L'édito : demain c’est loin

  • L'édito : demain c’est loin.
    L'édito : demain c’est loin. Icon Sport - Icon Sport
Publié le

L'édito du lundi par Léo Faure...

C’est demain et tout à la fois immensément loin. 1 an. 361 jours très exactement, ce lundi, avant l’ouverture de la Coupe du monde. 343 jours avant l’annonce par Fabien Galthié de la liste des joueurs retenus pour participer à cette même Coupe du monde sous les couleurs de la France.

C’est loin, en fait, parce que le chemin est encore semé d’embûches. De risques de blessures et de blessures effectives, qui ne manqueront pas de venir et tomberont, telles la foudre, sur le crâne de malheureux écartés de la course au Mondial sans avoir pu défendre leurs chances.

C’est loin parce qu’il y aura encore des méformes et des révélations, des cartes rebattues en dernière minute et des grands absents, à chaque annonce. Jusqu’à la liste ultime. De cette équipe de France, on connaît déjà les grandes lignes et même, désormais, pas mal de traits de détails. On connaît beaucoup de ses hommes et son ADN de jeu : cette quête de fulgurances offensives, de harcèlement défensif. Le chantier est bien avancé, tout porte à croire qu’il sera livré dans les temps.

Que reste-t-il, alors, à aller chercher durant la saison qui vient pour se présenter complètement prêts ? Le scalp des Springboks, déjà. Seule nation majeure que les Bleus n’ont pas encore rencontrée et que, par extension, ils n’ont pas encore battue. Les champions du monde, rien que ça, en novembre et dans la folle chaleur du Vélodrome de Marseille. Plus qu’un test, ce sera un révélateur.

Les Sud-africains, sur le papier, présentent un profil qui ne devrait pas pleinement convenir aux Bleus. Une sorte de kryptonite à nos supermen, et leur superpouvoir de domination physique, devant (masse et vitesse). En pleine bourre, Marchand, Willemse, Alldritt ou Atonio ont de quoi faire fuir tous les packs du monde. Tous ou presque. Le défi du combat musculeux, c’est le terrain de jeu historique des Springboks. Leur fonds de commerce. Leur identité profonde. Où il faudra venir les défier. Drôle d’affaire.

Passé cet écueil, bien ou mal, il y aura le Tournoi. Que les Bleus viennent de remporter et pour lequel ils seront encore favoris. Déplacement en Irlande et en Angleterre au programme. Solide.

Le péril de cette année, intense et qui nous amènera jusqu’au festin de l’automne 2023, est en fait celui de la jauge de confiance. C’est ce que nous dit Richie McCaw, grand sachant des choses du rugby, dans le long entretien qu’il nous accorde ce lundi (lire pages 30-31). En trois questions sur les états de forme des Bleus ou des Blacks, le mot "confiance" revient six fois. Et cette idée centrale : à très haut niveau, le manque de confiance ne pardonne pas.

Celle des Bleus est au plus haut, actuellement, poussée par une série de dix victoires et un grand chelem. Ça en jette. Si l’année qui vient ne se déroulait pas comme espéré, cette jauge pourrait repartir à la baisse au pire moment. Plus que de perdre le Tournoi ou des matchs en novembre, le véritable enjeu de l’année bleue est là : préserver ce capital confiance, coûte que coûte. C’est fondamental.

Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?