Top 14 - La Section paloise doit encore accélérer

  • Top 14 - Jack Maddocks et les Palois ont réussi à redresser la barre grâce à un beau sursaut d’orgueil sur les dernières journées. À eux désormais de garder le cap.
    Top 14 - Jack Maddocks et les Palois ont réussi à redresser la barre grâce à un beau sursaut d’orgueil sur les dernières journées. À eux désormais de garder le cap. Icon Sport - Icon Sport
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Malgré deux défaites à domicile, la Section paloise a su trouver les ressources pour quitter la zone rouge en marquant dix points sur les trois dernières journées du premier bloc. Un redressement à confirmer à la reprise.

La Section a réussi à prendre dix points lors des trois derniers matchs, soit un de plus que lors des sept précédents. Un incroyable retournement de situation pour les Béarnais, battus à la dernière seconde, devant son public lors de la septième journée, en ayant compté vingt-deux points d’avance au moment d’attaquer ce dernier quart d’heure de jeu face au Stade français. Le genre d’événement qui peut briser un collectif de manière irrémédiable.

La Section était alors tout proche du précipice. Elle a réussi à front dans la tempête, gardant le cap malgré les vents contraires selon le manager Sébastien Piqueronies : « On a subi des moments durs, mais nous avons été fidèles à notre état d’esprit. Nous les avons pris en pleine gueule, on s’est regardé avec beaucoup de honte et nous avons bossé comme des chiens. Nous avons assumé cette période difficile avec lucidité et franchise. C’est le plus important dans la construction d’un groupe. J’ai trouvé le réveil sur l’exigence unanime, même si certains doivent être plus affectés que d’autres car ils devaient avoir d’autres aspirations. Nous sommes tous alignés sur le fait de mettre l’intérêt collectif avant chaque état d’âme individuel. Ce n’est jamais agréable de se dire des choses. C’est fait, c’est certainement à approfondir mais maintenant il faut surtout accélérer. C’est ce que j’ai dit aux joueurs au moment de partir en vacances : « Reposez-vous bien car il faudra accélérer le changement dès le premier jour de la reprise. » Il ne faut pas être content du peu de changement que nous avons fait. Gardons notre cap mais élevons le niveau d’exigence de tous les membres, staff et joueurs, de cette aventure. »

Le manager reste prudent, conscient que le retard pris en début de saison n’est pas encore comblé, malgré ce rebond spectaculaire : « Nous sommes toujours dans l’urgence sur le plan comptable puisque nous sommes quasiment presque au même endroit au classement. » Mais certains signes ne peuvent pas être trompeurs. La Section, qui perdait le fil des matchs à partir de la soixantième minute en début de saison, est allée décrocher un point de bonus défensif à Lyon après la sirène, tout comme elle a su asseoir son succès à La Rochelle dans les dix dernières minutes.

Des joueurs montent en puissance

La malédiction des fins de matchs semble vaincue. La claque parisienne a servi de réveil. « Le point à Lyon vient récompenser un groupe qui se sent capable. C’est bien de se sentir capable, mais ce point est venu le matérialiser. Le processus mental commence à porter ses fruits. C’est très éphémère, c’est très volatile, ce qui me rend très inquiet pour la reprise, car nous devons arriver à maintenir cette confiance, cette résistance dans la difficulté qui permet de maintenir le cap coûte que coûte pour ne pas fléchir quand les moments de décisions sous pression arrivent. »

Ce premier bloc de dix matchs a aussi permis au staff de constater la montée en puissance de plusieurs joueurs. À commencer par l’ascension fulgurante d’Émilien Gailleton, convoqué avec le groupe France après avoir effectué ses débuts en Top 14 face à Toulouse lors de la troisième journée. Il faut aussi souligner une infirmerie qui s’est vidée sur la fin du bloc, permettant ainsi au staff de miser sur plus de continuité au niveau du triangle arrière avec une nouvelle formule (Clément Laporte étant aligné à l’aile et Jack Maddocks à l’arrière). Daniel Ikpefan et ses deux compères ont marché sur l’eau lors des trois derniers matchs. Jordan Joseph, qui avait dû soigner une pubalgie en fin de saison dernière, avant d’être touché à la cheville à Montpellier en début de saison, a aussi retrouvé son rendement optimal. Il ne faut pas oublier le retour de Fabrice Metz, véritable bonne surprise de cette fin de bloc, démontrant qu’il était revenu à son meilleur niveau après une saison difficile en raison de problème physique qui l’avait conduit à se faire opérer.

Enfin, le retour de Tumua Manu lors de la démonstration face à l’UBB est une excellente nouvelle. L’international samoan, brillant d’ailleurs avec sa sélection depuis, est une pièce incontournable de la Section : « On ne l’a jamais vu faire une prestation en demi-teinte. Nous savons que lorsque nous avons Tumua Manu sur le terrain tout le monde peut se rendre compte que c’est un plus pour l’équipe. » La Section a récupéré des soldats et s’est trouvé des nouveaux lieutenants pour sortir de l’impasse.Elle doit maintenant se rassurer sur les bases collectives pour renforcer ses certitudes. Les « gros » étaient attendus à la reprise mercredi, avec un « stage » de trois jours sur la conquête, comme l’expliquait Sébastien Piqueronies : « Nous allons travailler excessivement la mêlée, la touche et les ballons portés sur la première semaine de reprise. C’est là où nous sommes le plus irréguliers. Un coup la touche est brillante et la mêlée déconne, un coup c’est l’inverse. Et quand nous sommes dominants sur les ballons portés, nous n’avons pas les ballons dans les airs. Il faut que l’on arrive à stabiliser ces trois domaines. » Avec l’espoir de poursuivre la remontée au classement.

Avec deux réceptions, face à Brive et Bayonne, pour un seul déplacement d’ici la fin de la phase aller, la Section peut y croire. « C’est le fantasme de tout le monde. Mais je ne suis pas dans le fantasme, seule la réalité m’intéresse. À nous de nous y confronter lors des trois prochaines journées. Aujourd’hui, la Section rêve mais, pour l’instant, elle est loin d’avoir converti ses rêves en réalité. » Mais les cauchemars sont passés.

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