La « French touche » a donné le rythme durant le Tournoi

  • En difficulté face au contre gallois, Cameron Woki, le capitaine de l’alignement tricolore, a su s’adapter et corriger le tir face aux Anglais une semaine plus tard.
    En difficulté face au contre gallois, Cameron Woki, le capitaine de l’alignement tricolore, a su s’adapter et corriger le tir face aux Anglais une semaine plus tard. Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Point faible structurel du XV de France ces dernières années, l’alignement tricolore a progressé pendant deux ans, jusqu’à devenir la meilleure plate-forme offensive des Bleus, à l’origine de 50 % de leurs essais. Tout en maîtrise...

C’est peu dire que, parmi tous les secteurs en jachère qui attendaient Fabien Galthié et son staff à leur prise de fonction, celui de la touche semblait le plus difficile à redresser. Parce qu’il s’agissait de faire face aux retraites internationales du lanceur-capitaine Guilhem Guirado, d’abord, ainsi qu’à celle du deuxième ligne Sébastien Vahaamahina.

Mais surtout parce que l’alignement français constituait l’un des points faibles structurels du XV de France, relativement inefficace sur ses séquences offensives mais surtout cruellement défaillant en défense, d’une porosité extrême sur les ballons portés ou dans la zone de fracture entre le verrouilleur et l’ouvreur. C’est ainsi que, dans le sillage de l’entraîneur spécialisé Karim Ghezal mais aussi en connexion avec toutes les autres composantes du staff de Galthié (arbitrage avec Jérôme Garcès, défense avec Shaun Edwards, jeu au pied avec Vlok Cilliers, attaque avec Laurent Labit…), l’alignement tricolore est (re) devenu une référence.

« Sur ce Tournoi, la première chose que l’on recherchait, c’était de la maîtrise, nous confirmait Ghezal. C’est tout bête, mais la compétition se déroule en hiver et depuis deux ans, j’avais remarqué qu’il y a toujours un match ou deux qui se déroulent dans la tempête, ou du moins dans des conditions météorologiques difficiles. C’est ce qui est arrivé contre l’Italie, sous la pluie, ou en écosse, avec des rafales de vent à 90 km/h. Par rapport à cela, on voulait se donner des options en début d’alignement pour faire face à ces conditions. Un autre aspect de la maîtrise, c’est l’arbitrage, et c’est aussi un point de satisfaction grâce au travail de Jérôme Garcès. » 

Un contrôle qui a permis à la touche bleue de servir avec brio de plate-forme offensive (les Bleus ont conservé 92 % de leurs lancers et inscrit 8 de leurs 17 essais après touche) aussi bien que de base défensive. On en veut pour preuve ces pénaltouches décisives défendues avec brio contre l’Irlande (contre de Cros) ou au pays de Galles (ballon bloqué par Villière au-dessus de l’en-but), ou encore ce récital contre l’Angleterre, avec trois portés parfaitement bloqués lorsque les Anglais faisaient le forcing en deuxième mi-temps.

Le tournant de Cardiff

Alors certes, il y eut quelques couacs, comme ce match de Cardiff où la touche bleue perdit un peu de sa superbe, avec plusieurs ballons "mal" gagnés qui ont toutefois eu le mérite de susciter une leçon grandeur nature au leader d’alignement Cameron Woki qu’utile.

« À Cardiff, les Gallois avaient choisi de mettre trois joueurs à plus de deux mètres pour bloquer les options de Cameron, qui était bloqué où qu’il se déplace, détaillait Ghezal. Mais grâce à nos kinés, en direct, on a pu vite faire remonter l’info selon laquelle les bonnes options étaient sur Paul Willemse, ou au fond sur place avec François Cros. Cameron est un jeune joueur, qui n’a qu’une quinzaine de matchs avec nous et n’est pas chargé des annonces en touche avec son club. Je suis donc très heureux de la manière dont il s’est adapté en cours de rencontre, en lâchant le saut pour annoncer sur ses partenaires qui étaient démarqués.

Et je suis très content aussi que ce jour-là, Dylan Cretin et Thibaut Flament aient continué à garder les bonnes options. L’avantage aussi, c’est que ce match nous a servi de bonne préparation contre l’Angleterre. Quand nous avons vu qu’Eddie Jones avait titularisé un joueur aérien comme Isiekwe plutôt que Launchbury, on se doutait que nous aurions à faire face à une défense du même genre que celle des Gallois. Dans notre préparation, cela nous a beaucoup aidés. » 

Et même si les ballons portés des Bleus (principale plate-forme des lancements des trois-quarts) ont été rapidement écroulés par les Anglais, l’attaque française avait tout de même les solutions pour s’adapter. « Pour ce qui est de l’attaque comme de la défense, on ne se contente pas de travailler sur l’organisation de la touche, mais d’anticiper les trois temps de jeu suivants. Le seul petit regret, ce sur ce Tournoi, c’est de ne pas avoir eu une vraie pénaltouche près de l’en-but à négocier. » Un secteur où les Bleus, très performants en novembre, n’ont pas pu s’exprimer. Dommage car contre l’Angleterre, on brûlait de savoir comment les Bleus allaient chercher à exploiter le couloir des cinq mètres laissé à la charge du seul demi de mêlée…

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Nicolas ZANARDI
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