Top 14 - Bayonne boucle une année chimérique

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Au tour de Toulon ! Avec une septième victoire dans un Jean Dauger embrasé, Bayonne conforte son invincibilité à domicile. Et une place dans les six.

Quand les émotions prennent le pas sur toute autre considération ! Le rugby reste une histoire d’hommes et à l’Aviron plus que jamais. Ajoutez-y un scénario ahurissant, presque irréel, face à une référence du championnat, au crépuscule d’une année chimérique pour le club... Il n’en fallait pas plus pour que Jean-Dauger et toute une ville s’extasient. "Il y a eu un partage d’émotions énorme avec notre public, soulignait Grégory Patat. On voulait montrer que la dimension collective de l’Aviron était plus puissante que les individualités. On avait Toulon en face. Beaucoup de monde oublie cela. Quand on regarde leur équipe, on s’aperçoit qu’il n’y a que des joueurs confirmés, que des stars de notre championnat." Alors, ce septième succès à domicile donne davantage de corps à ce parcours bayonnais qui surprend de moins en moins, finalement. Mais qui délivre sa dose de bonheur. "Oui, on a exulté ce soir parce qu’on savait ce match important pour nous, continue le manager bayonnais. C’est ce que l’on recherchait. Il y a beaucoup d’émotions, de joie, de partage avec notre public." Chez les joueurs, le sentiment était le même, empreint d’une fierté légitime. "On souhaitait rester invaincus, avançait un Guillaume Rouet, très précieux dans le jeu. C’est fait ! Quand on voit l’ambiance, notamment lors des dernières minutes, quand il a fallu nous soutenir, ça nous a permis d’aller chercher ce petit truc en plus qui fait qu’on reste invaincus à la maison."

Et pour ne pas connaître la défaite à Bayonne, l’Aviron a dû s’employer pour renverser un 0-13 inquiétant. Le travail avait commencé juste avant de rentrer aux vestiaires avec l’essai de Maqala. "On s’est dit qu’il fallait attaquer la deuxième période comme on avait fini la première, continue le demi de mêlée. Ça nous a permis de passer devant avec le deuxième essai. Après il y a eu le drop de Camille. Tout s’est bien goupillé. À la fin, on a su être très solidaires pour ne pas prendre d’essai. Mentalement, on ne lâche rien. Lors des années précédentes, on aurait peut-être pris trente points. Là, on ne lâche rien, on ne panique pas." Même Grégory Patat reste en admiration devant la performance de ses protégés, comme relatée par son demi de mêlée. "Les joueurs nous surprennent. Ils vont chercher des ressources que l’on ne connaît pas. Ils ont l’amour du maillot, ils ont envie de partager et ils méritent la reconnaissance."

Jusqu’où l’Aviron peut-il aller ?

Comment, alors, situer ce nouveau succès ? Désormais, chacun sait où il met les pieds quand il débarque à Jean-Dauger. Grégory Patat reprend : "Sur la symbolique, rester invaincu un 31, avec 25 degrés, 13 500 personnes et une atmosphère de fou... ça, c’est top ! Les Toulonnais, pour en avoir parlé avec certains joueurs, étaient venus pour faire un coup. Pour rivaliser même sur le caractère. Je le situe comme un pas supplémentaire dans notre aventure. C’est un message fort qu’on envoie car tout le monde se demande jusqu’à quand on va rester invaincus chez nous. On retarde l’échéance tranquillement. Ça, c’est cool pour nous."

Et si Bayonne avance de telle manière, son objectif premier, le fameux maintien, encore clamé après ce match, est-il en passe d’être atteint ? Pas de précipitation ! "Ça peut aller très vite, fixe Guillaume Rouet. Par le passé, ça nous a parfois desservis. On va rester humble. Sans langue de bois, ce n’est pas à l’ordre du jour." C’est vrai, celui qui connaît le mieux l’environnement du club sait que Bayonne s’enflamme vite. Son manager en a également conscience. "Quand ça s’emballe un peu trop, c’est là où il y a de grosses déceptions. J’ai un groupe très humble, très travailleur, qui a envie de montrer qu’il vaut mieux qu’un promu, capable d’exister dans ce Top 14. Mais restons nous-mêmes !" Réaliste, il finira par lâcher. "On est sur la très bonne voie, on ne va pas le cacher. L’horizon se dégage. Mais gardons cet état d’esprit et on pourra faire de grandes choses."

Sans extrapoler, il sera curieux, en effet, de voir jusqu’où peut aller l’Aviron…

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Edmond LATAILLADE
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