Radosavljevic : « Rendez-vous le 14 juin »

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    Radosavljevic : « Rendez-vous le 14 juin »
Publié le , mis à jour

Entré en jeu à l’heure de jeu, le demi de mêlée a parfaitement dirigé la fin de rencontre de son équipe. Pour prendre le score, le conserver et amener les siens en finale. Sans détour, « Rado » revient sur sa situation de remplaçant, la frustration de la finale européenne perdue et le pacte qu’ont passé les Auvergnats.

Quel bilan faites-vous de cette victoire face à Toulouse ?

Qu’on a su rester fort mentalement. Ce n’est peut-être pas notre meilleur match, il y a eu pas mal de déchet mais finalement, on s’en fout. Même quand ils sont repassés devant, nous avons su maintenir le cap. C’est ce que j’ai envie de retenir.

Êtes-vous surpris de retrouver Paris en finale ?

Toulon était le favori incontestable. Mais parfois, être dans la peau des favoris, ce n’est pas la meilleure situation. Les Parisiens ont bien tiré leur épingle du jeu. Nous sommes bien placés pour savoir que les Parisiens ont une super équipe. Ils ont des internationaux à tous les postes. Il y a deux mois, quand nous sommes allés chez eux, nous avons pu bien juger de leur état de forme…

Dans la concurrence, vous n’avez jamais semblé aussi proche de Morgan Parra. Cela donne-t-il envie de plus ?

C’est le credo de ma saison. J’ai énormément travaillé pendant l’été, je n’ai pas pris de vacances et voilà. J’ai assez vite senti qu’avec ce travail, j’avais gagné du crédit auprès de l’encadrement. Je suis en confiance, bien dans ce club, bien dans mes pantoufles. Tout n’est pas parfait mais, tout de même, il y a beaucoup de positif pour moi, cette saison.

Cette situation a fait de vous un titulaire régulier. Sauf en phase finale, quand Morgan Parra revient. Frustrant ?

Bien sûr que cela me frustre. À l’annonce de l’équipe, quand vous n’entendez pas votre nom… Je suis comme tout le monde, j’aspire à une place de titulaire dans les matchs importants. Mais je suis aussi conscient des choses. Devant moi, j’ai le demi de mêlée de l’équipe de France. Quand vous avez dit cela, il n’y a plus besoin de faire un dessin ! Morgan n’a pas à faire ses preuves. Moi, je vis dans la peau d’une doublure. Quand j’ai une opportunité, je la saisis.

Vous êtes titulaire pour la victoire au Munster, en quart et demi-finale de Coupe d’Europe…

Parce que Morgan était blessé. C’est comme ça, c’est le rugby. Il y a des gens qui commencent, donc qui ont leur chance un peu plus tard. C’est frustrant dans les premiers temps. Le lundi, le mardi. Et puis vous l’évacuez et vous basculez sur le match. Qu’est-ce que je peux y faire. Je le rumine un peu dans ma tête, je le digère. Et le lendemain, c’est passé.

Ce crédit, vous ne l’aviez pas auprès de Vern Cotter ?

Franck a une approche différente du rugby. Il met moins de pression sur l’homme. Globalement, je ne suis pas quelqu’un qui craint trop la pression. Mais avec Vern, ça pouvait devenir pesant. J’arrivais tous les lundis en me disant : « Bon, qu’est-ce qui va se passer ? Qu’est-ce que j’ai encore mal fait ? » Avec Franck, je trouve l’approche plus constructive.

Vern Cotter est aussi celui qui vous a lancé en professionnel…

Je n’ai pas envie de le critiquer. Il n’a rien à me prouver, c’est un grand entraîneur. Mais désormais, je n’ai rien à lui prouver non plus. Et je me trouve plus adapté au système mis en place par Franck.

Deux finales sans titre, est-ce nécessairement une saison ratée ?

Ratée ? Rien du tout ! Je ne suis pas d’accord avec ça. La saison, elle est magnifique. On est déjà allé en finale de Coupe d’Europe. Alors certes, on perd. Mais on perd contre une grande équipe. Les gens racontent partout que ça ne nous fait rien de perdre. Ils nous disent qu’on s’en fout. Ça, je l’ai en travers de la gorge. Ça me touche. On vit pour ça et on bande pour ça. La défaite en finale, elle nous a fait mal ! Maintenant, on va monter à Paris pour disputer une autre finale. Et on a rendez-vous le 14 juin.

Le 13 juin plutôt…

Non, le 14 juin. Le lendemain de la finale, place de Jaude. On se l’est dit entre nous. Ça n’engage à rien. Mais c’est le rendez-vous qu’on s’est donné, après la finale de Twickenham. On monte à Paris pour gagner. On verra bien si ça marche.

Léo Faure
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