L'édito : un amour de Bayonne

  • L'édito : un amour de Bayonne
    L'édito : un amour de Bayonne Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

L'édito du lundi par Léo Faure... Jusqu’au bout, la saison bayonnaise n’aura donc ressemblé à aucune autre, posant un crochet à gauche quand on l’attendait à droite, un contre-pied comme un croche-patte à la logique. Bayonne, il faut s’en souvenir, était le grandissime favori de ce Pro D2. Armé de son effectif de Top 14 presque intact, il rassemblait même une drôle d’unanimité autour de sa peña, dans notre traditionnel sondage des entraîneurs : avant le début de la saison, les techniciens des quinze autres clubs de la division voyaient les Basques soulever le Bouclier du champion, au bout de chemin d’agonie qu’est ce Pro D2 à 32 matchs. Ce qu’ils ont donc fait.

Mais rien ne fut aussi limpide que notre consultation l’indiquait. Si le bilan comptable de l’Aviron est plus qu’honorable (100 points et 20 victoires en 30 matchs), il s’est heurté à l’étonnante résistance des Montois, sublimes une année durant et qui n’auront finalement craqué qu’au pire moment : ce dimanche, en finale, dans un scénario et un score final définitivement trop lourds. Et peu représentatif de l’immense saison qu’ont réalisée les Landais.

Bayonne, lui, n’en a cure. Il triomphe d’une année qui l’a forcé à l’introspection, quand tout ne tournait pas exactement comme il le souhaitait. En novembre, par exemple, quand les Montois – tiens donc – étaient venus les dominer à Jean-Dauger dans une rencontre aux effluves polémiques. Puis la défaite encore, en suivant, à Oyonnax. Face à ses concurrents directs, Bayonne ne (se) rassurait pas. La sortie de l’hiver proposait un diagnostic similaire. Battu trois fois consécutivement à l’extérieur, l’Aviron n’écrasait pas la deuxième division comme on aurait pu l’envisager.

Mais tout ceci n’est que péripéties d’une saison, trop longue pour être pleinement linéaire. Et Bayonne, finalement deuxième et directement qualifié en demi-finales, avait bel et bien rempli sa première mission.

Le grand mal qui aurait pu le ronger, jusqu’à le faire rompre, se logeait dans ses viscères. Des jeux dangereux de pouvoir politique, en coulisses, entre président et actionnaires et qui ont fragilisé un temps le club. Une franche déchirure, aussi, entre le même président et son entraîneur. Pas idéal, quand on ambitionne le trône.

Ignorant autant que possible ce contexte parfois belliqueux, resserré sur lui-même et le seul sujet sportif, autocentré, le groupe des joueurs bayonnais et leur staff se sont donc saisis de leur destin. Et ces mots du talonneur Delonca, dans les vestiaires du GGL Stadium ce dimanche, avant la finale. « On le mérite. Vous le méritez tous. Nous le méritons tous. »

Oui, Bayonne le mérite. La qualité impeccable de sa finale en atteste. L’Aviron retrouve l’élite, un an seulement après l’avoir quittée dans une dramaturgie impitoyable. Et Yannick Bru, boulot bien fait, peut partir la tête haute.

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?