Priorité au collectif ou à la formation individuelle ?

  • Priorité au collectif ou à la formation individuelle ?
    Priorité au collectif ou à la formation individuelle ?
Publié le , mis à jour

Un éducateur ou plutôt un groupe d’éducateurs a souvent très peu de temps pour entraîner son équipe. Par comparaison à d’autres sports comme la natation, le football, la gymnastique, pour ne citer qu'eux, force est de constater que les jeunes rugbymans de nos écoles de rugby bénéficient de beaucoup moins de séances d’entraînements. Alors, que faire ? Donner la priorité au collectif ou bien travailler d'abord sur la formation individuelle ?

En moyenne, sur une catégorie comme par exemple les benjamins (ou moins de 12 ans), une école de rugby lambda convoque 1 à 2 fois par semaine ses jeunes pour s’entraîner. C’est très peu et c’est même largement insuffisant.

Si on considère qu’il faudrait faire lors des séances du mouvement général, de la technique individuelle pour apprendre et répéter les gestes techniques indispensables en opposition, du travail physique de base par exemple du gainage, mais aussi un semblant de mise en place d’équipe pour que les jeunes aient des repères communs, cela semble impossible de tout faire et de bien le faire.

En théorie, il faudrait s’assurer que lors des années précédentes, le problème affectif a bien été résolu (pas de crainte en jouant) mais aussi que nos jeunes puissent lire les situations proposées pour y apporter une réponse juste. Il conviendrait aussi de se donner des thèmes de travail et par cycle de plusieurs semaines travailler tel ou tel secteur du jeu avec une progression attendue. Et tout cela, sans tenir compte des tournois/rencontres qui ont souvent lieu une semaine sur deux, ces derniers n’étant pas un championnat au vrai sens du terme.

La réalité est souvent toute autre. Au lieu de faire travailler leurs jeunes sur des gestes techniques, sur des situations de lecture de jeu, sur un programme d’acquisitions qui tient compte à la fois du vécu, de l’acquis des joueurs et du niveau à atteindre pour la catégorie, certains éducateurs se consacrent à la mise en place de leur équipe. Ils répètent quelques lancements de jeu préétablis, regardent ce qui peut être fait pour gagner les prochains tournois. Il est beaucoup plus facile pour un éducateur de faire ce genre de travail que d’entreprendre une vraie démarche de formation avec la mise en place d’exercices évolutifs.

Nous ne pouvons que regretter cet état de fait, qui cependant n’est pas toujours vrai et qui ne se pratique pas dans toutes les écoles de rugby. Mais quand même, un vrai éducateur se doit de penser à l’avenir, à la formation de «ses» jeunes. L’âge d’or des acquisitions tourne autour de 12 ans. Un jeune qui n’aurait connu que du jeu libre, sans corrections, sans apports techniques, sans mise en place de situations avec des problèmes à résoudre, ce jeune là ne sera pas bien formé. Il aura gagné des tournois sur une stratégie mise en place, par exemple en utilisant le joueur de l’équipe le plus puissant, mais il ne sera pas armé pour plus tard atteindre le haut niveau.

Bien sûr, il faut trouver le bon équilibre entre formation et préparation du tournoi à venir. Mais l’équilibre ne doit pas trop pencher vers la victoire du samedi suivant mais il doit préparer un bel avenir à nos jeunes pousses.

Pour terminer, je voudrais vous faire partager cette phrase d’Antoine de Saint-Exupéry : «Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible». Mesdames, Messieurs les éducateurs des écoles de rugby, pensez à donner les armes techniques, tactiques, physiques à vos jeunes pousses. Dans cinq ans, dans dix ans, ils seront ainsi armés -ou pas- pour atteindre le haut niveau, et vous y serez pour quelque chose. Dans les deux cas.

gerard.tugas_777
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