Toulouse, un éclair et des génies

  • Matthis Lebel s'est offert un doublé à l'Aviva Stadium après une combinaison exceptionnelle.
    Matthis Lebel s'est offert un doublé à l'Aviva Stadium après une combinaison exceptionnelle. Sportsfile / Icon Sport
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Menés de dix points à un quart d’heure de la fin, les Toulousains sont revenus dans le match grâce à une sublime combinaison gagnante en touche, sur laquelle le talent individuel a aussi parlé. Explications.

Le problème, quand un match regorge de mille rebondissements comme ce fut le cas samedi, c’est de trouver celui qui a vraiment fait basculer la rencontre. Du moins, plus qu’un autre. À ce titre, il semble difficile d’occulter le deuxième essai personnel de Matthis Lebel, inscrit à la 67e minute, au terme d’une action qui restera dans les annales européennes du Stade toulousain.

À cet instant, le champion d’Europe en titre était mené de dix points (24-14) et, s’il n’était pas question de minimiser les ressources qui étaient encore les siennes, il était franchement permis de penser que la marche serait cette fois trop haute. Et puis, tout a changé sur un éclat dont cette équipe a le secret, qui doit autant au talent individuel de ses hommes qu’à une minutieuse préparation du match. Le contexte ? Une touche sur les trente-cinq mètres irlandais. Peato Mauvaka lançait en fond d’alignement en direction d’Anthony Jelonch. Là, tout laissait à penser que les Stadistes allaient engager un ballon porté, secteur dans lequel ils avaient été relativement sereins. En effet, Joe Tekori, positionné en relayeur, s’approchait de ses partenaires quand Cyril Baille initiait une course pour également apporter sa densité. Enfin, c’est ce que les Munstermen croyaient…

Bouilhou : « Des fois, ça marche »

Ceci n’était en fait qu’un fabuleux leurre puisque Jelonch servait en réalité Baille lequel donnait ensuite le ballon à Mauvaka qui le contournait.

Un déplacement remarquable du talonneur qui, une fois en possession du ballon, élargissait sa trajectoire pour obliger son vis-à-vis à défendre loin de l’alignement. Quatre avants irlandais étaient alors monopolisés par ce qu’ils avaient pris pour un maul, laissant un espace se créer entre eux et Barron contraint de défendre sur Mauvaka.

Et c’est là que l’international a encore démontré qu’il était un joueur incroyablement doué pour son poste, effectuant une magistrale passe aveugle dans son dos pour Matthis Lebel, qui débarquait plein fer dans le fameux intervalle. Jean Bouilhou, maître de la touche des Rouge et Noir, raconte l’origine de cette remarquable combinaison : « On savait qu’ils aimaient contrer fort les ballons et on avait vu qu’ils se mettaient très bien en place sur la défense des ballons portés. Donc on a essayé de réfléchir à un petit mouvement pour en tirer profit. Des fois, ça marche. D’autres fois, non. Mais c’est heureux que cela ait bien fonctionné à ce moment car c’était important. » C’était même vital pour ses hommes.

Lebel, le Munster lui va si bien

Une fois l’exécution de cette "combine à Jeannot" réalisée à merveille, il fallait encore conclure. Là, c’était du ressort de Lebel, lequel avait déjà donné une nouvelle dimension à sa carrière contre le Munster la saison passée en inscrivant un essai à Thomond Park, puis en réussissant un cadrage-débordement d’anthologie sur Hanrahan amenant un autre essai de Dupont. Sauf que le meilleur marqueur du précédent exercice toulousain a connu des derniers mois plus délicats, avec seulement trois réalisations en dix-neuf matchs avant ce quart de finale.

Déjà auteur d’un essai en première mi-temps, il n’a donc pas laissé passer l’occasion de s’offrir un doublé dont il se souviendra longtemps. Une accélération, un crochet dévastateur pour envoyer Simon Zebo sur les fesses et le Gersois filait sous les poteaux. « Tout cela avait été bossé à l’entraînement, explique Romain Ntamack. Quand ça passe, ça fait du bien. Et un essai en première main met toujours un coup au moral à l’adversaire. » À partir de là, même si le Munster avait encore trois points d’avance, la dynamique s’était de nouveau renversée. « Pour moi, c’est l’action qui a fait chavirer le match et nous a fait passer dans le positif », assure Ntamack. La suite lui donnera raison…

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Jérémy FADAT,
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