L'édito : magique !

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    L'édito : magique ! Midi Olympique
Publié le , mis à jour

L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... Je ne vous apprendrai rien ici, en vous disant d’emblée que le rugby cultive l’art de la complexité. Sur tous les fronts. C’est ainsi, et il est fort probable qu’il ne se changera jamais. Quand tant d’autres sports cherchent donc à tutoyer la simplicité pour toucher le plus grand nombre, le nôtre au contraire entretient ses méandres réglementaires et autres subtilités invisibles à l’appréciation du commun des mortels.

Ce week-end encore, sur l’air de règles qui prêtent à toujours plus de polémiques, certains matchs de Top 14 tels Clermont-Bordeaux ou même Toulon-Castres sont devenus clairement « incompréhensibles » aux yeux du grand public. Et parfois même des aficionados, qui s’écharpent jusque sur les réseaux sociaux faute de se parler à la buvette du stade.

Mêlées écroulées, passes en avant, plaquages hauts ? Tout est bon pour s’y perdre. Car chaque action – avec l’arrêt sur image qui l’accompagne désormais inévitablement – a son interprétation, sa traduction réglementaire et donc sa vérité de l’instant. Plusieurs vérités même, et donc aucune qui s’impose. Si vous voulez m’en croire, l’overdose d’appels à la vidéo n’y est pas étrangère.

Un point sur lequel le rugby est toujours cohérent, droit dans ses bottes : le plaisir qu’ont les joueurs à se retrouver, hors des terrains, une fois qu’ils ont raccroché. Carrières terminées. Ce fut particulièrement vrai ce week-end à Paris, au moment où les capitaines vainqueurs de toutes les Coupes du monde se sont retrouvés à notre invitation, à la veille de la 69e cérémonie des Oscars du rugby Midi Olympique. Excusez du peu : David Kirk (1987), Nick Farr-Jones (1991), François Pienaar (1995), John Eales (1999), Martin Johnson (2003), John Smit (2007), Richie McCaw (2011 et 2015) et Siya Kolisi (2019). Des monstres, ces gars-là. Tout autant des exemples de gentillesse et de simplicité. Et de vrais gosses, à l’image du capitaine springbok champion en titre et tout heureux de se retrouver au milieu des légendes. Comme émerveillé d’appartenir lui aussi à ce cercle de prestige.

Là encore, rien ne change. Et c’est tant mieux. Pour notre plus grand bonheur commun, nos Oscars témoignent directement de la richesse de notre sport, de son histoire et de la grandeur de ses joueurs qui perpétuent la tradition.

Sans vouloir se pousser du col, permettez-nous d’apprécier la chance unique qui nous est donnée d’avoir à porter un tel héritage et de vous le partager, avec ces trophées célébrant tous les ans les meilleurs joueurs et joueuses français, européens et mondiaux. La promesse est toujours belle et elle nous oblige, également, afin d’offrir au rugby français la plus belle des expositions. Personne ne fait mieux, en dehors du football.

On se retrouvera donc la semaine prochaine pour décrypter le palmarès 2022 d’un cru annoncé grandiose. Une semaine après le ballon d’or de Karim Benzema, c’est un autre numéro neuf qui s’avance encore : Antoine Dupont. Le demi de mêlée du Stade toulousain et du XV de France est le grandissime favori à ses propres successions, lancé vers un nouveau doublé Oscar d’or et Monde. Du jamais vu à l’échelle de notre sport, au-dessus des Rives, Blanco, Sella et autres Dusautoir qui ont déjà gravé leur nom au palmarès des Oscars.

Verdict ce lundi, au cours d’une soirée tout simplement magique et qui témoignera encore une fois de la beauté de notre sport. Au milieu des plus grands joueurs internationaux et français rassemblés pour partager un moment d’exception. Oui, c’est notre bonheur.

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