Top 14 - Toulouse : le jeu des sept différences entre les jumeaux Arnold

  • L’ancien troisième ligne toulousain Louis-BenoÎt Maudaule, qui a cotoyé chacun des deux Arnold (en photo) pendant deux ans à Ernest-Wallon, se prête au jeu des sept différences entre les jumeaux australiens.
    L’ancien troisième ligne toulousain Louis-BenoÎt Maudaule, qui a cotoyé chacun des deux Arnold (en photo) pendant deux ans à Ernest-Wallon, se prête au jeu des sept différences entre les jumeaux australiens. Icon Sport
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Sur le papier, les deux images sont quasiment identiques… L’ancien troisième ligne toulousain Louis-BenoÎt Maudaule, qui a cotoyé chacun des deux Arnold pendant deux ans à Ernest-Wallon, se prête au jeu des sept différences entre les jumeaux australiens.

  • Touche

« Il peut y avoir des différences. Pas sur le gabarit (rires) mais dans ce secteur, c’est plutôt sur la notion de leadership. Au niveau du saut, ce sont quasiment les mêmes sur le plan technique et en termes de régularité. Ils ont les mêmes vitesses de saut, des appuis qui se ressemblent. Pour voir la différence, il faut être très tatillon. Aujourd’hui, il est demandé aux sauteurs de s’élever avec les bras en l’air pour gagner du temps. Eux utilisent les bras pour s’impulser, ce qui leur permet de monter très haut. Après, Rory a souvent la responsabilité de l’annonce, donc c’est lui qui contrôle l’aspect stratégique prévu par les coachs. Richie peut aussi le faire mais il se concentre surtout sur le fait de gagner le ballon en l’air plutôt que sur la stratégie offensive globale. On va donc dire qu’ils se partagent le boulot. » 

  • Mêlée

« Rory étant plus sollicité sur le secteur de la touche, avec la stratégie qui en découle, il laisse le numéro 5 à son frère puisque l’effort est plus intense à droite de la mêlée. Ce sont des habitudes aussi de fonctionnement. Je sais également qu’ils ont eu aussi des blessures lorsqu’ils étaient plus jeune. Richie avait notamment été touché à une cheville et, en raison de cela, je crois qu’il se sent mieux à droite en mêlée. Avec les bras de levier qu’ils ont, ce sont des gros pousseurs malgré leur profil longiligne. Pour en avoir discuté avec Dorian Aldegheri et Cyril Baille, ils sont d’ailleurs plutôt contents. Pour la mêlée de haut niveau, où les axes de poussée sont propres, ils n’ont aucun souci. » 

  • Résistance physique, endurance

« Ils sont impressionnants de régularité et dans la répétition des efforts. Ce sont des gros porteurs de ballons, et ça peut leur faire du tort aussi, parce qu’ils se sont tous les deux cassé un bras de la même manière. Ils vont chercher le contact car ils ont confiance en leurs capacités. Dans la dimension physique, ce sont deux grands compétiteurs qui peuvent maintenir longtemps leurs efforts. On l’a encore vu sur le barrage puisqu’ils sont restés très longtemps sur le terrain. Ce sont les poumons de l’équipe sur la touche, les rucks et la mêlée. » 

  • Explosivité

« Rory est incisif, très agressif sur les débuts de match et les joueurs adverses doivent vraiment ressentir sa présence. Richie va davantage se montrer sur la fatigue. Je veux dire que, lorsque le match commence à être très engagé, Richie ne relâche pas ses efforts. Rory, comme il a beaucoup enchaîné cette saison, avec peu de périodes de repos, attaque très fort les matchs en termes d’intensité, d’explosivité et reste ensuite sur le même tempo. Richie, on a l’impression que, plus le match dure, plus il se sent bien. C’est en tout cas mon sentiment. » 

  • Mental, caractère

« Ils ont des parcours différents, si ce n’est qu’ils ont chacun commencé à travailler quand ils étaient adolescents en Australie. Ils ont été ensuite été recrutés par un club professionnel. Ils se sont construit un mental d’acier à partir de là. Mais après, ils ont eu chacun leur parcours qui a fini de les façonner. Sinon, ils ont toujours le sourire, ils ont toujours envie d’être en équipe, de travailler pour le collectif. Dans la vie de tous les jours, ils sont différents. Richie est arrivé comme un parachuté en joker. Il a dû s’adapter très vite. Il a un peu plus tendance à déconner. Il aime bien faire des petites blagues. Comme il a un peu plus de vécu en France, il sait comment les Français fonctionnent. Rory est un exemple de travail, de rigueur. Il a toujours son petit carnet qui est parfaitement tenu. Il a été biberonné aux Wallabies, donc il a sa propre manière de travailler. »  

  • Jeu au sol

« Rory et Rochie sont tous deux très agressifs sur le jeu au sol. Pour vouloir gratter face à eux, il faut s’accrocher. Ils aiment tous les deux ça. Je ne vais pas dire qu’il y en a un qui n’aime pas faire les rucks. » 

  • Défense

« Richie avait eu un petit passage où il avait pris des cartons, notamment à Clermont en début de saison dernière pour un plaquage haut. Comme ils sont tous les deux sur des attitudes hautes, ce sont des petites fautes qui peuvent arriver. Mais j’ai l’impression que c’est l’état d’esprit général de l’équipe qui influence l’aspect technique de la défense de Richie et Rory. Quand ils se sont tous mis en tête d’être bien bas au plaquage, ça fait la différence. C’était notamment le cas cette saison contre Castres à domicile. Sur le plan technique, ils engagent les plaquages de la même manière. C’est l’école australienne, c’est-à-dire que c’est carré, bien bas. C’est un peu comme Zack Holmes qui a une très bonne technique de plaquage. » 

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Nicolas AUGOT
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