L'édito : Samedi 3

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    L'édito : Samedi 3
Publié le , mis à jour

L’information est passée quasi inaperçue parmi le flot des actus sportives d’un samedi comme un autre, entre la belle histoire bayonnaise, le réveil de l’UBB et l’avenir de Damian Penaud qui fait tant rêver de Toulouse à Bordeaux, de La Rochelle à Toulon. N’empêche, elle vaut son pesant de cacahuètes à l’aube de ce terrible mois de décembre qui fait trembler les murs du rugby français.

On parle évidemment de l’Assemblée générale financière de la FFR, attendue comme le premier acte d’une pièce de théâtre qui va nous tenir en haleine jusqu’au fameux mardi 13 décembre 2022… Précisément le jour du verdict pour le procès Laporte/Altrad.

Le rapport, me direz-vous, entre cette « AG » des plus classiques dans la vie de l’institution fédérale et cette affaire défrayant la chronique ovale ? Elles forment ce tout que l’on pourrait baptiser « Le grand combat du rugby français », en hommage au chef-d’œuvre écrit par Denis Lalanne dès le retour de la tournée victorieuse des Bleus chez les Springboks, en 1958. Car la bataille va faire rage, et elle laissera autant de traces ou de clivages que la campagne Laporte/Camou n’avait pu le faire en 2016.

Cela vous paraîtra peut-être étrange mais l’argent n’est pas forcément synonyme de bonheur. La preuve : s’ils font suite à des années de déficits enchaînés, les 6,6 millions d’euros de bénéfices enregistrés par la fédé pour l’exercice 2020-2021 n’ont donc pas donné lieu à un plébiscite des clubs. Au contraire : avec 52,4 % des votes, le budget présenté par Alexandre Martinez a été validé aux forceps. Juste avant qu’une réforme statutaire proposée par la gouvernance Laporte ne soit purement retoquée.

Ne nous leurrons pas. Impossible de voir dans la lecture de ces résultats une simple grogne des clubs à propos de la réforme des indemnités kilométriques qui fait grincer les dents. Car rien n’est jamais gratuit dans notre sport et il n’y a pas non plus de hasard. Avec ce vote-sondage qu’il avait certainement ciblé, Florian Grill a gagné une première confrontation directe ; il a ainsi marqué les esprits de ses adversaires (qui ont sonné la mobilisation générale dès samedi) et de ses soutiens (qui peuvent désormais surfer sur une forme accrue de légitimité).

Au-delà de la simple dimension symbolique et en attendant le 13 décembre, c’est clairement ici le premier coup porté dans la bataille pour conquérir le pouvoir fédéral et donc succéder à Bernard Laporte.

Quand ? Cela reste à voir. On l’a assez dit, tout dépendra du résultat du procès Laporte/Altrad. S’il est relaxé, le président de la FFR poursuivra jusqu’au Mondial avant de céder la main ; les résultats des Bleus pourraient alors lui être favorables, plaçant l’un des siens sur orbite… S’il est empêché, Laporte laissera alors le champ immédiatement libre à ses opposants. Alors, conforté par les résultats de l’Assemblée générale financière, Grill ne se posera plus de questions : il passera rapidement à l’attaque sans même attendre le Tournoi et l’effet « XV de France », invitant les clubs à revenir dans les urnes afin de choisir leur camp. Cette fois pour de vrai.
 

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