Il l'a une nouvelle fois prouvé, ce XV de France est tout terrain

  • Demba Bamba a réalisé quelques percussions dont il a le secret face aux Japonais.
    Demba Bamba a réalisé quelques percussions dont il a le secret face aux Japonais. Icon Sport
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Neuvième succès consécutif pour un XV de France qui continue sa saison parfaite, laissant à penser qu’il en a terminé avec les excuses faciles en étant capable de s’adapter à toutes les situations, toutes les conditions et tous les adversaires. Même quand c’est plus facile que prévu...

Samedi matin, face à des Japonais accrocheurs, le score à la pause est venu rappeler aux supporters du XV de France un temps pas si lointain. Un temps où les Bleus partaient à l’autre bout du monde au mois de juin avec des excuses dans les valises qu’ils troquaient par des défaites vite oubliées. Ils se rassuraient en clamant qu’ils étaient épuisés par une saison qui n’en finissait pas, saluant la fraîcheur de leurs adversaires en leur promettant de prendre leur revanche à l’automne quand les visiteurs en auraient à leur tour plein les chaussettes. Il était aussi bon de rappeler qu’une partie des meilleurs éléments étaient retenus en France par les phases finales ou que certains avaient bien mérité un peu de repos.

Ces vérités ont jailli des bouches de tous les sélectionneurs tricolores, bien avant la dernière décennie maudite. Même du temps plutôt faste où Bernard Laporte guidait les Bleus, forte de quatre victoires dans le Tournoi des 6 Nations, dont deux grands chelems, l’équipe de France se ramassait au mois de juin, face à des nations comme l’Argentine alors encore émergente. C’était le cas à l’été 2002 (défaite 28-27) mais aussi l’année suivante avec deux nouvelles défaites à Buenos Aires (10 à 6, puis 33 à 32).

En voyant donc les Bleus de Fabien Galthié rejoindre les vestiaires du Toyota Stadium sur le score de 13 à 13 à la pause, il était facilede penser que le XV de France était revenu à son ordinaire. Des cadres à la maison, une saison à rallonge, une chaleur inhumaine, des adversaires très «joueurs»… La suite semblait écrite et nous aurait mieux expliqué pourquoi le record de dix victoires consécutives du XV de France datait de l’avant-guerre. Personne n’aurait blâmé les hommes de Fabien Galthié. L’histoire jouait ainsi pour eux.

 

Adaptation permanente

Mais ce XV de France est tout terrain et passe-partout quelle que soit la saison. Il a finalement infligé une petite correction à des Japonais qui avaient pourtant eu plus de temps pour se préparer avec deux matchs face à l’Uruguay dans les jambes. Les Bleus ont su répondre à la vitesse de jeu nippone, comme ils avaient su s’adapter à celle de l’écosse dans le dernier Tournoi. Ils avaient aussi démontré qu’ils pouvaient répondre au jeu plus direct, plus agressif des Argentins à l’automne ou des Anglais en hiver, au défi physique des Gallois où le rideau défensif tricolore n’avait jamais cédé, au jeu ultra-codifié des Irlandais.

Ce XV de France sait s’adapter et trouver des solutions quelle que soit la problématique. C’est sa plus grande force qui lui permet maintenant d’éviter les pièges de fin de saison, même face à des équipes plus faibles, en gardant son plan de jeu sans s’affoler, sans baisser la tête à la moindre contrariété, bien au contraire. Une adaptation permanente prônée par le staff depuis de long mois et mise à l’épreuve aussi avec la polyvalence des joueurs, à l’image des performances toujours remarquables de Yoram Moefana que ce soit à l’aile ou centre, ou de l’entrée en jeu de Sekou Macalou en position d’ailier, entraînant le replacement au centre de Damian Penaud, pour voir si ce XV de France poursuivait sa route même sur piste brouillée.

Fabien Galthié et son staff ont su propager l’idée que les excuses faciles et héréditaires du rugby français ne pouvaient perdurer pour viser l’excellence. Seuls la régularité dans les performances et les résultats ouvriraient de nouvelles perspectives et permettraient de viser le titre mondial en 2023 dans une suite logique des événements, comme ce fut le cas pour l’Angleterre en 2003, seule nation de l’hémisphère Nord à avoir remporté une Coupe du monde.

Alors même les petits nouveaux ont compris que le temps des défaites encourageantes était définitivement mort. Chaque sortie avec le maillot bleu est l’occasion de monter dans le bon wagon où les dernières places seront chères, tant le quinze de départ semble se dessiner depuis le dernier Tournoi. C’est bien ce sentiment qui doit animer Matthieu Jalibert, reprenant du service à l’ouverture, ou le troisième ligne Charles Ollivon de retour à la tête de la troupe, mais aussi de Jean-Baptiste Gros, Demba Bamba, Thibault Flament, Peato Mauvaka, Maxime Lucu, les éternels remplaçants du grand chelem 2022. 

À eux de prouver que ce XV de France peut encore s’imposer dans une semaine.Qu’il est devenu ce 4x4 fiable capable de terminer toute une saison qu’avec des victoires, égalant ainsi un record qui semblait pourtant plus fort que l’intransigeant calendrier du rugby mondial qui a toujours maintenu les Bleus sur courant alternatif depuis la nuit des temps. 
 

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Nicolas Augot
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