Pays basque : toujours la cote d’alerte

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    Pays basque : toujours la cote d’alerte
Publié le , mis à jour

Alors que Bayonne devra lutter jusqu’au bout pour sa survie dans l’élite, la pression est toujours aussi forte au pays basque autour du projet de fusion amorcé avec Biarritz. Le point.

La tension n’est pas retombée ces derniers jours au pays basque. Et le match à la vie à la mort qui attend l’Aviron bayonnais le 23 mai contre La Rochelle ne devrait pas apaiser les esprits. Toujours treizième du classement et relégable, le club ciel et blanc accuse un point de retard sur Brive, cinq sur Grenoble. Nul besoin de préciser, dès lors, combien la pression sera lourde sur les épaules des Bayonnais pour cette ultime sortie à Jean-Dauger. Mais à l’aube de son match le plus important de la saison, Bayonne semble au bord de l’explosion. Car à ce contexte pesant s’ajoute celui, détonant, de cette fameuse fusion avec Biarritz qui enflamme la côte depuis quelques jours, sur les réseaux sociaux, au stade et dans la rue. Au point que dimanche, le staff envisageait de mettre son groupe au vert afin de préparer ce dernier match capital loin de la pression populaire.

Mercredi soir, 500 supporters avaient bruyamment manifesté devant le siège de l’Aviron à l’occasion d’une réunion entre leurs représentants et le président. Jeudi, ils étaient 200 à faire savoir leur mécontentement à l’entraînement. Mobilisation, aussi, du millier d’entre eux qui avait fait le déplacement à Chaban-Delmas, banderoles à l’appui. Des tensions qui se sont traduites par des bagarres en tribunes avec les supporters adverses à l’heure de jeu, quand les fans girondins ont commencé à entonner des « Et ils sont où les Bayonnais ? » au sein du stade. Même malaise du côté des vestiaires. Le président Manu Mérin, que l’on dit très affecté par la tournure prise par les événements ces derniers jours, s’est refusé à tout commentaire, se contentant de réclamer du « respect ». Les joueurs, eux, n’avaient toujours pas le droit de s’exprimer sur le sujet. Certains cadres ont toutefois eu une explication franche avec leur président, dont ils n’ont pas apprécié les mensonges.

Des rendez-vous avec les partenaires

À Biarritz non plus, personne ne veut vraiment parler malgré la situation inconfortable subie par les joueurs, qui sont partis en vacances jeudi sans effectuer les tests physiques initialement programmés. On parle toujours de neuf Biarrots conservés, pour 22 Bayonnais, et d’une enveloppe de 2,8 millions d’euros prévue pour indemniser les joueurs sous contrat qui ne seraient pas de l’aventure. Mais du côté d’Aguilera aussi, la fusion passe mal. Comme rapporté par le quotidien Sud Ouest, le trompe-l’œil représentant Serge Blanco qui avait été dessiné sur un rond-point avenue du Beau Rivage a été souillé d’une balle de peinture bleu ciel durant la semaine. Des affichette pullulent dans la ville. « Non à la fusion avec les jambons », peut-on notamment y lire…

Les passions sont toujours aussi vivaces. Et les rumeurs naissent, partout et sur tout. Samedi, on entendait que le montant restant à payer pour racheter les parts d’Alain Afflelou et Philippe Ruggieri (soit 80 % de 1,7 million d’euros) n’avait pas été versé par AB Lagunak, la société de 21 actionnaires créée pour l’occasion, et que la vente serait donc caduque. Renseignements pris, les versements auraient été effectués dans le week-end. Concrètement, il semble que les choses continuent d’avancer. Serge Blanco aurait multiplié les rendez-vous avec les partenaires, et notamment Cap Gemini, en fin de semaine pour les sonder quant à leur engagement au sein d’une entité commune. Selon nos informations, les garanties financières dépendraient, pour beaucoup, de ce que peut apporter le BO via le réseau et les relations professionnelles de son charimastique président.

Emilie Dudon
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