La Russie entre dans l’Europe

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    La Russie entre dans l’Europe
Publié le , mis à jour

Pour la première fois de l’histoire, une équipe russe, l’Enisseï Krasnoïarsk, va participer à la Coupe d’Europe de rugby suite à sa victoire en barrage face à l’équipe roumaine de Baia Mare. Kirill Kulemin, joueur de l’Usap, témoigne.

Le 4 mai 2015 restera un jour historique pour le rugby russe. Il représente la qualification pour la Challenge Cup du club sibérien d’Enisseï Krasnoïarsk, exploit qu’aucune équipe russe n’avait jusqu’à présent réussi à réaliser. La performance est d’autant plus remarquable que cette formation évolue dans un pays où le rugby n’est pas encore aussi développé qu’en France ou en Angleterre. Interrogé à ce sujet, le deuxième ligne russe de Perpignan, Kirill Kulemin, nous livre ses impressions sur l’évolution du rugby dans son pays d’origine.

Un profond problème de médiatisation pour le rugby…

Dans un pays où l’espace médiatique sportif est dominé par le hockey sur glace, le football ou encore le basket-ball, le rugby a du mal à tirer son épingle du jeu. « Il n’y a pas assez de personnes en Russie qui suivent le rugby, il faut mettre plus de moyens pour lui permettre de se développer » juge le joueur de l’Usap. La qualification de l’Enisseï-STM est donc une réelle opportunité pour le rugby russe, dont les matchs de l’équipe nationale sont pour l’instant les seuls à être diffusés à la télévision. Néanmoins, les retombées médiatiques de la participation de l’équipe nationale à la Coupe du monde de rugby à XV en 2011, et de l’organisation du Mondial VII en 2013 n’incitent pas à l’optimisme : « Cela a permis au rugby russe d’avoir un peu d’avance et une petite médiatisation, c’est vrai, mais l’effort n’a pas été fait par la suite. Même pendant la Coupe du monde à domicile, les stades étaient loin d’être remplis ! »

...avec un championnat et des joueurs pas encore au niveau

La mauvaise exposition du rugby par rapport à d’autres sports s’explique, en plus de son absence culturelle, par les performances moyennes de ses équipes nationales. L’équipe de hockey sur glace nationale a longtemps été la meilleure équipe au monde (elle est deuxième aujourd’hui), alors que la Russie est seulement XIXe au classement IRB. La quasi-totalité des joueurs formant cette sélection évoluent dans le championnat russe. Celui-ci regroupe les dix meilleures équipes du pays mais n’a pas un niveau très élevé : « Le championnat russe a un niveau inférieur au Pro D2. Les joueurs vont progresser en disputant la Challenge Cup mais Enisseï aura beaucoup de difficultés à disputer cette compétition plusieurs années de suite en raison de la faiblesse de son championnat », explique Kirill Kulemin. La solution pour les joueurs russes serait alors de quitter leur championnat pour aller progresser en France ou en Angleterre par exemple. Mais cela est très rarement le cas. Le deuxième ligne de Perpignan donne deux raisons à cela : « Les joueurs se contentent de leur championnat national, ils n’ont que très rarement envie de changer. Et même si cela était le cas, les recruteurs européens ne veulent pas forcément prendre le risque d’engager un joueur russe.» La Coupe du monde 2015 aurait pu donner un nouveau souffle au développement du rugby russe mais l’équipe nationale a échoué à se qualifier. V. M.

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