Toulon se cherche encore après dix matchs

  • Sergio Parisse et les Toulonnais accusent le coup d'une défaite frustrante à Mayol contre Montpellier.
    Sergio Parisse et les Toulonnais accusent le coup d'une défaite frustrante à Mayol contre Montpellier. Icon Sport - Icon Sport
Publié le

Après plus d’un tiers du championnat, les Varois brillent par leur inconstance. Si le RCT demeure encore dans le bon wagon pour une place en phase finale, leur fin de bloc en eau de boudin a frustré Pierre Mignoni.

Chaque saison, la cassette des Rouge et Noir se rembobine, inlassablement, et au grand dam des valeureux présents à Mayol, dimanche dernier. À son arrivée, Pierre Mignoni a passé un pacte tacite avec les supporters : rester invaincu à Mayol. Avant d’élargir le placard à trophées, le directeur du rugby a émis en priorité le fait que sa terre sacrée ne soit plus souillée par la défaite. Puisque le destin est parfois taquin envers quelques membres de la direction varoise, c’est Louis Carbonel, en partie, qui a sonné le glas de cet objectif : « Ça me rend fou, a lâché "Pierrot" devant la presse. On n’aime pas perdre à Mayol, ni à l’extérieur. On est désolés pour le public. On assume cette défaite. Et c’est d’abord le cas pour les coachs. Nous sommes à Toulon, et on se doit de faire beaucoup plus ».

Dans le vestiaire, les coups de sang de la pause, après avoir subi la bronca de Mayol (0-13), ont laissé place au silence après le revers concédé contre les Héraultais. Une question a tarabusté les têtes varoises : comment Toulon a-t-il pu retomber autant dans son travers de début de saison en ratant de la sorte sa première période ? Les sacro-saints doublons ? « On ne doit pas se trouver des excuses. On avait des joueurs qui sont capables de faire mieux, a prévenu Mignoni. Des joueurs avaient l’occasion de se montrer, ça n’a pas marché. Il nous manque quatre points au classement désormais ».

Toulon danse le tango après dix journées - cinq victoires et cinq défaites - en étant capable de servir du caviar (Pau, Brive), comme de la bouillie (Toulouse, Perpignan). Un manque de constance qui interroge. « On est bons quand on se lâche. On dirait parfois qu’on a peur de jouer, s’est agacé le directeur du rugby. C’est énormément de frustration ».

« On va fermer notre bouche et continuer à travailler »

À l’entrée du top 6 (8e), pas loin du Stade rochelais (quatre points), dauphin du leader toulousain, Toulon n’est pas largué : « Certes, mais nous sommes en retard, a tonné le patron du RCT. Ce n’était pas une finale contre Montpellier. Il nous reste seize combats à livrer. On a montré qu’on avait des armes pour lutter à l’extérieur. On devra être plus en maîtrise à domicile. C’est un coup d’arrêt, il faut être honnête, mais ça ne nous tue pas. »

Pour faire le plein de vitamines au moment où les températures baissent, Toulon mise sur la pilule « Biggar » . Le Gallois arrive pour réajuster un effectif déséquilibré au poste d’ouvreur, où West déçoit dans le rôle du chef d’orchestre. « Il a connu beaucoup de changements, a avoué un habitué du Campus. C’est un mec qui marche à la confiance, et on sent qu’il n’en a pas ou qu’on n’a pas su lui en faire emmagasiner ». Pour aller plus loin, en interne, on ne cache pas qu’il faut a minima encore une intersaison pour tailler un contingent plus adapté aux désidératas des coachs.

En attendant, Toulon se doit de faire avec ses moyens, et ils semblent assez conséquents pour renouer avec la phase finale, délaissée depuis 2018. Le comportement des Rouge et Noir au Stade français doit permettre au duo Azéma-Mignoni de tuer dans l’œuf la bride d’une première crise, qui deviendrait latente en cas de troisième revers de rang. « Maintenant, on va fermer notre bouche et continuer à travailler, a clos Mignoni. On va être sujet à des critiques, c’est le jeu. On ne doit pas baisser la tête. Mais, j’ai le sentiment qu’on sera bien mieux sur la deuxième partie de la saison ». Pour le coup, les Varois rembobineraient bien le vinyle des six derniers mois de l’ère Azéma.

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
0,99€ le premier mois
Mathias MERLO
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?