XV de France - Gaël Fickou : « Je ne peux pas marquer tous les week-ends »

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Le deuxième du classement mondial face au champion du monde en titre : est-ce le choc de l’année ?

Oui, en quelque sorte. L’Afrique du Sud est la seule nation que nous n’avons pas encore affrontée depuis le début du mandat de Fabien (Galthié). On a tous hâte d’y être.

En tendant l’oreille tout à l’heure, on a cru comprendre que vous jouiez l’hymne sud-africain au piano de la résidence des Bleus, à Marcoussis. Est-ce vrai ?

(il éclate de rire) Oui, ça fait partie de mon échauffement ! J’ai un piano à la maison. Dès que j’ai un moment, je m’entraîne un peu. Ça me change les idées…

Comment expliquer les difficultés du XV de France face à l’Australie, samedi soir ?

Déjà, les Wallabies forment une très grande équipe, qui tourne ensemble depuis cinq mois d’affilée. Nous avions, de notre côté, deux semaines de vécu commun dans les jambes. On a manqué de repères et c’est normal. En revanche, nous avons très bien défendu.

La perte de Paul Willemse, avant d’affronter le pack le plus lourd du monde, est-elle difficile à encaisser ?

Paul est important dans notre système parce qu’il nous donne de la densité et de l’agressivité. Mais Thibaud Flament a été un des meilleurs Bleus samedi soir et je ne suis donc pas inquiet, par rapport à ça.

Fabien Galthié évoquait de possibles innovations dans le jeu des Bleus, avant la tournée. De quoi parlait-il, au juste ?

L’Afrique du Sud possède une défense redoutable, qui agresse et reste très difficile à franchir. Mais nous nous adapterons à ce système. En clair, nous ne jouerons pas face aux Springboks de la même façon que nous jouons face à des équipes qui contrôlent un peu plus leur défense. Mais je ne vais pas tout dévoiler tout de suite, hein…

En quoi les rugbymen sud-africains sont-ils différents des autres rugbymen de la planète ?

Ils sont plus agressifs, déjà. Et ils sont surtout très forts sur toutes les bases du rugby : la touche, la mêlée, les rucks. C’est là où ils mettent le maximum d’énergie. Les Springboks ne sont pas les plus beaux à voir jouer mais ils sont les plus réalistes.

Parlez-nous un peu du Vélodrome, qui vous accueillera samedi soir…

C’est un stade mythique. L’ambiance y sera, je pense, incroyable. C’est une superbe idée que de pouvoir délocaliser des matchs comme ça.

Vous êtes aussi un grand supporter de l’Olympique de Marseille, paraît-il…

Depuis toujours, oui. J’ai toujours aimé ce club et je l’aimerai toujours. L’OM, c’est Basile Boli, Eric Di Meco et tous ceux qui ont suivi : Mamadou Niang, Franck Ribery, Samir Nasri… J’ai d’ailleurs la chance de côtoyer régulièrement Basile Boli, qui adore le rugby. Je pense même qu’il sera là ce week-end, au Vélodrome.

Et les supporters marseillais, qu’ont-ils de si particulier ?

Pff… J’ai fait quelques matchs avec les Ultras de l’OM dans les virages : c’était la guerre, un truc de dingue… Ça faisait des pogos (des danses où l’on se rentre dedans, N.D.L.R.), c’était n’importe quoi et j’ai vraiment trouvé ça génial. Pour moi, le Vélodrome, c’est la plus belle ambiance en Europe.

Vous n’allez jamais au Parc des Princes, du coup…

Si ! Quand j’y suis invité, j’y vais avec plaisir. Voir évoluer Sergio Ramos, Neymar ou Messi, c’est une chance folle et j’en profite dès que je le peux. Je ne suis pas un "anti PSG".

Avez-vous joué au foot, vous-même ?

Petit, je voulais être footballeur professionnel. J’ai d’ailleurs démarré par ce sport, je jouais défenseur central et ne me débrouillais pas trop mal (sélectionné avec l’équipe départementale du Var, il eut même des contacts avec les clubs professionnels de Monaco et Sochaux, N.D.L.R.). Mes idoles s’appelaient Patrick Vieira (Arsenal) ou, plus près de nous, Sergio Ramos (Paris Saint-Germain). Et puis, j’ai découvert le rugby… Ce fut une évidence…

Revenons au rugby : votre jeu semble moins flashy qu’à vos débuts. A-t-il tellement évolué ?

Oui, je suis plus complet. Mais je continue de marquer, de percer, d’attaquer… Simplement, je défends plus qu’avant. Je gratte plus de ballons au sol, j’essaie de "contre-rucker" quand j’en ai la possibilité. Ce sont des tâches que je ne faisais pas à mes débuts. Je m’économisais beaucoup, je crois…

En quelle année a-t-on arrêté d’écrire à votre sujet : "Fickou est l’éternel espoir du rugby français" ?

Je ne sais pas… Mais je ne l’ai jamais pris de façon négative. Quand on dit ça sur toi, c’est qu’il y a de l’attente ; c’est que les gens sentent que tu as le potentiel pour réussir. […] En équipe de France, au début, j’étais remplaçant. Puis un peu titulaire avec Mathieu Bastareaud, puis un peu avec Wesley Fofana… Mais on ne m’avait jamais essayé sur du long terme. Les choses ont vraiment changé, me concernant, depuis la Coupe du monde au Japon.

Vous revenez de blessure et avez été plutôt discret samedi dernier. Comment vous êtes-vous senti contre l’Australie ? Et êtes-vous vraiment loin de votre meilleur niveau ?

Physiquement, je me sens à 100 %. Mais je ne peux pas marquer tous les week-ends. On ne peut pas faire quarante plaquages et des percées sur tous les matchs… Contre l’Australie, je n’ai pas forcément brillé mais je n’ai pas eu trop de déchet non plus. J’ai juste essayé de servir l’équipe du mieux que je le pouvais.

Bernard Le Roux et Virimi Vakatawa, respectivement arrêtés pour une commotion cérébrale et un problème cardiaque, sont récemment passés vous voir à Marcoussis. Quel effet cela a-t-il eu sur vous ?

C’était fort, comme moment. […] Souvent, on me dit : "t’es installé, Gaël… T’as aucun souci à te faire…" Et je réponds toujours que tout peut basculer du jour au lendemain, dans une carrière. Tu n’es jamais à l’abri d’une blessure, d’une méforme ou de l’explosion d’un joueur qui te met subitement sur la touche. La vie est dure, injuste mais il faut se préparer à tout ça. Et puis, il ne faut surtout pas oublier que nous avons tous une chance immense de pouvoir disputer un tel match, ce week-end. C’est ce que j’ai retenu des paroles de Viri et Bernard, en tout cas.

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Marc DUZAN
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