Débat - Pros : faut-il siffler la fin des troisièmes mi-temps ?

  • Si les clubs pros font de la convivialité leur premier argument marketing, les faits pourraient bien les inciter à serrer la vis.
    Si les clubs pros font de la convivialité leur premier argument marketing, les faits pourraient bien les inciter à serrer la vis. Icon Sport - Icon Sport
Publié le

Si les clubs pros font de la convivialité leur premier argument marketing, les faits pourraient bien les inciter à serrer la vis.

Ce sont des images dont le rugby professionnel aime à s’enorgueillir. Celles du rapport de proximité que conservent les joueurs vis-à-vis de leurs supporters et du péquin moyen, probablement un des meilleurs arguments marketings du monde ovale, amplifié et savamment mis en scène sur les réseaux sociaux.

Sauf que cette version idyllique a bien évidemment son revers de la médaille, cette face obscure que les faits divers survenus ces dernières années ne cessent de révéler. Ce n’est pas un scoop. Mais dans un monde où le moindre dérapage peut devenir incontrôlé et où l’image est devenue la clé d’à-peu-près tout, il devient essentiel pour les clubs de ne pas voir leurs noms associés à tel ou tel scandale. Vis-à-vis des sponsors, bien sûr, mais aussi du grand public aux yeux duquel il s’agit d’éviter le « bad buzz ».

Toulouse et le déclencheur de « l’affaire Kolbe »

Cette problématique ? Un sport aussi médiatique que le football doit la gérer depuis de nombreuses années, obligé de « cloisonner » les rapports entre les joueurs et leurs ultras, et donc d’organiser les sauteries destinées à leurs joueurs dans des lieux privatisés. Alors, sachant que l’évolution du rugby épouse celle de son cousin avec à peu près une quarantaine d’années de retard, il ne nous étonnerait guère de voir de plus en plus les troisième mi-temps des joueurs pros non pas supprimées, mais coupées du reste du monde…

Éternel précurseur, le Stade toulousain n’a pas procédé à autre chose depuis 2018 et « l’affaire Kolbe » qui avait vu l’ailier sud-africain impliqué (ainsi que le pilier Daniel Mienie) dans une bagarre à la sortie de la boîte de nuit le Purple. Depuis lors, afin d’éviter tous problèmes vis-à-vis de personnes extérieures, le Stade a pris l’habitude de privatiser ses soirées d’après-match, réduisant le rapport aux supporters aux quelques heures suivant le coup de sifflet final des rencontres.

Un mode de fonctionnement dont sont encore évidemment très loin les autres clubs professionnels, particulièrement ceux issus de "petites villes" comme Brive ou Castres, où les éventuelles affaires se règlent encore « à l’ancienne ». Reste que l’évolution des mœurs et l’inévitable mutation du rugby professionnel vers les grandes villes (où les joueurs, moins reconnus, sont forcément plus exposés à sortir du cadre) vont forcément inciter les clubs à serrer la vis. La preuve étant que ces cinq dernières années, peu d’équipes peuvent se targuer de ne pas avoir eu leurs propres faits divers à gérer…

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
0,99€ le premier mois
Nicolas ZANARDI
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?