« La FFR a manqué de professionnalisme »

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    « La FFR a manqué de professionnalisme »
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Damien Michel, le président et entraîneur d’Antony-Métro, commente la décision de la commission d’appel fédérale de retirer deux points au club francilien.

Après la confirmation d’un retrait de deux points au classement, concernant votre premier match de la saison à Dijon, la commission d’appel fédérale a aussi confirmé le retrait de deux autres points supplémentaires, à la suite de votre deuxième match à Strasbourg. Votre retour en Fédérale 3 vient d’être prononcé…

Non, et pour plusieurs raisons. La première est la progression constante du niveau de jeu de notre équipe. Le 22 janvier à Gennevilliers, si nous prenons un point de bonus, il n’y a pas de scandale. Les joueurs sont au taquet. Nos oppositions contre nos concurrents au maintien seront intéressantes. D’autre part, des clubs sont toujours en difficulté sur le plan financier. Une rétrogradation administrative d’un concurrent ne semble pas exclue. Enfin, il est possible que nous contestions la décision fédérale devant le CNOSF. Parce que dans cette affaire, la Fédération a oublié ses obligations par manque de professionnalisme.

Pourquoi ?

À la fin du mois d’août, trois semaines avant le départ de la compétition, nous avions demandé que nos joueurs issus du Métro, avec qui nous avons été en entente pendant plus de sept ans, bénéficient d’une licence blanche. C’est logique. Nous sommes Antony-Métro 92. La Fédération a pris deux mois et demi pour nous répondre. Nous l’avions relancée à maintes reprises, sans succès. Ce n’était pas tenable. Nous avions besoin de nos joueurs. Et ceux des responsables fédéraux que nous contactions directement, nous disaient : « Allez-y, faites les jouer, vous obtiendrez gain de cause. » Nous avions fini par être sanctionnés par la commission des règlements sans même avoir obtenu la réponse à notre courrier du mois d’août. C’est un peu léger.

En l’absence de décision officielle, votre décision de considérer vos joueurs comme titulaires d‘une licence blanche, semble assez naïve elle aussi…

J’assume. Nous sommes allés à Dijon avec des jeunes qui montaient de Philiponneau pour jouer contre un relégué de Fédérale 1. La question de préserver leur intégrité physique s’est posée. Nous avons aligné nos joueurs dont nous attendions la régularisation. Du coup, j’avais prévenu la Fédération par avance que nous ne serions pas en règle. Elle ne nous avait pas répondu, encore une fois. Elle ne fait pas son boulot d’accompagnement. Et ce n’est pas le plus grave.

C’est quoi le plus grave ?

Au bout du compte, la Fédération a régularisé les licences de six joueurs sur les dix que nous demandions. La commission d’appel que nous avions saisie, avait décidé de repousser son verdict jusqu’à cette régularisation, pour savoir si nous aurions eu le bon nombre de licences blanches. Il s’avère que nous n’étions pas en règle contre Dijon. Elle a donc confirmé la première sanction de 2 points. Je suis d’accord. En revanche, le match suivant à Strasbourg, nous avions le bon nombre de licences blanches. Mais nous avons encore été sanctionnés. La commission a statué que n’aurions pas dû aligner nos joueurs en l’absence de réponse à notre courrier. On tourne en rond. À partir du moment où un club de notre poule est représenté dans cette commission - je ne donnerai pas de nom - je vois de la malveillance dans cette décision. Et j’en viens à regretter l’évolution du rapport de la Fédération à ses championnats.

Comme décrieriez-vous cette évolution ?

Quand j’avais présenté à la Fédération mon budget de club promu, on m’avait fait comprendre que nous n’étions pas forcément les bienvenus en Fédérale 2 avec 190 000 euros. Le critère financier est devenu trop influent. Depuis quinze ans, notre budget est excédentaire chaque année. Je rappelle à ceux qui ne le savent pas que nous avions repris le club d’Antony alors qu’il allait mourir, à la suite d’une malversation de son ancien président. Nous sommes petits mais vertueux. Certains de nos concurrents défendent leur place en Fédérale 2 en vivant au-dessus de leurs moyens. Mais ils ne sont pas forcément trop inquiétés, car ils sont plus riches, mieux implantés à la Fédération, et mieux structurés. Notre sanction est disproportionnée. Je n’ai plus l’impression d’appartenir à un mouvement sportif. La Fédération a développé d’autres critères de jugement que celui de la réalité terrain. Propos recueillis par G.C.

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