Champions Cup - Qualifié pour les quarts de finale, le MHR est « Stoopéfiant » !

  • Gabriel Ngandebe tente d’échapper à la vigilance défensive des Harlequins.
    Gabriel Ngandebe tente d’échapper à la vigilance défensive des Harlequins. PA Images / Icon Sport
Publié le , mis à jour

Au terme d’un final haletant au Twickenham Stoop face aux Harlequins, les Montpelliérains se sont offerts une qualification en quarts de finale.

Qui aurait prédit, au milieu de ce festival d’essais, de points, de courses folles et de contres assassins qu’un seul petit point aurait tout changé ? Personne. Sauf, peut-être, les joueurs de Montpellier eux-mêmes, qui étaient parfaitement conscients que le matelas supposément confortable de 14 unités d’avance pouvait fondre aussi vite que neige à ce soleil qui inonda le Stoop durant tout le week-end : « Quatorze points, on savait que c’était peu. Ils étaient capables d’enflammer le match et de marquer beaucoup de points », rappelait l’emblématique flanker Fulgence Ouedraogo.

Pourtant avant la rencontre, un confrère anglais nous interrogeait sur leur état d’esprit : on lui répondit que les Montpelliérains étaient confiants, mais sans plus. Qu’ils auraient vraiment aimé disposer d’une avance plus confortable : « Quatorze points ce n’est pas rien tout de même ! C’est un double break ! », rétorqua le journaleux british un tantinet pessimiste. Il n’avait pas tort. Mais face aux champions d’Angleterre en titre, on ne peut être sûr de rien.

Car les Quins sont les pros de la remontada. Ils l’ont encore fait la semaine dernière, au GGL Stadium : quatre essais inscrits en une mi-temps. Ils l’avaient fait en finale de championnat, l’année dernière face à Exeter en infligeant un cinglant 28-0 aux Chiefs et s’adjuger le titre. Pour toutes ces raisons, les Cistes ne faisaient pas les ronflants.

Et leur pires craintes se sont vérifiées après seulement… Trente-trois secondes de jeu. C’est le temps qu’il fallut à l’arrière Huw Jones pour plonger dans leur en-but, après un coup d’envoi mal négocié, une passe laser de Danny Care à Alex Dombrandt, et une percée de ce dernier en plein centre du terrain.

Yvan Reilhac était aux premières loges : « Sur le premier essai des Harlequins, je crois que c’est de ma faute. Ça peut me sortir du match mais j’ai eu la chance de marquer derrière », confessait le centre, qui fut à l’exacte image de son équipe : à chaque fois que le MHR a été pris à défaut ou a encaissé des points, il a aussitôt répliqué. « L’essai après 33 secondes ? On se dit qu’il faut qu’on recolle tout de suite », expliquait Ouedraogo. « Le stade était impressionnant, avec une ambiance de fou, reprenait Reilhac. Mais quand ils marquaient, on répondait derrière. » « Il fallait rester unis et solidaires. On a jamais baissé les bras, on ne s’est jamais dit que c’était impossible aujourd’hui. », concluait le troisième ligne tricolore.

In fine, les Cistes s’imposent d’un souffle : 60 à 59 : « Il ne fallait pas être cardiaque ! » soufflait le manager Philippe Saint-André à l’issue de la rencontre.

Ouedarogo : « Vingt dernières minutes suffocantes »

Mais que ce fut dur. Que ce fut éprouvant, à l’image de cette interminable série de huit mêlées contre le MHR à seulement cinq mètres de sa ligne, et qui ont finalement abouti sur un carton jaune à Jérémie Maurouard. Du centre du terrain, Reilhac assistait impuissant à ce triste spectacle : « Pénalités sur pénalités, carton jaune… Tu te dis que ça va être dur. J’en parle avec Tiss’ (Julien Tisseron, N.D.L.R.), on se dit que si là on ne prend pas de points, on gagne quoi ! »

Les Cistes ont finalement hérité d’une pénalité, et sont enfin sortis de leur camp. Mais ils n’étaient pas encore au bout de leurs peines. Fulgence Ouedraogo avait déjà quitté le terrain, et piétinait sur le bord du terrain : « Ces vingt dernières minutes étaient suffocantes. La pression était énorme. On est passé par toutes les émotions : ils finissent par marquer le dernier essai on est abattu, il rate la transformation on reprend espoir… Derrière, il y a cette séquence dans leur camp puis l’interception de Geoffrey Doumayrou… Certaines choses nous ont souri aujourd’hui, mais je pense qu’on est allé le chercher sur les deux matchs. »

Le flanker n’a pas tort. Car le MHR sort grandi de cette rencontre : « Quand on voit ce qu’on est capable de faire dans le courage, l’abnégation, l’organisation collective… Il fallait être fort, souriait Saint-André. Et on est en place physiquement. On l’a vu contre les Harlequins qui mettent beaucoup de rythme. On gagne ce bras de fer qui a été dur, beau. Pour le vécu de mon équipe, du MHR, c’est assez exceptionnel. »

Aussi exceptionnel que cette deuxième qualification pour un quart de finale dans la grande Coupe d’Europe, huit ans après celle de 2014. Mais plus le chemin est dur, plus la victoire est belle.

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