L'édito : Par-delà la ferveur

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L'édito du lundi par Léo Faure... Depuis vingt ans (et même un peu plus) que l’Aviron bayonnais célèbre régulièrement ses remontées dans l’élite sans parvenir à s’y installer durablement, chaque accession est marquée de ce premier match.

Le petit événement lové dans un plus grand. Si Bayonne retrouve le Top 14, c’est que le Top 14 retrouve Jean-Dauger. Les Basques se réjouissent du premier, tous les autres supporters de France se régalent du second. Les routes du pèlerinage s’ouvrent à nouveau.

Bien sûr, on fait aussi du bruit dans les tribunes de Toulon, La Rochelle, Clermont, Toulouse, Bordeaux ou Perpignan. Et à Biarritz, le voisin, qui avait accueilli dans le souffle ardent de la passion le derby déjà légendaire du 12 juin 2021, avec au bout du chemin l’accession au Top 14.

Dans toutes ces contrées et tant d’autres, on chante aussi, on aime aussi, on peste aussi. Mais Bayonne, c’est différent. Où l’on semble s’amuser un peu plus, un peu mieux. Du moins, selon des rituels plus exubérants. Où l’on rigole, toujours, de l’adversaire et parfois de ses propres joueurs. Où la fierté identitaire semble un plus forte qu’ailleurs, portée par une langue et chantée, comme on brandit un étendard.

Cette ferveur, qui fait fantasmer celui qui ne l’a jamais ressentie et fait revenir celui qui est venu, a aussi été un piège, à Bayonne, par le passé. Parce que les Peña de l’Aviron sont uniques sur la planète rugby, d’autres ont pu croire qu’elles suffiraient à l’élan sportif. Celui du terrain. Celui qui vous maintient dans l’élite et que Bayonne, il faut le dire, a trop souvent raté.

Nouvelle époque, nouveau projet. D’abord sous la houlette d’un duo Tayeb-Bru, uni et qui s’est finalement déchiré, Bayonne a changé de cap. Plus froid et pas totalement basque, peut-être. Mais plus en phase avec la réalité de notre sport. Dans la hiérarchie de son projet, l’Aviron a pensé infrastructure avant de penser fête ; a pensé formation avant de penser recrutement. C’est le bon chemin ici tracé.

Pour l’exercice 2022-23, la grande première se jouera donc ce samedi, 17 heures, face au Racing 92. Les flammes d’un soleil annoncé brûlant dans le ciel et le feu dans les tribunes, c’est juré. Un choc pour commencer. Le premier d’une longue série. Toulouse, Toulon, l’UBB, La Rochelle, Montpellier viendront également en terre basque et recevront pareil accueil : toujours bruyant, souvent chaleureux, parfois railleur. Évidemment basque.

Brive et Perpignan viendront aussi, pour ce qui devrait ressembler à des balles de set dans la course au maintien. En Top 14, il n’y a désormais plus que des chocs. Et ce sera dur pour l’Aviron. Aucun de ses amourachés ne l’ignore. Mais le temps des angoisses viendra bien assez tôt. En attendant, c’est la fête. L’Aviron est de retour en Top 14. Jean-Dauger aussi. Profitons.

Léo FAURE
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