L'édito : sept Oscars, huit totems

  • David Kirk, (Nouvelle-Zélande, 1987), Nick Farr-Jones (Australie 1991), François Pieenar (Afrique du Sud, 1995), John Eales (Australie 1999), Martin Johnson (Angleterre, 2003), John Smit (Afrique du Sud, 2007), Richie McCaw (Nouvelle-Zélande, 2011 et 2015) et Siya Kolisi (Afrique du Sud, 2019)
    David Kirk, (Nouvelle-Zélande, 1987), Nick Farr-Jones (Australie 1991), François Pieenar (Afrique du Sud, 1995), John Eales (Australie 1999), Martin Johnson (Angleterre, 2003), John Smit (Afrique du Sud, 2007), Richie McCaw (Nouvelle-Zélande, 2011 et 2015) et Siya Kolisi (Afrique du Sud, 2019) Midi Olympique - Jean Bibard
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L'édito du vendredi par Léo Faure... Question classe, les Oscars Midi Olympique en ont vu passer quelques-uns, et pas du charisme à la demi-portion. Des grands mecs, plus inspirants à la vie qu’ils ne l’étaient sur le terrain, au long de carrières pourtant nanties de succès. Des joueurs qui répandent encore leurs talents sur les terrains, d’autres devenus dirigeants, entraîneurs ou même simples spectateurs adorables et adorés du rugby. Et tous, quand ils prennent la voix, ont ce point commun : on se tait et on les écoute. C’est le propre des grands hommes.

En la matière, nos Oscars offrent depuis de nombreuses années quelques spécimens rares. De ceux qu’on ne chasse pas, qu’on ne capture pas et qu’on laisse parler à la volée, parce que leur élément naturel de pleine liberté les embellit encore. Cette édition 2022 restera toutefois frappée du sceau de l’exception. Après avoir décerné sept oscars, elle a réuni dans une même salle, autour d’une même table puis sur une même scène, les huit capitaines champions du monde de l’histoire du rugby. Ça fait classe, sur un CV. Ce n’est pourtant rien à côté de l’élégance d’esprit dont ils ont inondé l’assistance.

Tous ont des parcours, des raisons de cœur qui diffèrent et qui les ont pourtant conduits en ce même point, un jour tous les quatre ans : le toit du monde. David Kirk le pionnier, Nick Farr-Jones l’avocat, François Pienaar l’étendard, John Eales l’universitaire, Martin Johnson le général, John Smit le combattant, Richie McCaw l’impeccable et Siya Kolisi, dernier de la lignée prestigieuse, en symbole superbe d’un vivre ensemble si précieux dans ce sport, si central pour la nation arc-en-ciel.

Kolisi profite encore d’une force de l’âge qui l’amènera à guider les siens pour une seconde Coupe du monde. Il tentera, excusez du peu, de rejoindre le seul Richie McCaw au rang des capitaines double champions du monde. Pourtant, quand ses prédécesseurs foulaient la scène des Oscars avant lui, l’enfant des townships de Port Elizabeth avait dans les yeux les mêmes étoiles que le reste de l’auditoire. Heureux comme un môme, comme s’il peinait encore à trouver sa place dans ce cercle de légendes. Il en est, pourtant. Immense capitaine, homme plus grand encore. Légitime parmi les totems de l’histoire du rugby.

Son sourire s’est dessiné un peu plus large quand François Pienaar et John Smit ont pris le micro. Et ses yeux, petites billes rondes et noires si réconfortantes, s’ouvraient soudain en grand. Kolisi admire ses devanciers encore plus qu’il ne les respecte. Et ceux-ci, depuis la scène, lui ont adressé un clin d’œil chacun en retour, lorsque Siya se faisait plus prompt que le reste de la salle à lancer des applaudissements appuyés.

C’est donc ce garçon, dont la douceur d’être dépasse encore la qualité du joueur, que lorgne le Top 14. En commençant par le Racing 92. Le dernier capitaine champion du monde en activité ne cache pas regarder avec affection ces parades nuptiales qui lui sont déroulées. C’est dire l’attractivité retrouvée de notre championnat, à un an de la Coupe du monde et alors que le marché des transferts s’agite. C’est dire aussi la chance qu’on aurait, à l’accueillir parmi nous.

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