Rouen : la mêlée en fer de lance

  • Lucas CAZAC (Rouen).
    Lucas CAZAC (Rouen). Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

Apres avoir longtemps souffert dans ce secteur de jeu, les normands commencent a y puiser une force collective nouvelle.

La mêlée fermée qui était l’une des grandes faiblesses de cette équipe de Rouen, pourrait-elle sauver les Normands dans la division ? C’est le revirement assez formidable qui semble se produire depuis deux ou trois rencontres. Pénalisée très souvent dans ce secteur qui lui a valu mille misères dès le début du championnat, elle a trouvé en deux ou trois occasions, à force de travail, une carburation collective très appréciable.

« Oui, je suis content, livrait Greg Bouly, le responsable de la chose, qui s’est longtemps trituré les méninges sur ces difficultés. On voit bien que ce secteur de jeu ne génère plus d’appréhension lors de nos matchs, et au contraire même. Depuis quatre rencontres, nous réalisons de belles performances. Et si nous ne prenons pas le dessus au point de gagner des pénalités, nous parvenons à faire de notre édifice une bonne rampe de lancement de nos propres actions, et un perturbateur de celles de nos adversaires ».
 

Les petits détails

Il aura donc fallu huit mois de travail pour en arriver là, trente-deux semaines d’entraînement pour modifier petit à petit cette position trop basse des bras des piliers gauches, rectifier de quelques centimètres l’endroit de positionnement des appuis des secondes lignes, et produire dans le bon tempo cet impact collectif qui aujourd’hui très performant, rend le capitaine Mathieu Bonnot et ses camarades assez certains de leur fait.

« Il nous a fallu du temps, mais c’est parfois le temps nécessaire, estime le deuxième ligne Lucas Cazac. Ce n’est pas évident, quand les internationaux partent en sélection, quand les jokers arrivent, et plus généralement, quand vous rencontrez des évènements qui vous perturbent, de trouver une belle osmose dans un secteur de jeu qui n’était pas une force au départ. Lors des deux derniers matchs, nous avons réussi à gagner des ballons sur introduction adverse, et si nous ne parvenons pas forcément à provoquer des pénalités en notre faveur, nous ne sommes plus du tout pénalisés comme nous l’étions. C’est une avancée réelle ».

Il y a deux mois et demi, alors qu’ils traversaient le drame du suicide de leur ouvreur Jordan Michallet, les Rouennais s’étaient relancés une première fois dans ce championnat de façon assez paradoxale. Leur collectif mis à mal par son geste désespéré, l’éclatement était possible. Mais la décision de leurs dirigeants de les laisser une semaine ensemble à Grenoble, au moment de l’enterrement qui coïncidait avec leur match au stade des Alpes, leur avait permis de trouver des arguments collectifs. Sur le plan comptable, à partir de cet instant, ils ont redécollé. Ils venaient d’inscrire seulement trois points en sept rencontres, ils en ont arraché treize lors de leurs huit matchs suivants. Deux mois et demi après ce sursaut au ressort dramatique, les Normands sont donc en train de vivre une sorte de deuxième paradoxe, en transformant le point faible de leur mêlée fermée, en signe de ralliement vers le maintien.

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Guillaume Cyprien.
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