Talès : « Les joueurs osent plus car ils savent qu’ils ont le droit à l’erreur »

  • Rémi Tales, ancien ouvreur du XV de France et actuel entraîneur du Stade montois se félicite de voir le XV de France trouver enfin de la stabilité.
    Rémi Tales, ancien ouvreur du XV de France et actuel entraîneur du Stade montois se félicite de voir le XV de France trouver enfin de la stabilité. Icon Sport - Icon Sport
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Rémi Talès, ancien ouvreur du XV de France et actuel entraîneur du Stade montois se félicite de voir le XV de France trouver enfin de la stabilité.

Êtes-vous surpris par la stabilité du XV de France qui dispose déjà, dans les grandes lignes, d’une équipe type pour 2023 ?

Ça ne me surprend pas mais je m’en réjouis. À deux ou trois cas près, je pense que l’on a sous les yeux l’équipe qui partira en quête de la Coupe du monde en 2023. L’équipe reste sur six victoires, les joueurs sont tous performants et, en plus, il y a peu de blessures : pourquoi est-ce qu’il faudrait changer ? On voit que tout est bien réfléchi de la part du staff. Il cherche à installer non pas un XV de départ mais un groupe de vingt-trois. Sur le banc, les finisseurs ont tous dans leur style de quoi faire basculer un match sur la fin.

La stabilité est aussi due au vivier actuel. Il n’y a pas de poste faible qui pourrait donner lieu à des tergiversations…

La richesse d’effectif est impressionnante. C’est le résultat de la formation française et de l’émergence de deux catégories de champions du monde moins de 20 ans. Ils sont bons et le sont tout de suite. Il n’y a qu’à regarder Romain Ntamack. On dirait qu’il a une décennie de rugby international dans les jambes alors qu’il n’a que 22 ans. Et quand on voit tous ceux qu’il y a derrière. C’est pareil à presque tous les postes. Je pense aussi aux demis de mêlée. Regardez tous ceux qui ne sont pas pris et dites-vous qu’il y a Le Garrec qui est blessé et Jauneau qui perce en moins de 20 ans. Après des années de pain noir, le rugby français est récompensé par le travail de fond. Avec un staff aussi performant, il peut aller très loin.

Vous faites référence à la décennie passée, que vous avez connue : ça doit vous rendre envieux, en un sens…

À l’époque, il y avait plus de changements c’est sûr. Mais les résultats n’étaient pas là, alors les entraîneurs essayaient de nouvelles choses. Et puis il y a eu des blessures qui ont empêché d’installer certains mecs. Ça fait des années que les Gallois, les Anglais ou les Irlandais s’appuient sur des équipes stables. Il suffit de regarder les noms, c’étaient tout le temps les mêmes qui jouaient. Le XV de France est en train de trouver sa stabilité.

Cela permet aussi aux joueurs de mieux s’exprimer, aussi…

Oui cette confiance du staff rejaillit sur les joueurs. Ça se voit : ils ne sont plus inhibés et se sont décomplexés. Ils osent plus car ils savent qu’ils ont le droit à l’erreur, que leur place n’est pas menacée. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Vous avez vu comment les jeunes sont monstrueux. On n’a pas que le meilleur joueur du monde, on en a plein qui sont au top niveau.

Avec le recul, comment percevez-vous la tentative d’associer Ntamack et Jalibert en novembre ? Cela avait amené de l’instabilité, provisoirement, non ?

Il faut remettre les choses dans le contexte d’alors. Danty n’avait pas encore complètement explosé, Vakatawa était blessé et les deux ouvreurs étaient très performants. Les entraîneurs voulaient à mon sens profiter de cette situation pour tenter l’association. Quand tu as deux ouvreurs de ce niveau et qui ont une telle polyvalence, comment ne pas penser à les aligner ensemble ? Selon les adversaires et la configuration des rencontres, je pense que ça pourrait se reproduire à l’avenir.

Pensez-vous que le staff a plus intérêt à figer son XV ou à procéder à quelques
expérimentations d’ici la Coupe du monde ?

Vu les résultats, je pense qu’ils peuvent se le permettre. Avec une ossature aussi forte, il est possible sur un ou deux postes de procéder à des essais afin de donner de l’expérience à un plus grand nombre de joueurs. Dans tous les cas, le système est compris et maîtrisé. On l’avait bien vu l’été dernier en Australie où, avec un groupe très remanié, le niveau de l’équipe était resté bon. C’est aussi le cas en cours de match. Quand les finisseurs entrent, l’équipe continue d’être aussi performante.

Qu’est-ce qui pourrait contrarier les Bleus à l’avenir ?

Il ne faut pas penser à ce qui pourrait les freiner. À moins de blessures, tous les feux sont au vert. Il faut plutôt penser à ce qu’ils peuvent faire pour être encore plus forts. Ils vont arriver à la Coupe du monde en étant encore jeunes et avec une grosse expérience. Ils ont pleinement la capacité d’être champions du monde.

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