Top 14 - Et maintenant, le bout de bois pour La Rochelle ?

  • Le Stade rochelais de Ronan O’Gara s’est offert le premier titre européen de son histoire la saison dernière et ambitionne désormais de marquer un peu plus l’histoire avec un Bouclier de Brennus.
    Le Stade rochelais de Ronan O’Gara s’est offert le premier titre européen de son histoire la saison dernière et ambitionne désormais de marquer un peu plus l’histoire avec un Bouclier de Brennus. Icon Sport
Publié le

Seul club de l’histoire sacré en Champions Cup sans jamais avoir remporté le moindre titre de champion national, le club à la caravelle a un défi tout trouvé à l’heure d’aborder une saison marquée par un recrutement cinq étoiles. Gare à l’inconstance.

Et soudain, l’Apivia Parc va se muer en centre d’entretiens. Géant. C’est jour de rentrée médiatique, ce lundi, au Stade rochelais. Une rentrée pas comme les autres, dans l’histoire plus que centenaire du club maritime. Pas moins de quarante-cinq interviews programmées et une douzaine de médias représentés sur place.

Du jamais vu, à l’échelle jaune et noire. Preuve que La Rochelle a définitivement changé de cour en brandissant, au printemps, le prestigieux trophée de la Champions Cup au nez et à la barbe de l’ogre européen nommé Leinster.

Ou comment (enfin) matérialiser, par un premier titre majeur, l’essor monumental d’une équipe que beaucoup pensaient condamnée, avant sa folle épopée 2016-2017, aux traditionnelles navettes Top 14-Pro D2. Non, il y a maintenant belle lurette que le Stade rochelais n’a plus l’étiquette du « petit ». Et plus personne ne pourra désormais oser la lui coller après cette démonstration de force à l’Orange Vélodrome de Marseille.

Reste tout de même une « anomalie ». Ou plutôt une singularité, que l’étoile désormais brodée sur le maillot de Grégory Alldritt et consorts met en exergue. Être sacré champion d’Europe avant même d’avoir soulevé ne serait-ce qu’un titre dans un championnat domestique renforce l’exceptionnel, certes – c’est inédit en Champions Cup – mais illustre aussi le chemin qu’il reste à parcourir pour s’ancrer encore davantage et gagner en légitimité dans les livres de l’ovalie. « Laisser une trace, c’est une chose, en convient Ronan O’Gara. C’était la première chose que ce club a gagnée, ça restera toujours avec nous. Mais les gars ont maintenant besoin de montrer que ce n’était pas juste un coup isolé. »

Le patron du staff rochelais emploie volontairement le passé, comme pour mieux repartir en mission. L’Irlandais – désormais dans le cercle très fermé, jusqu’alors composé de son compatriote Léo Cullen et d’Ugo Mola, des vainqueurs de la Champions Cup comme joueur puis manager – l’assure, la digestion de la dinguerie printanière est déjà opérée.

Nouveau cycle, nouveau défi

En cette rentrée 2022, le club à la caravelle ne veut plus se contenter de faire ses classes en Top 14. Un barrage cette année, deux demies en 2017 et 2019, une finale en 2021. Glorieux accessits, jadis. « Je comprends aujourd’hui que de gagner le trophée est extraordinaire et, qu’à côté, d’aller en finale, c’est bien mais ce n’est plus ce que l’on souhaite aujourd’hui », glissait le président Vincent Merling dans l’euphorie du sacre européen. Même pas un an après cette image marquante et cette indescriptible émotion de voir son club rallier le Stade de France pour la première fois. La plus belle des victoires envisageables, à l’époque, à ses yeux. Irrationnelle temporalité.

Dans son entreprise de Brennus, et de doublé Champions Cup-Top 14, le Stade rochelais dit avoir retenu la leçon du dernier exercice. « On a manqué de constance », reconnaît Ronan O’Gara au regard du retard à l’allumage (La Rochelle était 13e après cinq journées) et des innombrables points laissés en route, obligeant à batailler jusqu’aux ultimes instants de la fin de la phase régulière du championnat pour s’assurer une place en phase finale. Carence de carburant logique. « Cette saison, poursuit « ROG », le premier objectif c’est d’être performant contre Montpellier. » Une saison entamée non sans galop d’essai, cette fois.

De retour d’un stage pyrénéen de trois jours, les champions d’Europe vont pouvoir s’étalonner face au Stade Français, jeudi, à Deflandre (20 heures), avant d’entamer le marathon Top 14 face aux champions… de France. En interne, on loue déjà des « attitudes hyperintéressantes, des bons signaux, une super ambiance. » Le recrutement XXL n’y est pas étranger. « On a plus de qualité, c’est sûr, rebondit le manager. Ce n’est pas le même groupe, 14 joueurs sont partis. C’est important de dire qu’on entame un nouveau cycle. Et un nouveau défi. »

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
0,99€ le premier mois
Romain ASSELIN
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?