Nevers, un cador en difficulté

  • Shaun Reynolds et ses partenaires vivent un début de saison un peu éloigné de leurs ambitions initiales. Loin d’être rédhibitoire cependant. Photo Icon Sport
    Shaun Reynolds et ses partenaires vivent un début de saison un peu éloigné de leurs ambitions initiales. Loin d’être rédhibitoire cependant. Photo Icon Sport
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Demi-finaliste au printemps dernier, Nevers lambine à la onzième place après un tiers de saison. Pas de quoi sonner le tocsin mais une réaction s’impose dès le prochain bloc pour que le doute n’écrase pas les raisons d’espérer.

De longue date, la sérénité est un mot rayé du vocabulaire de Xavier Péméja, le manager de l’USON Nevers Rugby, ataviquement méfiant quels que soient le pedigree de l’adversaire et la localisation du match. L’appréhension exprimée la semaine dernière, avant la venue de Vannes, était plus prémonitoire qu’oratoire. Face à des Bretons affamés de points à l’extérieur, ses joueurs ont brillé trente minutes avant de s’éteindre, doucement puis spectaculairement à l’heure de jeu. Plus de son, plus d’image et une première défaite à domicile (18-12) qui ternit le bilan déjà pâle d’un premier tiers de saison aux airs de longue gueule de bois après l’ivresse du printemps dernier.

En manque de cadres

Quatrièmes de la saison régulière, arrêtés en demi-finale par le Stade montois, les Neversois patinent après dix journées : onzièmes avec 20 points, alors qu’ils étaient sixièmes ex æquo avec 26 points il y a un an au même stade. Si le club se préparait à une mise en route délicate pour digérer le gros turnover de l’intersaison, les cahots persistants dans la carburation commencent à peser sur les méninges. Problème récurrent, qui avait privé Nevers de victoire contre Biarritz au Pré-Fleuri (22-22) puis quelques semaines plus tard à Colomiers (21-19), l’incapacité à tenir le score s’est répétée face à Vannes. « Nous avons retrouvé des choses vécues : un lancer qui lobe le sauteur, une pénalité facile manquée. C’est ce qui nous inquiète un peu, on n’apprend pas de nos erreurs », regrettait Xavier Péméja après le match.

Le capitaine Rudy Derrieux partageait le désarroi de son coach en analysant un match au scénario trop connu : « Cela fait plusieurs fois qu’on réussit une très bonne première mi-temps avant de flancher. Nous avons la capacité à faire de belles choses mais on n’arrive pas à tuer le match et on laisse toujours l’adversaire croire en ses chances ».

Une affaire de détails, de réglages mais pas seulement. En perdant des joueurs clés comme Thomas Ceyte, Janick Tarrit, Hugues Fabrègue, Frank Bradshaw, Joris Cazenave ou Romaric Camou, le club a aussi perdu des leaders, des « hommes qui tenaient le vestiaire », comme le soulignait Xavier Péméja après le succès contre Provence Rugby. Le vide tarde à se combler, la relève à se révéler, et le rythme infernal du Pro D2 ne laisse guère de temps pour les maturations lentes.

Accélérateur de croissance, exhausteur de confiance, le succès éclatant face à un "gros" n’est pas encore venu. « Le match contre Biarritz nous a fait mal », reconnaissait le manager vendredi dernier. La défaite face à Vannes mettra-t-elle du sel sur la plaie ou déclenchera-t-elle une flambée salvatrice des anticorps ? Le prochain bloc, âpre à souhait, livrera une vue en coupe des espérances mi-décembre. Pour croire encore à un nouveau printemps de fête, il faudra rapporter davantage que des bonus défensifs d’Aurillac, Mont-de-Marsan et Carcassonne, mais aussi enflammer le Pré-Fleuri face à Béziers puis Agen. Rude programme.

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Sébastien CHABARD
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