L'édito - Les forts de Carcassonne

  • L'édito - Les forts de Carcassonne
    L'édito - Les forts de Carcassonne Icon Sport - Icon Sport
Publié le

L'édito du jeudi par Léo Faure...

Tout était si logique dans cette saison que, sans eux, on se serait (un peu) ennuyés. La France était promise à gagner le Tournoi, ce qu’elle a fait. L’Irlande devait être sa première rivale, elle termina en dauphin. Le dernier carré européen n’a réservé aucune surprise ; les gros budgets du Top 14 ont traversé une saison de hauts, de bas mais, à deux journées du terme, tout le monde est encore là, à espérer une qualification. Les promus campent aux dernières places, le BO retrouvera le Pro D2, Bourg et Narbonne repartent en Nationale. Beaucoup trop logique, cette affaire.

Pour couper la chique à ce début d’ennui, on remerciera donc Carcassonne. Plus petit budget du Pro D2, ils n’ont de cesse de le clamer, les Cathares ont donc réussi à s’octroyer un strapontin en phase finale. Pas le moindre des tours de force.

D’autant que l’affaire avait bien mal commencé. Deux victoires en huit matchs, rien d’idéal pour lancer une aventure vers les sommets. Croisé un soir d’après-match à Toulouse, Christian Labit ne s’en inquiétait pas. « Pour l’instant, on n‘y est pas. On est un peu en retard sur notre préparation. Mais on va rentrer du monde. Quand tout sera lancé, j’aurai une bonne équipe. » L’homme fort du projet carcassonnais voyait juste.

Il convient d’ailleurs ici de lui rendre cet hommage : il voit souvent juste. « Nash », comme l’appellent ses amis toulousains, ne jouit pas toujours de la bonne cote médiatique d’autres techniciens, qui œuvrent à tous les coins de notre Hexagone. C’est qu’il ne court pas après la lumière, voyez-vous. Et qu’il se moque sans trop de mal du regard et du jugement du petit milieu « rugby ».

Sans faire de bruit, sans jamais donner de leçons ni expliquer le rugby aux autres, il a pourtant construit aux contreforts de la cité un petit royaume. Un projet bâti depuis cinq ans et pour le long terme, intelligent et en cohérence avec la réalité économique du club. En plaçant les hommes et la solidarité au centre de son canevas. C’est ici que résident sa force et son attractivité. À Carcassonne, aux finances étriquées, on ne trouve que peu de noms ronflants mais une solidarité sans faille née d’une science du vivre-ensemble qui ne se décrète pas, que beaucoup revendiquent sans réellement l’expérimenter mais qui fait le socle de l’aventure des Audois.

À Nevers ce jeudi, ils ne s’avanceront pas en favoris. Ils le savent et s’en moquent pas mal. Favoris, ils ne l’ont pas été souvent cette saison et, qu’à cela ne tienne, ils sont bien présents au rendez-vous des grands. Prêts à en découdre. Et l’affaire sera tout sauf simple, pour des Neversois qui seront, eux, favoris. Et la pression qui vient avec.

Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?