Roimata Hansell-Pune : “notre cohésion est notre force”

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    Roimata Hansell-Pune : “notre cohésion est notre force”
Publié le , mis à jour

Arrivé en 2010 à Oyonnax, le trois-quarts centre néo-zélandais a été un des principaux acteurs de la fulgurante ascension du club haut-bugiste. De la Pro D2 au Top 14, puis du bas du classement au barrage, ce club n’a cessé de surprendre. Capitaine et figure emblématique du club, Roi Hansell-Pune se confie sur l’incroyable parcours de son équipe.

Se qualifier pour les barrages du Top 14 est un moment historique pour le club, comment vous sentez-vous ?

C’est complètement fou, jusqu’à la dernière journée nous n’étions pas sûr à 100% de nous qualifier. La progression du club a été impressionnante, nous en sommes tous conscients. Un an en Pro D2, puis propulsés en Top 14 et aujourd’hui nous passons du bas du classement de l’élite au Top 6, c’est incroyable.

Vous avez été très engagés à l’extérieur cette saison, on se souvient de vos victoires au Racing, au Stade français et à Clermont. Comment expliquez-vous ces victoires inattendues ?

Je pense que nous croyions assez en nous pour déjouer les pronostics. Nous nous sommes faits confiance. Après avoir mal commencé la saison avec deux défaites à domiciles contre Toulon et Clermont, nous avons juste décidé de croire en notre équipe. La victoire chez ces 3 équipes ont été une surprise pour tout le monde mais ça ne l’était pas vraiment pour nous. C’était seulement le résultat de beaucoup de travail de notre part. Nous avions presque battu Toulouse à Ernest Wallon lors de la première journée (20-19), nous savions alors que nous étions capable de faire de belles choses à l’extérieur.

Le fait d’être considérés comme une « équipe modeste » vous pousse-t-il à vouloir prouver le contraire et à jouer les matchs sans pression ?

C’est vrai que nous jouons de manière décomplexée, et sans se mettre une pression monstre car si on gagne c’est bien mais si on perd j’imagine que c’est encore toléré quand on n’est pas considéré comme l’un des leaders du championnat. J’imagine que psychologiquement c’est plus simple. Il faut prendre match par match sans se précipiter et ne pas oublier que chaque point compte. La compétition est tellement serrée.

Comment allez-vous préparer le barrage à Toulouse ? Y-a-t-il une entraînement particulier prévu ?

Cela fait à peu près trois ou quatre semaines que nous nous préparons physiquement pour ce match. Nous avons laissé de l’énergie dans les matchs précédents avant d’arriver là où nous sommes donc il faut évidemment se reposer. Je pense que l’équipe saura se rappeler que nous étions proche de la victoire lorsque nous nous sommes déplacés à Toulouse, ça amènera de la motivation supplémentaire.

Il est vrai que vous étiez proche de la victoire contre Toulouse. Avez-vous remarqué certaines faiblesses chez les Haut-Garonnais que vous pourriez utiliser pour l’emporter ?

Vous savez, Toulouse est une équipe solide. Là tout de suite je ne vois pas de faiblesse ou quelconque stratégie utilisable contre eux. Il faut seulement tout donner et être plus fort qu’eux. Il faudra redoubler d’efforts sur le plan physique et sur la rapidité. Ils ont des joueurs brillants, qui pour la plupart sont international, donc ce sera dur.

Toulouse s’est montré inconstant cette saison, cela va-t-il vous avantager ?

Oui c’est très certainement un point sur lequel nous pouvons compter. Mais que ce soit Toulouse ou n’importe quelle autre équipe, nous abordons chaque match de la même façon. Nous essayons de trouver un défaillance dans le jeu de notre adversaire, et si il y en a une (c’est souvent le cas) nous l’utilisons contre lui. C’est notre philosophie.

En tant que leader et capitaine, quelle attitude adoptez-vous envers vos coéquipiers à la veille d’un événement majeur comme celui-ci ?

Je m’efforce de ne pas stresser tout le monde. L’équipe en général a besoin de prendre ce match comme tous les autres et ne pas en faire une montagne. Sinon l’excitation et la pression pourraient nous piéger et nous déstabiliser. Nous continuons à fonctionner comme nous l’avons fait, car cela s’est montré efficace.

Vous êtes arrivé en 2010, l’équipe a fait du chemin depuis. Quelle est l'origine de votre énorme progression, en particulier cette saison ?

L’arrivée de nouveaux joueurs cette saison a été sans aucun doute un gros avantage pour nous. Des joueurs comme Maurie Fa’asavalu ou Olivier Missoup ont apporté de l’expérience au club, ils ont été des recrutements décisifs. La différence est énorme. Jamais nous n’aurions imaginé en début de saison que nous irions aussi loin.

Comment une « petite » équipe comme la vôtre a pu passer devant un gros club comme Bordeaux ?

C’est triste pour Bordeaux, mais nous sommes contents on ne va pas se mentir (rires). Je pense que dans les petites villes comme Oyonnax la cohésion est plus grande. Nous sommes tout simplement toujours ensemble. Il n’y a pas grand chose à faire ici alors nous passons le plus clair de notre temps ensemble et je suis persuadé que c’est notre plus grande force. Notre esprit d’équipe est probablement un gros plus.

Il vous reste une saison de plus à Oyonnax, comment envisagez-vous votre futur en France ? La vie et le rugby ici sont-ils vraiment différents de la Nouvelle-Zélande ?

J’adore ma vie en France, ainsi que l’aspect rugby. C’est évidemment différent de la Nouvelle-Zélande mais c’est une bonne chose, j’ai l’opportunité de jouer 11 mois par an alors qu’en Nouvelle-Zélande il est très difficile d’obtenir un contrat en Super 15. Ici il y a plus de garantie et un meilleur niveau. Je n’ai pas encore réfléchis à mes objectifs à long terme mais faire le restant de ma carrière en France ne me déplairait pas. Ma compagne est française et nous sommes heureux ici. Propos recueillis par F. C.

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