Affaire Laporte/Altrad - L’opposition peut-elle faire tomber Laporte ?

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Le groupe d’opposition Ovale Ensemble, mené par Florian Grill, milite en faveur d’une démission du comité directeur pour accélerer le processus électoral. Explications.

Jusqu’à mardi dernier, le mot d’ordre était au silence. L’opposition à Bernard Laporte, menée par le groupe Ovale ensemble et sa tête d’affiche Florian Grill, avait pris le parti de ne pas s’exprimer sur l’affaire judiciaire. Depuis ? C’est une litanie de commentaires et d’appels à la démission du Comité Directeur de la FFR. Grill et ses lieutenants avaient préparé et aiguisé autant leurs éléments de langage que leur stratégie. Logique, forcément logique. Dans toutes les prises de paroles, jamais la démission de Bernard Laporte n’a été réclamée, seulement celle du Comité Directeur de la FFR qui selon Florian Grill "devrait être solidaire de son président". La nuance a son importance. Et pour cause. Une démission de Bernard Laporte reviendrait à élire un président par intérim. Un président forcément issu du Bureau Fédéral. "Avoir un président par intérim non choisit par les clubs, ce serait la chienlit, assure Florian Grill. Cette solution n’en est pas une car le Comité Directeur resterait alors en place alors qu’il est co-responsable de la condamnation de Bernard Laporte qu’il n’a pas su canaliser. Nous ne voulons donc pas d’un président intérimaire que les n’ont pas choisi. Les clubs n’ont pas voté pour Serge Simon ou Christian Dullin. Voilà pourquoi nous demandons que ce Comité Directeur prennent ses responsabilités pour préserver la Coupe du monde et nos équipes de France."

Force est de s’interroger : cette hypothèse est-elle envisageable ? à ce jour, le Comité Directeur de la FFR est composé de 40 membres, dont deux ont déjà démissionné il y a quelque temps (Pascal Papé et José Machado). Ovale ensemble compte neuf élus, la LNR deux, les 27 autres étant dans l’équipe de Bernard Laporte. Or, les statuts de la Fédération prévoient que le Comité Directeur doit compter au minimum 20 membres pour valablement délibérer. Dans le cas contraire, des élections anticipées seraient alors obligatoirement organisées. Le scénario envisagé par l’opposition serait de voir les deux représentants de la LNR (René Bouscatel et Didier Lacroix) démissionner dans le même temps que les représentants d’Ovale ensemble, en espérant qu’au moins huit autres membres, issus de l’équipe de Bernard Laporte, suivent le même chemin si Christian Dullin ou Serge Simon devaient être désignés comme successeurs. Une éventualité qui apparaît assez improbable, même si, pour certains, la question de se retirer se pose franchement.

Le comité d’éthique a l’avenir de la FFR entre les mains

Par ailleurs, le comité d’éthique, composé de sept membres et dont le président est Bernard Fouchet, conseiller d’État honoraire et ancien président du tribunal administratif de Limoges (de 2003 à 2007) et ancien vice-président du tribunal administratif de Paris, pourrait bien s’emparer du dossier. Cette structure indépendante n’est certes que consultative mais pourrait demander au conseil de discipline de statuer et possiblement révoquer le Comité Directeur dans son ensemble, président compris. "Quand on lit les attendus du délibéré, Bernard Laporte est condamné sur un non-respect de la charte éthique qu’il a lui-même mis en place", commente Florian Grill. Dans les statuts, le conseil de discipline peut donc décider de l’inéligibilité immédiate du président de la FFR. Une position qui est celle de World Rugby et on imagine mal que la France soitmoins disante en matière d’éthique." Ce que la justice n’a pas ordonné en occultant l’exécution provisoire des peines prononcées. Sauf que. Entre-temps, la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera qui, avant de devenir ministre avait appelé en 2020, via son association "Rénovons le Sport Français", à voter pour Florian Grill lors des élections fédérales, a elle aussi réclamé "un nouveau temps démocratique." Certes, le ministère n’est pas habilité à intervenir dans la gestion de la Fédération, ni à révoquer qui que ce soit, mais sa prise de position est de nature à pousser le comité d’éthique à jouer pleinement son rôle.

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Arnaud BEURDELEY
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