parra ne dut rien au hasard, le stratège auvergnat s’appliquant à cantonner le jeu autour des phases de ruck par du jeu à une passe. Ses avants et Naqalevu pouvaient alors s’appliquer à faire parler leur puissance, mâchant les corps lyonnais.

Le seul regret, pour un spectateur neutre ? Il est que cette totale opposition de style ne rapporta pas a minima un point de bonus défensif aux perdants, dont l’ultime initiative au grand large fut celle de trop, avec cette passe de l’inexpérimenté Kpoku interceptée par Tiberghien, dont le coup de pied à suivre poussa Berdeu à la faute sous la pression de Barraque. Reste que cet essai avait au moins le mérite de matérialiser la domination physique et mentale des Clermontois. Et tant pis pour la note artistique, ou la soi-disant morale…

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