Anthony Lepage (Directeur général de l'EPCR) : « Vers un record historique d’affluence »

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COUPE D'EUROPE - Directeur général de l'EPCR depuis décembre 2021, Anthony Lepage, admirera, ce week-end, les finales de Champions et de Challenge Cup 2022. Pour l'occasion, le Français revient sur l'organisation et les critères d'attribution pour choisir la ville accueillant les finales, et sur l'avenir des compétitions européennes.

Marseille va donc accueillir les finales de Coupes d’Europe ce week-end : enfin, serait-on tenté de dire !

Cela a une saveur à part, c’est vrai. Que ce soit pour Marseille ou pour nous, ces deux reports consécutifs ont généré une forte attente. On attend ce moment depuis trois ans ! Les discussions avec la mairie marseillaise et le stade Orange Vélodrome avaient même commencé il y a quatre ans. Désormais, on a tous hâte d’y être.

Au gré des reports, cette destination n’a jamais été remise en cause ?

Non et malgré les changements politiques qu’il a pu y avoir entre-temps, que ce soit du côté de la mairie ou du nôtre, à l’EPCR. C’est assez remarquable. Pour d’autres événements, on a pu voir que des changements de mairie créaient des problèmes ou remettaient l’organisation en question. Cela n’a jamais été notre cas. Marseille a toujours gardé le cap et pleinement soutenu l’organisation dans sa ville de ces finales de Champions Cup. Il faut le souligner.

On imagine qu’une municipalité a aussi beaucoup à gagner, lorsqu’elle accueille de tels événements…

Ce n’est pas si simple. L’accueil de 100 000 personnes sur un week-end, dans une ville déjà très touristique, cela implique une logistique importante et une grosse organisation : la sécurité, l’acheminement des fans, que ce soit en train ou en avion, l’accueil hôtelier et la restauration. Il faut un espace consacré pour notre Rugby village en centre-ville et toutes les facilités qui vont avec, plus de transport en commun… Rien n’est simple même s’il y a aussi un fort impact positif, c’est évident. Pour l’image de la ville et son rayonnement, ce n’est pas anodin ; pour ses commerces et son économie non plus. Pour un tel week-end, on estime les retombées aux alentours de 40 millions d’euros. Bien sûr que les villes ont aussi à y gagner. Malgré tout, certaines municipalités sont plus frileuses. Ce n’est pas le cas de Marseille, qui s’est pleinement engagée depuis le début des discussions.

Qu’espérez-vous de ce week-end de finales ?

Tout s’annonce merveilleusement bien, dans des conditions de jeu idéales. Il devrait faire beau, plus de 100 000 spectateurs sont attendus au cumul des deux matchs. Pour la finale de Champions Cup, nous ne sommes plus très loin du guichet fermé.

100 000 personnes, est-ce un record d’affluence ?

Très clairement. Sur ce format, avec les deux finales dans un même stade, nous n’avions pas dépassé les 78 000 personnes. Nous nous dirigeons effectivement vers un record historique d’affluence. L’ambiance s’annonce superbe.

Ces finales seront l’aboutissement d’une saison aussi marquée par les critiques à l’encontre de l’EPCR, sur la gestion des reports en décembre et janvier…

Je note cependant que les meilleurs clubs étaient tous présents, dans la dernière ligne droite. Que les phases finales ont tenu toutes leurs promesses. Comme quoi, dans nos "comptes d’apothicaire" comme j’ai pu l’entendre, nous ne nous étions peut-être pas tellement trompés… (sourire) Tout n’a peut-être pas été parfait mais on peut quand même être fiers du résultat.

Les finales de 2023 se dérouleront finalement à Dublin. Regrettez-vous d’avoir dû annuler leur implantation dans un nouveau stade, le Tottenham Hotspur Stadium à Londres ?

Des regrets, non. Les calendriers sont très chargés, en rugby comme en foot et nous savions que de tels impératifs pourraient nous contraindre. Dans un stade de foot, la priorité reste le foot. C’est logique. Mais nous sommes toujours en contact pour de prochaines éditions. Les relations sont très bonnes. En attendant, Dublin, c’est tout sauf un plan B, on l’a juste anticipé d’une saison. C’est un lieu superbe et qui promet une belle fête. On revient dans un stade de 51 700 places et une terre de rugby, où l’on pense pouvoir remplir assez vite.

Est-ce un enjeu majeur d’explorer de nouvelles terres, de nouveaux stades même dans la "vieille" Europe ?

Cela fait partie de notre plan stratégique. On essaie d’avoir un équilibre, d’alterner entre tradition et nouveaux territoires. On l’avait fait à Bilbao, puis à Newcastle. On regarde les pays limitrophes de notre territoire traditionnel du rugby, qui correspond globalement aux 6 nations. L’Allemagne, la Hollande ou la Belgique nous intéressent. Il peut y avoir des bassins à explorer. Aussi, l’Italie est dans le giron des 6 nations mais n’a jamais accueilli de finales européennes. On regarde tout ça.

Au-delà du pays, quels sont les critères ?

Que le stade soit proche ou en centre-ville. C’est quelque chose d’important, autant pour l’ambiance que l’aspect écologique. Cela crée une atmosphère de dingue partout dans la ville, un esprit festif qui va bien au rugby. Il y a une connexion rapide entre le stade et le "village rugby" où se trouve la fan zone. Entre les deux, il y a des supporters partout. C’est vraiment chouette et cela correspond à notre idée : faire profiter à toute la ville de l’événement et de la fête.

L’expansion, c’est aussi la future intégration des meilleures provinces d’Afrique du Sud aux Coupes d’Europe, l’an prochain. Étrange, non ?

Nous clarifierons le sujet des provinces d’Afrique du Sud dans les prochains jours.

Le nouveau format, avec des poules de 12 sans que tout le monde se rencontre, est déjà critiqué sur son manque de lisibilité…

Nous y trouvons de bonnes choses, d’autres plus discutables. Il est trop tôt pour tirer des conclusions. Un premier travail se fera après les finales. Ce sujet des conférences et de leur lisibilité est celui qui fait le plus parler, mais il ne faut pas omettre que nous venons encore de vivre une année sanitaire chargée, avec la vague du variant omicron pendant les phases de poule.

Ce format pourrait-il rapidement évoluer ?

Tout le monde a résigné jusqu’en 2030. Ce qui ne nous contraint toutefois pas à l’immobilisme. Nous aurons des points-étapes, pour améliorer et adapter ce qui doit l’être. Mais il faut aussi voir tout ce qui fonctionne bien, voire très bien. Le public nous suit, nos partenaires nous suivent également et prolongent leurs engagements. Ce sont des marqueurs importants de confiance et de sérieux.

Ce nouveau format, ce sont aussi les huitièmes de finale en aller-retour. Ce qui semble séduire…

Cela a créé des scénarios à rebondissements, des renversements de situation. Ces matchs aller-retour ont rebattu les cartes sur tous les aspects de stratégie, de coaching, de préparation physique et mentale des joueurs. On échange avec les clubs, les entraîneurs, les joueurs à ce sujet et les retours sont très positifs. Cela va dans le sens de ce que l’on souhaite : un rugby spectaculaire et qui plaît aux fans.

Que va changer l’arrivée prochaine de la Coupe du monde des clubs ?

On a abordé les difficultés de l’intégration des Sud-africains à la Champions Cup, alors imaginez l’ampleur de la tâche pour construire une Coupe du monde des clubs ! Effectivement, on discute avec nos homologues de l’hémisphère sud. Tout le monde est autour de la table, ça fait son chemin, tout le monde veut que ça se fasse. Mais la logistique est très complexe. Il est encore très tôt pour en parler.

N’est-ce pas d’abord un besoin pour les Sudistes ?

En Europe aussi, on reste trop dans notre coin. Il faut s’étendre, s’ouvrir, s’intéresser aux autres. C’est le moment. Les discussions avancent. Il sera difficile d’aboutir à un calendrier global et pas seulement pour les clubs ; aussi pour les équipes nationales. Il faut cet équilibre et tout le monde le comprend. Mais je suis persuadé qu’on saura trouver de la place pour tout le monde.

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Léo FAURE
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