Vierzon, un centenaire en difficulté

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    Vierzon, un centenaire en difficulté
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Le club du Centre a complètement raté sa saison en Fédérale 2, jusqu’à compromettre ses chances de maintien.

Toutes les deux associées, les deux défaites subies par l’équipe de Vierzon à Orléans (18-16) et à domicile contre Domont (10-16), face à deux concurrents naturels au maintien, font les deux planches de fond d’un cercueil. Ainsi que la dernière rencontre contre Orsay qui s’est soldée par un cinglant 7-62. Comme les promus de Plaisir, les Vierzonnais n’ont toujours pas remporté la moindre victoire. Et s’ils les accueilleront bientôt à domicile, ce qui pourrait leur permettre de prendre sur eux un net ascendant, ils devront aussi affronter Niort et Rouen pour achever la phase aller. Si bien que par rapport à tous les autres, la position au classement devrait encore se préciser dans la zone de relégation. « Ce n’est pas foutu, pense le coentraîneur Olivier Lutringer. Franchement, nous aurions dû remporter ces rencontres si nous n’avions pas produit des erreurs bêtes. Et contre Nantes, nous avons fait un bon match. » Mais les défaites s’enchaînent, ce qui est le symptôme le plus évident de la difficulté de cette équipe à rester au niveau de la Fédérale 2. Elle y est pourtant son jardin. Vierzon, club centenaire, y joue dans la division depuis toujours, ou presque. La dernière relégation en Fédérale 3 date de dix ans. Elle avait été suivie d’une remontée immédiate. On pouvait alors parler d’accident sportif. Cette fois, le mal est plus profond.

Treize départs

Si cette équipe, qui avait déjà été menacée de relégation la saison dernière, se trouve aujourd’hui dans cette situation, c’est qu’elle souffre du mal du siècle : le manque d’argent. En cinq ans, le budget de ce club aux racines profondes, a baissé de plus de 100 000 €. Aujourd’hui, il dépasse à peine les 300 000 €. C’est bien trop peu pour cette division écrasée financièrement dans le Nord par les «millionnaires» de Strasbourg ou de Rouen. La chute des ressources a provoqué sa difficulté croissante à constituer un effectif aguerri, jusqu’à cette fuite massive des « cerveaux » à l’intersaison : treize joueurs de la première sont partis. La présidence aussi a changé. Le vice-président Dominique Maussang a pris la relève dans l’urgence dans cette période de grande difficulté. Aujourd’hui, il ne souhaite plus la commenter. « On espère que le club ne va pas tomber dans une spirale, s’inquiète un membre du comité régional. La ville est dans un sale état, et le club semble suivre sa désagrégation. Vierzon a perdu quelques milliers d’habitants lors des dix dernières années. Ses entreprises vont mal. Les magasins ferment dans le centre. » Et le club patauge, se débat comme il peut.

Quand les treize de l’intersaison ont fait leur bagage pour un ailleurs plus florissant, les responsables ont bricolé une solution internationale bancale. Un ami avec des connexions géorgiennes, et les conseils d’un agent, ont produit un recrutement vers l’Est de cinq jeunes joueurs. Un deal à l’ancienne. Le club leur a fourni du travail. « Un troisième ligne centre fera peut-être carrière. Le demi de mêlée aussi est bon », estime Olivier Lutringer. Les autres font un peu moins la maille. Et la plupart ne parlent pas français. « Il existe un super état d’esprit, relevait son coentraîneur Bruno Chausson, après la défaite contre Orléans. Mais c’est difficile. Pour certains, la marche est un peu haute. Il suffirait sans doute d’un succès pour mettre tout le monde en confiance. C’est pour cela que je suis triste ce soir. Le club ne mérite pas ça. Il n’est pas malade. C’est bien reparti pour l’école de rugby. Mais il faut faire preuve de patience. Et j’espère que ceux qui nous soutiennent en auront.»

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