France - Japon : un match, trois questions

  • Sekou Macalou et les Français ont su dompter des conditions climatiques difficiles.
    Sekou Macalou et les Français ont su dompter des conditions climatiques difficiles. Icon Sport - Icon Sport
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Le XV de France craignait le jeu de mouvement japonais et n'a donc voulu laisser aucune place à l'improvisation avec des conditions climatiques difficiles. Les Nippons en ont profité pour trouver des espaces auprès des rucks.

Les conditions météo ont-elles changé la donne ?

Avec la pluie qui s’est invitée au coup d’envoi, il a été bien difficile pour les Bleus de mettre en place ce jeu fait de fulgurances, d’attaques franches et précises qui fait sa force. La faute à un ballon glissant et à des pertes d’appuis au moment d’effectuer des changements de courses ou de rythme. « Il fallait simplement mettre en place notre rugby, expliquait Maxime Lucu, Je trouve qu’on l’a très bien fait en première mi-temps. Il y a toujours des approximations mais ça fait partie du rugby. Il ne fallait surtout entrer dans du hourra rugby car le Japon sait très bien se servir de ça, avec des grandes qualités dans leur ligne arrière. Il fallait enfermer les Japonais dans un match où ils devaient produire le jeu pour mieux les contrer ». Néanmoins, même si les Bleus ont usé du jeu au pied pour mettre sous pression l’adversaire, à tel point que des sifflets sont descendus des tribunes, le sélectionneur Fabien Galthié a décelé quelques erreurs : « On s’est mis en position d’être contrés. Et nous nous sommes fait contrer. Cela montre une marge de progression. On a parfois tendance à surjouer sur nos temps forts ». Une fois n’est pas coutume, la pluie a rendu frileux les Japonais qui ont beaucoup joué au pied en première période.

La nouvelle charnière tricolore a-t-elle été à la hauteur ?

La charnière française, qui a débuté la rencontre, a alterné le bon et le moins bon. En effet, il est évident que si la France menait 21 à 3 à la pause, c’était en grande partie grâce à Maxime Lucu et Romain Ntamack, puisque le premier a trouvé un trou de souris pour offrir le deuxième essai tricolore à son capitaine Charles Ollivon, alors que le second avait effectué une merveille de passe au pied pour permettre à Damian Penaud d’ouvrir le score à la 7e minute de jeu. Deux fulgurances capitales, dans une rencontre fermée en raison notamment de la pluie, qui sont donc à mettre au crédit de la charnière tricolore. En revanche, elle a aussi enchaîné les approximations. C’était tout un symbole de voir, par exemple, Maxime Lucu manquer le dégagement après l’essai qu’il venait de faire marquer, offrant ainsi une touche aux Japonais dans les 22 mètres tricolores. Il a aussi été contré en début de match, envoyé un ballon directement en ballon mort ou encore manqué une passe après une percée monumentale de Grégory Alldritt. Même constat pour Romain Ntamack qui, après avoir soufflé le chaud, à enchaîner les petites erreurs techniques ou les mauvaises prises de décisions, à l’image de cette relance offrant une pénalité aux Japonais, malgré les encouragements incessants de ses partenaires pour lui faire reprendre le fil du match. L’ouvreur toulousain, qui enchaînait un troisième match après une longue indisponibilité, a été moins saignant que par le passé. Et la rentrée de Matthieu Jalibert a réveillé les Bleus mais Fabien Galthié ne regrettait pas son choix initial : « Cela fait partie de la vue qu’on avait sur la complémentarité entre Romain et Matthieu. On ne s’est pas trompés mais nous n’avons pas la science infuse. On a construit sur une forme de continuité et on a voulu réintégrer Matthieu après sa saison quasiment blanche. Il confirme son retour en forme. Plutôt que des regrets, nous avons des satisfactions et des confirmations ».

Comment les Japonais ont-ils trouvé des espaces ?

Les Français ont reçu un avertissement sans frais dès la première action de la rencontre, quand Kazuki Himeno s’est échappé d’un ruck pour une course de quarante mètres. Les Japonais ont alors insisté pour faire les bordures des rucks, trouvant de nombreux espaces, comme le reconnaissait Maxime Lucu : « On avait beaucoup travaillé sur les matchs que nous avions fait au Japon et notamment sur le jeu de mouvement de cette équipe. Lors de ces deux rencontres, nous avions couru après le ballon en serrant notre défense, donc en défendant de dos et en les pourchassant en bord de ligne mais nous n’avions fait que défendre à reculons. Là, nous avons voulu imposer notre défense en mettant beaucoup de pression dans les rucks mais il faut savoir trouver l’équilibre. Il faut savoir doser entre l’opportunité de mettre en place cette pression ou s’il est plus judicieux de se positionner en premier défenseur ». Les Bleus voulaient dicter leur loi sur la vitesse des sorties japonaises mais il redoutaient aussi la force de frappe nippone sur les extérieurs, ce qui a forcément pesé sur les placements défensifs selon le demi de mêlée girondin : « Quand on mettait la pression au sol sans parvenir à contester ou à ralentir la sortie du ballon, les Japonais jouaient très bien en rentrant et des intervalles se sont crées au près. Nous avions du mal à réagir car nous étions un peu plus espacés qu’à l’habitude. Ils nous ont mis à mal là-dessus .

 

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Les commentaires (1)
LoloBobo Il y a 6 jours Le 22/11/2022 à 09:52

On s'est ennuyé pendant 70 minutes, heureux pour Galthié qu'il considère ne pas s'être trompé. 35 points en ayant fait 12 passes et mis 350 coups de pieds dans le match. C'est clinique mais c'est chiant