Ces "Baa-baas" sont formidables !

  • Après avoir battu largement les Anglais à Twickenham sous le maillot des Barbarians britanniques, Antoine Hastoy, Damian Penaud, Baptiste Couilloud vont prendre la direction du Japon pour y disputer deux matchs face au Japon. Photo Icon Sport
    Après avoir battu largement les Anglais à Twickenham sous le maillot des Barbarians britanniques, Antoine Hastoy, Damian Penaud, Baptiste Couilloud vont prendre la direction du Japon pour y disputer deux matchs face au Japon. Photo Icon Sport
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Face à une équipe d’Angleterre amputée des finalistes du Premiership, les Barbarians britanniques de Fabien Galthié, riches de dix-neuf joueurs français, ont ébloui Twickenham. Quel pied, ce fut !

La magie Baa-baas a encore opéré. "Ce match était incroyable, disait Fabien Galthié après la rencontre, au micro d’Amazon Prime. On a vu des Barbarians britanniques avec du "French flair" et habités par l’esprit de Phil Bennett." À Twickenham, cette équipe faite de bric et de broc, qui n’avait eu que cinq jours d’entraînement pour préparer ce match en Angleterre et qui fut même réduite à quatorze après l’expulsion de Will Skelton en première période, a donc marché sur le XV de la Rose, aplati huit essais magnifiques et une nouvelle fois prouvé que le rugby était avant tout un jeu. Et quel jeu, nom de Dieu ! Après un premier quart d’heure plutôt brouillon, la faute à la chaleur régnant ce dimanche après-midi dans la capitale anglaise, les Barbarians frappaient les premiers. À la 18e minute, Max Spring, très à l’aise pour sa grande première au niveau international, accélérait dans l’intervalle et, d’une passe chistera, tentait de trouver Damian Penaud, seul sur son aile. C’est alors que surgissait Jonny May qui, d’un en-avant volontaire, annihilait l’action et ici, l’essai de pénalité accordé par M. Piardi était des plus logiques.

L'énorme transfo talonnade de Kruis en mode Johann Kruis ballon d'or !\ud83d\ude2e#BaaBaas #ENGvBAR pic.twitter.com/zx5TUCd33G

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) June 19, 2022

À Twickenham, si les débats furent à l’origine plutôt dominés par cette jeune équipe d’Angleterre, où seuls Marcus Smith, Tom Curry et Sam Underhill faisaient véritablement figure de cadres, les Barbarians frappaient néanmoins à nouveau en première période, cette fois-ci par leur capitaine Charles Ollivon, qui interceptait une passe du demi de mêlée Harry Randall, sprintait sur quatre-vingts mètres et prouvait, s’il le fallait encore, qu’il était bel et bien revenu à son meilleur niveau. Face aux 50 000 spectateurs de Twickenham, les Barbarians exploitaient quasiment tous les ballons de récupération et, à ce jeu-là, Antoine Hastoy et Damian Penaud, par ailleurs auteur d’une acrobatique interception sur une passe du centre de Gloucester Mark Atkinson, brillaient de mille feux. "Je veux que nous fassions honneur à cette sélection, avait ainsi dit Fabien Galthié dans la semaine précédant ce choc. Je veux que les joueurs se sentent libres, heureux." Dès lors, qu’est-il passé par la tête de Will Skelton pour que l’Australien soit si peu "Baa-baas" dans l’esprit, dimanche après-midi ? Pourquoi décida-t-il de fracasser le visage du pilier Patrick Schickerling, un geste qui accoucha du premier carton rouge de l’histoire de la sélection ? "Sorry boys"*, lâcha simplement le géant de La Rochelle à ses coéquipiers, en quittant la pelouse…

Macalou fut très bon à l’aile

Peu perturbés par leur infériorité numérique, les coéquipiers de Charles Ollivon poursuivaient néanmoins sur le même rythme en deuxième période et, malgré les coups de reins du monstrueux Joe Cokanasiga et du génial Marcus Smith, ces "Baa-baas" comptants en leur sein dix-neuf joueurs français enchaînaient les beaux mouvements : l’un d’eux, initié par un très percutant Yoan Tanga, était conclu par Baptiste Couilloud à l’heure de jeu. Dans la foulée de l’essai du Lyonnais, Louis Carbonel récupérait un coup de pied à suivre de Nolann Le Garrec et aplatissait le sixième essai du festival des "Baa-baas". Celui-ci serait suivi par deux ultimes merveilles, la première après un coup de pied de recentrage de Le Garrec pour Spring, la seconde à la suite d’une percée magnifique de Sekou Macalou, entré à l’aile en deuxième période et globalement très convaincant dans ce nouveau rôle.

Au crépuscule de cet extraordinaire match de rugby, Fabien Galthié et son staff s’apprêtent donc à quitter l’Europe lestés de certitudes : d’abord, Damian Penaud est un incroyable joueur de rugby et a ridiculisé les défenseurs anglais, dimanche ; ensuite, Hastoy peut incarner la troisième voie au poste d’ouvreur ; enfin, le réservoir français, aujourd’hui étoffé par les profils de Le Garrec, Spring ou Tanga, n’a jamais été aussi important. Mis à part les Springboks ou les All Blacks, qui peut aujourd’hui revendiquer une telle richesse ? Personne. Et surtout pas cette équipe d’Angleterre, my dear…**

* désolé, les gars

** mon cher

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Marc DUZAN
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