Ntamack : Romain, sur les traces du père ?

Romain Ntamack, 16 ans, marche sur les pas de son père, Émile, ancien international du XV de France (46 sélections). Fils d’une des plus emblématiques figures du rugby français, il aurait hérité du talent et de la vista de son père... Rencontre.

Il est une légende qui dit que le talent se transmet de père en fils. La famille Ntamack pourrait bien en être une nouvelle preuve. Romain Ntamack, demi-d’ouverture du Stade Toulousain, est un diamant brut à polir. Avec les cadets Alamercery du club, il a réalisé une saison pleine au terme de laquelle il a glané un titre de champion de France avec Toulouse, inscrivant notamment 14 des 24 points de son équipe en finale face au CABBG. Cerise sur le gâteau, il a même été surclassé avec l’équipe de France des moins de 17 ans, et a enfilé le maillot frappé du coq à trois reprises cet hiver (contre les États-Unis, l’Italie, l’Angleterre). Quand on lui demande quelle sensation il a ressentie lors de sa première Marseillaise, il répond que « c’était un moment tout simplement indescriptible. J’avais la gorge serrée au moment de la chanter ». Une récompense qui reflète ses performances trois étoiles avec le Stade Toulousain : 15 essais au compteur et un taux de réussite avoisinant les 80 % dans l’exercice du tir au but, l’ouvreur a survolé le championnat, même s’il ne veut pas vraiment se l’avouer : « Si j’ai réussi de belles performances, c’est grâce au boulot des coéquipiers aussi donc je ne peux pas dire que j’ai réalisé une belle saison, mais plutôt que l’équipe a fait une super saison. »

Autoroute vers le haut niveau ?

Conservé dans l’effectif des juniors Crabos du club toulousain, il sait que la saison prochaine sera un véritable test pour s’imposer en tant qu’ouvreur numéro 1, pendant laquelle il devra faire face à la concurrence de joueurs qui auront jusqu’à deux ans de plus que lui : « Ça va être un vrai défi de continuer à jouer en tant que titulaire et j’ai envie de montrer ce que je vaux aux plus grands. »

S’il admet que porter le nom d’une des légendes du rugby français pèse quelquefois lourd, il « essaie de ne pas se poser de questions sur le terrain et d’en faire abstraction, même si parfois, j’en prends plein la gueule par les supporters adverses ». À l’instar de son père, le jeune demi d’ouverture haut-garonnais dégage une détermination hors-pair et entend bien faire carrière dans le rugby, assurant qu’il va « vraiment tout donner pour essayer d’atteindre cet objectif. » Goûtera-t-il un jour au parfum du haut niveau, et sera-t-il capable d’assurer la succession d’un mythe du club de la ville rose et du XV de France ? En tout cas, il a pris une autoroute pour y parvenir…

Émile Ntamack : « Je lui souhaite non pas de m’atteindre, mais de me dépasser »

De son côté, Émile Ntamack a également accepté de se prêter au jeu des questions-réponses. Au sujet de son fils, l’ancien capitaine du Stade toulousain, quadruple champion de France et double champion d’Europe, ne tarit pas d’éloges sur ce dernier mais estime que la route est encore longue.

Votre fils, Romain, réalise actuellement des prouesses. Pensez-vous qu’il pourra un jour atteindre un niveau similaire à celui qui fut le vôtre ?

Je ne suis pas une boule de cristal ! Je lui souhaite, non pas de m’atteindre mais de me dépasser. Toute l’ambition d’un père envers son fils, c’est qu’il aille au-delà de nos propres rêves. Est-ce que je le pense ? Je ne sais pas, je lui souhaite en tout cas. Il faudra qu’il se donne les moyens pour y arriver comme ça a toujours été le cas, c’est-à-dire avec du travail, de l’application, et bien sûr du plaisir dans ce qu’il fait, dans sa passion. Ce sont les éléments incontournables.

Estimez-vous qu’il fait partie d’un des grands espoirs du club toulousain et du rugby français, et qu’il est en quelque sorte un diamant brut à polir ?

Il est encore jeune, il n’a que 16 ans. Lui comme d’autres garçons sont des joueurs avec des potentiels révélés, mais on a vu beaucoup de jeunes à gros potentiel disparaître, ne pas confirmer ou ne pas avoir le développement espéré. Il faut rester prudent. S’il a l’opportunité, s’il a le talent et s’il continue de travailler, peut-être pourra-t-il passer certaines étapes. À son âge, la base de la pyramide est encore extrêmement large.

Au niveau rugbystique, quels points communs avez-vous décelés entre vous et votre fils ? Considérez-vous, entre autres, qu’il a hérité de votre talent ?

Le jeu au pied ! (rires) J’ai toujours eu un jeu au pied excellent et il a le même ! Non je plaisante, je pense qu’il tient ça de son grand-père maternel, un talent que je n’avais pas. C’est vrai qu’à son poste de numéro 10, c’est quelque chose d’utile (rires), donc tant mieux pour lui. Notre point commun, je ne sais pas si c’est le talent, je pense plutôt que c’est l’exigence. Romain est un garçon exigeant envers lui-même et c’est aussi important pour se donner des objectifs et essayer de les réaliser. Toujours essayer d’améliorer les choses, ça fait partie de la remise en question permanente.