L’exception souletine

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Plongés dans la bagarre de la Fédérale 1, les Basques de Mauléon n’ont pas dis leur dernier mot. Modestes mais pas faibles pour autant.

Par Gérard PIFFETEAU

gerard.piffeteau@laposte.net

L’éclosion récente de son enfant Camille Lopez a concentré la lumière sur le SA Mauléon. Mais le club souletin a bien d’autres raisons d’être montré en exemple. Installé en Fédérale 1 il y a dix-sept ans, le Sam a, depuis, vécu quatorze années à ce niveau avec trois descentes suivies de trois remontées immédiates. Président depuis… dix-huit ans, Benat Queiheille s’enorgueillit d’un exploit permanent. « Notre politique est une politique de formation. 90 % de nos joueurs sont issus de notre école de rugby. Nous sommes obligés de former sans cesse pour pouvoir emmener ces jeunes vers l’équipe première. Les 10 ou 20 % qui restent ce sont des jeunes qui ont l’esprit mauléonnais. Il n’y a aucun étranger. Ils sont issus du centre de formation de Bayonne ou de Biarritz mais ils sont copains avec les jeunes de Mauléon. Nous en avons aussi que nous aidons professionnellement à trouver du travail grâce à notre réseau et nous les fidélisons. »

Le président le jure, il n’est absolument pas question d’argent au Sam, si ce n’est la prime de match de 150 €, et seulement en cas de victoire. Les joueurs qui sont rencontrés pour un éventuel recrutement sont très vite mis au parfum local. Soit ils viennent et ils s’adaptent, soit ils font un autre choix. « En revanche, indique Beñat Queiheille, un de nos joueurs qui a 21 ou 22 ans, aujourd’hui, où pourrait-il jouer en Fédérale 1, l’élite amateur, ailleurs qu’à Mauléon ? Je pose la question. Même s’il a du talent, du courage et de la générosité, il manque beaucoup de choses à Mauléon pour jouer dans un autre club de Fédérale 1. Aujourd’hui notre budget est de 300 000 € et c’est un budget uniquement de fonctionnement. 50 % sont consacrés à la formation. Nous voyons là que nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir des contrats. »

Farouche résistance

Cette limite financière en mettrait plus d’un au supplice, à Mauléon elle n’est pas un casse-tête parce que le club s’est adapté à ce budget de fonctionnement et vit très bien la situation. À la présentation des comptes la DNACG a répondu : RAS. Ainsi la pérennité n’est pas mise en danger mais au passage, le président du Sam se fend d’une remarque et ironise : « Quand je vois des clubs à des budgets d’un million cinq ou plus et qui ont du mal à y arriver… Je propose le club à un mécène qui apporterait un million d’euros et je lui donne deux ans pour monter en Pro D2 (rires). Pour jouer les premiers rôles en Fédérale 1 dans la poule, il nous manque 200 000 €. J’en suis intimement persuadé. Cette année, ça m’embêterait beaucoup de descendre parce que nous avons un vrai potentiel de qualité apte à la Fédérale 1. Mais nous allons nous maintenir. » Aux paroles les Mauléonnais ajoutent des actes. Sur le terrain inviolable du leader incontesté Aix-en-Provence qui affiche un budget de quatre millions d’euros, les Basques auraient mérité le bonus défensif qui leur a échappé. En Soule, les Aixois avaient dû concéder le match nul, de sorte que Mauléon est la seule équipe à avoir arraché des points à l’armada provençale. Le week-end dernier, Mauléon s’est hissé à la septième place. Le danger n’est pas écarté mais les lutteurs organisent une farouche résistance. Et au moment où le Sam dominait Agde, le jeune demi de mêlée Guylain Queiheille, fils du président, prêté par l’UBB à Tarbes, affrontait le SUA sur le terrain d’Armandie. Encore une histoire de formation.

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