Toulon : le nouveau rafale

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    Toulon : le nouveau rafale
Publié le , mis à jour

Auteur d’une grosse prestation, Josua Tuisova, le Fidjien du centre de formation du RCT se fait doucement une place au soleil de la ligne de trois-quarts constellée d’internationaux.

Par Pierre-Laurent GOU

D’habitude ce genre d’engins, que la France vend en ce moment comme des petits pains, prend son envol du Charles-de-Gaulle, vaisseau amiral de la base navale de la rade de Toulon. Cette fois-ci, c’est de la cathédrale de Mayol qu’il est monté au firmament. Qui ça ? Josua Tuisova, fidjien de naissance, toulonnais d’adoption, déniché il y a deux ans par Laurent Emmanuelli, le patron du centre de formation du RCT. Sous contrat espoir, il est en train de se faire une vraie place au soleil au milieu des Habana, Micthell, Armitage ou même Halfpenny, et grappille chaque week-end un peu plus de temps de jeu. Face à Castres, pour sa sixième titularisation en Top 14, il a éclaboussé la rencontre de sa classe et marqué ses cinquième et sixième essais de la saison. « Tuisova, c’est un monstre. Ça va être un joueur exceptionnel. Il a encore des lacunes car il ne monte pas assez vite en défense, il ne ferme pas assez vite, mais après… De mon vécu, j’ai rarement vu un joueur avec un tel potentiel. J’avais dit à ses partenaires avant le match : filez-lui quarante ballons surtout ! En un contre un, il est terrible. En un contre cinq, il est terrible ; alors imagine-toi en un contre un ! », glissait en conférence de presse, admiratif, le manager du RCT, véritablement sous le charme, Bernard Laporte.

Chris Masoe en chaperon

D’habitude avare en compliment, un peu plus tard, il explicitait son point de vue : « Josua, dans quelques années, je le regarderais sur mon canapé faire des misères à toutes les défenses du monde. Il est l’archétype du joueur qu’aurait rêvé d’entraîner Jacques Fouroux. Il gagne tous ses duels et il est encore tout jeune. » Mais alors pourquoi n’est-il pas titulaire lors des matchs de phase finale ? « Rugbystiquement, il n’a rien à envier à Habana et Mitchell mais il n’a pas encore leur vécu, leur expérience. Mais j’avoue que dans un proche avenir, il pourrait débuter ce genre de match », argumentait Bernard Laporte qui tenait aussi à souligner le rôle de ses partenaires Jocelino Suta et Chris Masoe dans son intégration au sein du groupe depuis dix-huit mois. Ainsi, le deuxième ligne révélait que si durant ce printemps, le Néo-Zélandais Chris Masoe jouait les chaperons pour un jeune garçon qui pour le moment ne communique qu’en anglais et de manière très timide, cet hiver c’était lui qui était « chargé » de Tuisova. « Quand j’ai appris qu’il allait passer les fêtes de fin d’année tout seul car sa famille est restée aux Fidji, je l’ai invité chez moi. Il s’ouvre petit à petit, il faut dire qu’après de telles performances, il commence à avoir une certaine légitimité dans le groupe. »

à tel point que certains le voient déjà postuler pour le XV de France dans un avenir tout proche, à un poste où la sélection française semble quelque peu dépourvue. Débarqué en 2013 en France sous contrat espoir et pensionnaire du centre de formation du RCT, à l’automne 2016, si les Fidji ne le sélectionnent pas, il pourrait alors suivre les pas de son aîné Noa Nakaitaci. « C’est tout le mal que je lui souhaite », glissait Bernard Laporte.

Pierre-Laurent Gou
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