Serfontein, seigneur de guerre et colosse en terre du milieu

  • Le centre sud-africain Jan Serfontein a été impérial en demi-finale, marquant physiquement les Bordelo-Béglais et guidant les siens vers la finale au Stade de France vendredi prochain. Photo Midi Olympique – Patrick Derewiany
    Le centre sud-africain Jan Serfontein a été impérial en demi-finale, marquant physiquement les Bordelo-Béglais et guidant les siens vers la finale au Stade de France vendredi prochain. Photo Midi Olympique – Patrick Derewiany
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Dans la droite lignée de toutes ses sorties cette saison, le centre sud-africain a encore été irréprochable samedi soir. Son aura est au moins aussi immense que ses qualités sportives.

L’arrière tricolore du MHR Anthony Bouthier en riait samedi soir, dans les couloirs de l’Allianz Riviera de Nice : "Jan, c’est un peu l’agence tous risques au milieu du terrain ! Il sécurise, il rassure. Il avance tout le temps et qu’il s’agisse de l’attaque ou de la défense, il lit toujours les situations et pour ça, on a beaucoup de chance de l’avoir dans notre équipe." Samedi soir, le centre sud-africain aux 35 sélections a (encore) signé un grand match : "C’était âpre, c’était un match pour lui en effet. Jan, on le connaît, il fait de grands matchs. C’est la victoire de tout un groupe, personne n’a rien lâché mais c’est vrai qu’il fait aujourd’hui partie des trois joueurs qui ont signé un grand match qui nous ont permis de l’emporter." Bouthier n’a pas précisé de qui il voulait parler, mais à notre sens Serfontein fut au même niveau que le numéro huit Zach Mercer et le deuxième ligne Bastien Chalureau, deux autres monstres d’activité sur cette demie.

À cette différence près que Serfontein possède une aura plus grande encore sur son groupe. Comme le disait Bouthier, Serfontein rassure, sécurise. Samedi soir encore, on l’a souvent vu donner des consignes à son demi d’ouverture, le jeune transalpin Paolo Garbisi. Dans ces cas-là, peu importe le numéro que l’on porte dans le dos : même si Serfontein n’est "que" premier centre, c’est bien lui la tour de contrôle du jeu montpelliérain. Et l’expérience que le centre de 29 ans a acquise en Top 14 (et au gré de ses 35 capes) est bien plus grande que celle du jeune transalpin de 21 ans, qui découvre cette année notre championnat. Au club depuis 2017, il n’est rien moins qu’un seigneur au MHR.

Décisif sur l’essai de Rattez

Un statut par une impressionnante régularité et une parfaite implication au sein du club. Dès son arrivée, Serfontein a tenu à apprendre le français, langue qu’il parle aujourd’hui couramment. Il rend souvent visite aux jeunes du centre de formation aussi, et a notamment couvé Arthur Vincent dans son ascension vers le plus haut niveau. Alors quand son club va mal, ça le touche. En février 2021, alors que le MHR gisait dans les tréfonds du classement, le Springbok nous avait confié ceci : "Avec ma femme, cela fait quatre ans que nous sommes là et je suis très attaché à ce club, qui m’offre tout ce que je peux espérer. Honnêtement, c’est la saison la plus dure que j’ai vécue depuis mon arrivée. Nous n’étions pas habitués à jouer le maintien, c’est la première fois qu’on se retrouve dans cette situation." Alors il avait "mis son corps sur la ligne" comme disent les Anglo-saxons, et avait été un vrai guide dans la tempête.

Samedi soir, comme à son habitude, Serfontein s’est encore dépensé sans compter. Comme sur ce plaquage en planche administré à Romain Buros sur un renvoi, lequel fit perdre la balle à l’arrière girondin. Quelques instants plus tard, Vincent Rattez marquait en coin. On se souvient aussi de son précieux contest au sol sur Moefana qui vint le défier à l’entrée de ses 22 mètres. Profitant du bon plaquage aux jambes de Paolo Garbisi, Serfontein fondit sur le ballon comme un rapace sur sa proie. Seuteni, malgré sa puissance, ne put rien y faire : le Sud-africain était déjà arc-bouté sur sa victime, et la pénalité permit aux Cistes de se dégager. Simple, mais efficace. La cerise sur le gâteau ? Malgré son engagement de tous les instants, Serfontein n’a pas concédé la moindre pénalité. Un seigneur, on vous dit. Mais un seigneur de guerre.

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