Champions Cup - Rémi Bourdeau (La Rochelle), l’ombre qui fait briller

  • Décisif sur une action d’essai anglaise, Rémi Bourdeau a beaucoup plaqué comme ici avec Gregory Alldritt mais aussi gratté le dernier ballon du match.
    Décisif sur une action d’essai anglaise, Rémi Bourdeau a beaucoup plaqué comme ici avec Gregory Alldritt mais aussi gratté le dernier ballon du match. Icon Sport
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Le Troisième ligne de La Rochelle, Encore si précieux dans les tâches obscures, ne cesse de (re)prendre de l’épaisseur au sein du paquet d’avants XXL du champion d’Europe sortant.

Il ne fait pas grand bruit. Ni jamais trop parler de lui. Comment ne pas être naturellement éclipsé, en même temps, quand vous évoluez aux côtés d’un duo Alldritt-Tanga monopolisant autant l’attention à force d’affoler les statistiques ? Et, plus largement, d’un huit de devant composé d’individualités si souvent louées à l’échelon international. Rémi Bourdeau n’en a que faire, à vrai dire. Ce costume de ferrailleur de l’ombre, au-delà de l’assumer, il le porte comme un gant depuis le début de saison. « L’année dernière, on avait Wiaan (Liebenberg, N.D.L.R.) qui faisait ça, cette année on a Rémi », résume parfaitement le talonneur Pierre Bourgarit.

Samedi, face à une équipe de Northampton très vite et très longtemps asphyxiée, Rémi Bourdeau a encore fait l’étalage de son activité défensive de "chien", image Ronan O’Gara en référence notamment à sa maîtrise du plaquage offensif et du jeu au sol. « Rémi ? C’est la constance, il ne passe jamais à travers. Il a une capacité à enchaîner les taches et faire des choses que seules les spécialistes voient, saluait déjà l’entraîneur des avants Romain Carmignani au sortir des deux premières journées de championnat durant lesquelles la triplette Bourdeau-Alldritt-Tanga avait déjà fait quelques étincelles. Rémi fait des choses que Greg et Yoan ne savent pas faire et inversement. »

« Rémi est hyper important pour l’équipe »

« On est assez complémentaires, c’est très bien comme ça, juge sobrement le jeune trentenaire formé au Racing 92 puis poli en Pro D2 à Béziers, jusqu’en 2018. J’essaie de combler sur les secteurs où ils sont un peu moins performants et où, du coup, moi, je suis plus performant. On a quatre, cinq, six très gros porteurs de classe mondiale dans l’équipe. J’aime bien porter le ballon, hein, mais c’est vrai que tu es obligé de passer au second plan quand tu as des mecs comme ça qui avancent à chaque fois. » 

D’où cette notion de « joueur – dixit Gurthrö Steenkamp après la récente démonstration contre Castres (53-7) - capable de travailler pour les autres. » Et donc de les faire croquer en les délestant des tâches les plus ingrates.

Une belle revanche sur le destin que ce début de saison de Rémi Bourdeau, pas bien loin d’arrêter les frais en 2019, embourbé dans une galère sans nom pour remettre d’aplomb son genou droit. Le voilà devenu maillon essentiel dans l’actuel système de Ronan O’Gara. « Il n’est pas capable d’enchaîner tous les matchs car il rend souvent 20 ou 30 kg à l’adversaire (sourire) mais son intelligence et sa capacité à lire le jeu sont hyper intéressants, complimente le technicien. Rémy est hyper important pour l’équipe, il mérite de jouer comme titulaire en ce moment, je suis content de sa forme. » On le serait à moins. Avec Bourdeau numéro 6 dans le dos, le champion d’Europe en titre n’a perdu qu’un match cette saison.

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Romain ASSELIN
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