6 Nations 2023 - La faillite du rugby anglais après cette défaite historique face au XV de France

  • Sonnés, les Anglais de Maro Itoje ont été complètement dépassés par la furia française dans leur antre de Twickenham. Si l’on ajoute à cette déroute la contre-performance majuscule des moins de 20 ans, l’inquiétude peut-être de mise quant au niveau actuel du rugby anglais et de sa relève… Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Sonnés, les Anglais de Maro Itoje ont été complètement dépassés par la furia française dans leur antre de Twickenham. Si l’on ajoute à cette déroute la contre-performance majuscule des moins de 20 ans, l’inquiétude peut-être de mise quant au niveau actuel du rugby anglais et de sa relève… Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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L’angleterre a connu un naufrage historique dans son temple de twickenham. Dominée sur les collisions et équipée d’une troisième ligne étonnament faible, cette faillite est révélatrice de la mauvaise santé du rugby anglais, qui souffre même au niveau de ses moins de 20 ans...

L’Angleterre entière attendait un déclic. Un match référence. Une étincelle, après un début de Tournoi pour le moins décevant, avec une défaite inaugurale à Twickenham contre le rival écossais, puis deux victoires poussives en Italie et au pays de Galles. Quoi de mieux qu’un Crunch dans le temple du rugby anglais pour se remettre la tête à l’endroit et faire le plein de confiance en vue de la Coupe du monde ? Avant la rencontre, l’ex-ailier anglais Ugo Monye, aujourd’hui chroniqueur pour les médias anglais, disait que ce match contre les Bleus était "une chance pour Borthwick, Smith et le XV de la Rose de montrer une nouvelle vision". Voyant le boss des Anglais tenter un coup de poker en éjectant Farrell du XV du départ et en titularisant Marcus Smith à l’ouverture, les médias anglais voulaient y croire. Tout un peuple voulait y croire.

Au lendemain de cette raclée historique, le rugby anglais ressemble à un champ de ruines. Où est passée cette équipe qui avait pourfendu les All Blacks en demi-finale de la Coupe du monde 2019, dans ce que nous considérons comme l’un des plus grands matchs des dix dernières années ? Où est passée cette Angleterre qui dominait les collisions, qui vous cassait la bouche sur mauls avant de vous piétiner au centre du terrain par un Manu Tuilagi parfaitement mis en orbite par son ouvreur, et de vous terminer par la vitesse fulgurante d’un Jonny May dans son couloir ? Samedi, les Anglais ont bien trop subi les collisions, comme en témoignent leur trois petites passes après contact. Comme tout le monde le sait, on ne peut tenter ces offloads si l’on perd la collision… Les Bleus en ont fait onze. Et l’Angleterre n’a franchi qu’une seule fois, alors que nos Bleus ont quand même manqué 20 plaquages.

Un pack devenu trop tendre

Comment expliquer un tel naufrage ? La question est complexe, et possède au moins deux problématiques : une conjoncturelle, et une structurelle. La première concerne les joueurs blessés ou absents. De toute évidence, on avait pas vu une troisième ligne anglaise aussi faible depuis des lunes. Courtney Lawes manque cruellement à ce pack, tant par son abattage en défense que par sa férocité dans les rucks. Le sale gosse du rugby anglais (et accessoirement vice-capitaine) n’a pas été remplacé. Pas plus que ne l’ont été Tom Curry et Sam Underhill, les fameux "Kamikaze brothers" chers à Eddie Jones, qui avaient régné en maîtres dans tous les rucks de la Coupe du monde 2019. Et que dire au poste de troisième ligne centre, où Alex Dombrandt enchaîne les sorties décevantes ? Pourtant indiscutable avec les Harlequins, le grand blond paraît trop peu dynamique ou explosif pour le niveau international. Dans la cage, Maro Itoje n’est plus le joueur qui fut nommé dans la short-list de l’élection du meilleur joueur du monde en 2016, 2017 et 2021. Et même si le potentiel de son acolyte, le jeune Ollie Chessum est indéniable, il faut bien reconnaître qu’il n’est pas encore le shérif qu’est Courtney Lawes ou même son ex-remplaçant George Kruis, parti au Japon.

Creux générationnel

Voilà pour le conjoncturel, qui vaut ce qu’il vaut puisqu’on pourra rétorquer qu’il manque aussi plusieurs précieux éléments au XV de France ou à d’autres nations. Passons maintenant au structurel, et à la question de la formation, et aux performances des moins de 20 ans anglais. En 15 éditions depuis sa création en 2008, les moins de 20 ans anglais ont remporté pas moins de sept éditions. Avec notamment une série de trois victoires consécutives en 2011, 2012 et 2013. Ils ont même gagné en 2021, avec un certain Jack van Poortvliet nommé meilleur joueur de la compétition. Le même qui a été placé dans le rôle de demi de mêlée numéro un par Steve Borthwick, tant en club à Leicester qu’en sélection, et qui n’a rien pu faire derrière un pack malmené au Stade de France.

Un titre vite balayé par une édition 2022 cauchemardesque, ponctuée par une défaite historique contre les moins de 20 ans italiens. Sur un faible écart au score, certes (6-0). Mais l’on souvient de ce match où les Anglais n’avaient strictement rien montré en attaque, et avaient été plutôt dominé en mêlée fermée. À l’issue de la compétition, l’Angleterre s’est classée troisième. Un rang toutefois trompeur, car ils ont terminé avec le même total de points que les "minots" italiens (13 points), mais avec un goal average favorable. Une troisième place qui ne cache pas un bilan négatif, avec deux victoires pour trois défaites, dont une leçon de rugby donnée par leurs jeunes homologues irlandais sur leur terres, à Londres : 27-42 score final.

Cette saison, les moins de 20 ans anglais semblaient avoir renoué avec la performance, comme ils avaient remporté leurs trois premiers matchs du Tournoi contre l’Écosse (41-36), l’Italie (32-25), et au pays de Galles (21-37). Mais vendredi soir, les coéquipiers d’2milien Gailleton leur ont infligé un énorme coup d’arrêt en les étrillant 42-7 chez eux, à Bath. Une nouvelle sortie de route qui inquiète sur le niveau réel de la relève anglaise, et qui intervient au moment où le championnat anglais perd de son attractivité, et où le XV de la Rose est au plus mal…

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Simon VALZER
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