Jalibert - Lucu : dites 33 !

  • La charnière girondine composée de Matthieu Jalibert et de Maxime Lucu guidera le jeu des Bleus pour ce premier test au Japon. Photo Icon Sport
    La charnière girondine composée de Matthieu Jalibert et de Maxime Lucu guidera le jeu des Bleus pour ce premier test au Japon. Photo Icon Sport Icon Sport - Icon Sport
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Samedi après-midi, à Aichi, ce sont les Girondins Matthieu Jalibert et Maxime Lucu qui devraient former la charnière du XV de France, face au Japon. Une riche idée ?

Le staff des Bleus avait évidemment plusieurs solutions ce week-end, pour mener le jeu du XV de France. Il aurait très bien pu donner les clés de l’équipe à Antoine Hastoy et Baptiste Couilloud, très bons sous le maillot des Barbarians britanniques à Londres, il y a quinze jours. Il aurait également pu relancer Louis Carbonel, plutôt convaincant ces dernières semaines avec Toulon, voire même lui adjoindre Nolann Le Garrec, la nouvelle bombe du Racing 92. Et ? Il faut croire qu’à un an du coup d’envoi de la Coupe du monde, il n’est plus vraiment question d’expérimentations pour Fabien Galthié et ici, le choix de titulariser la charnière bordelo-béglaise, habituelle doublure du combo toulousain Ntamack-Dupont, semble donc s’imposer de lui-même. C’est que ce voyage au Japon, messieurs-dames, n’a rien d’un voyage de noces ou d’une virée sauvage et qu’en cas de succès face aux Cherry Blossoms, la bande à Galthié (dix victoires consécutives dans l’éventualité d’une campagne réussie) marquerait une nouvelle fois l’histoire du rugby français. Si les Tricolores assurent micro ouvert qu’ils ne courent pas après les records, on sait de source sûre que ces dix victoires consécutives les hantent depuis la fin du Tournoi des 6 Nations et qu’en tout état de cause, une contre-performance en Asie serait des plus malvenues.

Gagner du temps

Jalibert et Lucu, alors ? Pour jouer ensemble depuis déjà deux saisons, ils présentent le double avantage de se connaître sur le bout des doigts et maîtriser le volumineux plan de jeu élaboré, puis mis à jour, par Fabien Galthié et son staff. Frédéric Charrier, le bras droit de Christophe Urios à Bordeaux, explique en préambule : "Sur le terrain, Max (Lucu) sait parler à Matthieu (Jalibert) : il le stimule, il le guide. Chez nous, je l’entends souvent lui dire : "Allez Mat’, attaque la ligne ! Joue ici ! Joue là !" Au Japon, cette complémentarité peut naturellement aider les Bleus à gagner du temps dans leur préparation des rencontres." Mais dans quel état de forme se trouvent ces deux hommes, au juste ? Si Lucu a plutôt convaincu lors de ses dernières sorties en Top 14, Jalibert a de son côté soufflé le chaud et le froid, fut percutant contre le Racing en quarts de finale avant de baisser de pied contre Montpellier, en demie. Au sujet de son ouvreur, Charrier poursuit : "Matthieu a été absent longtemps et a eu du mal, derrière ça, à retrouver de la régularité. Chez nous, il n’avait par exemple pas repris le tir au but, que l’on avait laissé à Max (Lucu), parce que Mat’ était un peu gêné au niveau des ischios. J’espère que le fait d’enchaîner au Japon lui permettra de gagner en confiance." Et qui sait, de retrouver le crédit perdu lors du dernier Tournoi, soit au moment où Ntamack lui passa clairement devant ? "Romain Ntamack a marqué des points aux yeux du staff tricolore, enchaîne Frédéric Charrier. Au Japon, Matthieu a donc l’opportunité de rappeler ses qualités et prouver qu’il peut être un numéro 1."

Lucu, numéro 1 pour la première fois

Face à une équipe japonaise que l’on annonce vive, dynamique et joueuse, Matthieu Jalibert peut à coup sûr constituer un atout dans la ligne d’attaque, à condition de ne pas surjouer : "Matthieu prend beaucoup d’initiatives, analyse Charrier. Il a été habitué depuis tout jeune à faire des différences et le problème, c’est qu’il cherche parfois à faire la différence tout seul alors qu’il est demi d’ouverture, pas trois-quarts aile. Il est tenu de faire jouer l’équipe et surtout, il est surveillé de près par ses adversaires. J’ai néanmoins l’impression que depuis qu’il a compris qu’il serait chassé à chaque match, il alterne beaucoup plus entre prises d’initiatives, jeu au pied d’occupation et passes au large." Au niveau du jeu au pied, Matthieu Jalibert s’appuiera beaucoup à Aichi sur la chaussure droite de Maxime Lucu, dont le leadership sera également déterminant dans cette équipe de France quelque peu expérimentale. Charrier, encore : "Maxime est un vrai leader de vestiaires. Pourtant, il était arrivé chez nous sur la pointe des pieds : il débarquait de Pro D2 (Biarritz), ne faisait pas de bruit à l’entraînement… Petit à petit, il a néanmoins trouvé cette légitimité auprès des autres et s’est imposé comme un cadre. Depuis, il nous porte." Lucu, qui débutera pour la première fois un match avec le XV de France, a néanmoins un axe de progression majeur s’il souhaite une fois pour toutes mettre la concurrence à une distance raisonnable. À ce sujet, le co-entraîneur de l’UBB conclut : "Par rapport à des joueurs comme Antoine Dupont ou d’autres, Maxime ne prend pas naturellement des initiatives, ne va pas chercher à être décisif alors qu’il a les qualités pour le faire… Son souci numéro 1, c’est de bien conduire le jeu de l’équipe, de coller au ballon. Mais à présent, il doit davantage oser, se mettre en danger. Rappelez-vous cette pénalité rapidement jouée contre le Racing, en quart de finale du Top 14 : ce soir-là, il a tenté, il est passé, ça a marché." On remet ça, gizon * ?

* jeune homme, en basque

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