Collins, parcours d’un champion

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    Collins, parcours d’un champion
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Retour sur le parcours de Jerry Collins, samoan d’origine, de ses débuts à Manawatu (Nouvelle-Zélande) en 1999 à son retour à Narbonne en 2015, en passant par le pays de Galles et le Japon.

« Je suis heureux. C’est tout, il n’y a rien d’autre à ajouter. » Voilà ce que confiait Jerry Collins à notre journal début avril après avoir inscrit deux essais face à Perpignan avec sa nouvelle équipe de Narbonne. Heureux d’avoir retrouvé un niveau de jeu en adéquation avec le champion qu’il était. Un retour en grâce pour l’ancien troisième ligne des All Blacks, revenu du Canada pour relever ce dernier challenge sportif. Depuis 2012, il s’était retiré des terrains en toute discrétion après une fin de carrière au Japon sans réel coup d’éclat… sur les pelouses. Sa seule activité connue outre-atlantique était un emploi dans une société de sécurité. Jerry Collins voulait une autre fin pour sa carrière sportive et il était en passe de réussir ce pari insensé avec le RCNM qui venait de lui offrir une prolongation de contrat à 34 ans.

Une fin qui allait être à la hauteur du champion qu’il avait été. Incontournable troisième ligne aile aux cheveux peroxydés d’une équipe néo-zélandaise qui remportait quatre fois consécutivement les Tri-Nations entre 2003 et 2007. Quarante-huit sélections chez les All Blacks qui devaient lui permettre de soulever le trophée Webb-Ellis à Paris lors du mondial 2007. La France de Bernard Laporte brisait ce rêve, mettant ainsi fin à la carrière internationale de cet infatigable guerrier. Son service à la nation et aux All Blacks rendus, Jerry Collins, réputé pour ses plaquages destructeurs, était à la recherche d’un second souffle alors que sa carrière en Super Rugby se limitait alors à une finale disputée en 2006 avec les Hurricanes, une province alors dans l’ombre des Crusaders de Carter et McCaw. L’aventure européenne apparaissait alors comme une évidence, d’autant plus que le Toulon de Tana Umaga, son compatriote, lui faisait une proposition de trois ans et lui offrait la possibilité d’ajouter quelques lignes à son palmarès.

En France, Jerry Collins voulait vivre un nouveau départ mais son implication au quotidien dans un club en quête de reconnaissance était vite pointée du doigt malgré vingt matchs de Top 14. L’ancien All Black pensait pouvoir jouer sur ses acquis alors que le RCT espérait compter sur celui qui tout déménagé entre 2003 et 2007. Après seulement une saison sur la Rade, les deux parties décidaient de rompre leur engagement. Jerry Collins prenait la direction du pays de Galles et de la province des Ospreys pour deux saisons. Sans briller, il devenait tout de même un titulaire, notamment en Coupe d’Europe, le rendez-vous majeur pour les équipes de la Ligue Celte. Il participait même à un quart de finale de l’épreuve au printemps 2010.

Néanmoins, en juin 2011, son contrat n’est pas renouvelé. Direction alors le Japon, terre d’accueil reconnue pour de nombreuses anciennes gloires des All Blacks. Seulement huit titularisations en onze rencontres en deux ans passés mais un passage en prison pour le sortir de l’anonymat du championnat japonais. Il avait été retrouvé par les policiers armé d’un couteau avec une lame de 17 centimètres avant d’expliquer qu’il était pourchassé par un gang brésilien. Un dernier fait d’arme avant de disparaître au Canada. C’était en 2013 avant de refaire surface fin janvier à Narbonne. Pour ce qui devait être un retour dans la lumière.

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