Toulouse, l’épouvantail

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Sorti vainqueur du duel au sommet contre La Rochelle lors du premier barrage, samedi soir,le Stade toulousain a frappé fort avant les demi-finales. Même si, en demi-finale, il retrouvera Castres, premier de la phase régulière et habitué à tirer son épingle du jeu dans l'ultime ligne droite.

Depuis le dénouement de la dernière journée et cet essai que les Lyonnais n’ont jamais marqué à l’ultime minute contre La Rochelle, sans que personne ne comprenne comment, tous les yeux étaient rivés sur le barrage à venir entre Toulouse et La Rochelle. Si les Maritimes s’étaient inclinés sur le terrain du Lou, ils se seraient déplacés à Bordeaux-Bordeaux, mais cet incroyable épilogue leur a offert un remake des deux finales de la saison dernière.

De là à dire que c’était cette fois celle avant l’heure, il n’y avait qu’un pas. Que beaucoup ont effectué. N’empêche, pas sûr que les Castrais aient énormément savouré leur formidable première place à l’issue de la phase régulière, au moment d’apprendre qu’elle offrirait une demi-finale contre le champion d’Europe 2022, tombeur magnifique du Leinster à Marseille il y a deux semaines, ou le club qui a réalisé un doublé historique lors du précédent exercice. Merci du cadeau… Samedi soir, c’est bien le Stade toulousain qui est sorti vainqueur de ce duel au sommet, sans que cela ne souffre de la moindre contestation au vu du scénario.

Si les hommes de Ronan O’Gara ont échoué à cinq points de leurs adversaires au tableau d’affichage, cela ne reflétait pas la domination des Rouge et Noir, impériaux et qui eurent juste la mauvaise idée de baisser un peu trop le pied en fin de match, permettant aux visiteurs d’inscrire deux essais dans les derniers instants. Sur ce barrage, Toulouse a marqué les esprits. Et pas que… « Avant d’affronter Biarritz, on mettait moins d’essais, avoue le talonneur Peato Mauvaka. Là, ça tourne en notre faveur. C’est bon pour la confiance. » 

Avant de poursuivre en se projetant sur la suite : « C’est dur de jouer contre les Castrais qui possèdent un système de jeu idéal pour nous contrer. » Son coéquipier Thomas Ramos ne dit pas le contraire : « Castres est une équipe complète, avec très peu de points faibles. » = Une formation capable, à Nice, de mettre fin à l’hégémonie toulousaine sur le rugby français, du moins à l’échelle nationale ?

Ugo Mola refuse d’entrer dans le débat des pronostics mais tient à poser le contexte : « On ne va pas faire le jeu du favori ou non. Mais le CO est premier du championnat. C’est compliqué de se faire passer pour un petit. C’est effectif, ce n’est pas moi qui le dis. »

Castres plus attendu cette année ?

Il demeure toutefois une véritable inconnue, comme tous les ans, à ce stade de la compétition. Est-ce vraiment un avantage de bénéficier d’une semaine supplémentaire, comme c’est le cas pour Castres et Montpellier ? Sur le papier, oui, dans le sens où l’effectif peut se régénérer et surtout éviter toute blessure malencontreuse. Mais il existe aussi le risque de manquer un brin de rythme.

Qu’en sera-t-il du CO, qui a affronté Biarritz, Perpignan et Pau ces dernières semaines ? Il sera frais, c’est certain, quand Toulouse a dû batailler contre l’ogre rochelais. « On a pris des coups, on a perdu François Cros, explique Ramos. Mais je me souviens qu’en 2019, on n’avait pas joué de barrage et, à la 55e minute, cela avait commencé à tirer un peu en demie. Je ne sais pas quelle est la bonne réponse à cette question. Ce match contre La Rochelle nous offre de l’assurance, nous donne envie de rester sur cette lancée. » 

D’autant plus que lui et ses partenaires, en compétiteurs hors pair, ont l’expérience de ces rencontres couperet. Jusqu’à en faire l’épouvantail du dernier carré ? Difficile de prétendre le contraire. Mais, en face, le CO sait lui aussi et culturellement gérer ces rendez-vous de fin de saison. Champion de France en 2013 et 2018, finaliste en 2014, le club tarnais est rarement le plus attendu.

Pourtant, il est souvent là quand ça compte. Même si, cette année, cette place finale de leader du championnat lui octroie davantage de visibilité. Ugo Mola, qui connaît bien la maison pour y être passé en tant que joueur et entraîneur, sait aussi combien Pierre-Henry Broncan – qui fut son adjoint dans le staff toulousain de 2015 à 2018 – peut encore sublimer son groupe : « Castres, c’est le premier en termes de caractère et d’état d’esprit. C’est indéniable. Pierre-Henry et son staff arrivent à insuffler ça. C’est une équipe qui est toujours là, et son niveau de reconnaissance est relatif à une ville de 80 000 habitants. Quand je vois des caisses qu’on fait sur des neuvième ou dixième du championnat, je me dis que le leader castrais mérite sincèrement plus d’égard. Le CO a aussi un effectif à plein. » Et de prévenir : « Vendredi, il faudra un Stade toulousain encore meilleur qu’en barrage. » Voilà qui promet d’autres rendez-vous XXL à Nice…

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Jérémy FADAT
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