La vie en rose !

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    La vie en rose !
Publié le , mis à jour

Assis sur une défense incroyable et un paquet d’avants dominateur, les Soldats roses ont soulevé le Bouclier de Brennus pour la première fois depuis 2007. Ça, c’est Paris !

Huit ans après avoir décroché son dernier titre de champion, le Stade français se hisse à nouveau au sommet du rugby hexagonal. Irrésistibles depuis les phases finales, les Soldats roses ont ainsi fait plier l’ASMCA à la régulière, s’appuyant sur une fraîcheur physique qui ne se démentit jamais, un paquet d’avants tout terrain et l’expérience d’une charnière Dupuy-Steyn bel et bien supérieure à son homologue auvergnate. Samedi soir, les Jaunards étaient donc trop handicapés par les blessures de Fofana, de Davies, de Nakaitaci ou de Cudmore pour espérer autre chose qu’une défaite honorable. Fébriles balle en mains, incapables de mettre de la vitesse à une rencontre que Paris joua à son rythme, les coéquipiers d’Aurélien Rougerie réalisèrent même à Saint-Denis un incroyable doublé, celui de deux finales perdues au cours de la même saison… « On ne va pas égorger des poulets et faire des incantations », expliquait Aurélien Rougerie peu avant le coup d’envoi de cette finale. L’ASMCA devra pourtant un jour trouver un antidote à cette étrange malédiction rongeant un club incapable de s’affranchir de la pression inhérente à une finale…

Conquête, occupation, défense !

Le match ? Une finale, quoi. Tendue, âpre, acharnée et exclusivement rythmée par les coups de pied de Morné Steyn d’un côté, Camille Lopez et Morgan Parra de l’autre. À la 14e minute, Julien Bardy commettait ainsi une faute balourde, plongeant sur le côté d’un ruck et obligeant monsieur Gaüzere à sévir. Le flanker auvergnat écopait alors d’un carton jaune et Morné Steyn ouvrait le score, avant de doubler la mise sept minutes plus tard puis de donner aux siens un avantage de six points à la pause (9 à 3). Clermont ne baissait pas les bras. Au Stade de France, Rougerie et Abendanon multipliaient les prises d’initiative. Sans succès. Car n’ayons pas peur des mots : la défense du Stade français est en tout point hallucinante. Pas tant sur les impacts que sur sa capacité à se réorganiser à vitesse grand V, dès lors qu’un break est réalisé par l’attaque adverse. Benson Stanley perce sur quarante mètres ? Waisea coupe aussitôt la continuité du mouvement en optant pour une « rush défense » décisive. Fritz Lee s’échappe sur une moitié de terrain ? Julien Arias et Djibril Camara ferment les brèches au moment propice. Au vrai, il y a mille façons de décrypter ce système défensif-là. Mais la fraîcheur physique dont font preuve les Soldats roses depuis un mois est probablement la meilleure. Défense, conquête, occupation : la victoire du Stade français, l’équipe la plus séduisante de la saison écoulée, s’est finalement construite sur un triptyque cher à Bernard Laporte ou Nick Mallett, en leurs temps.

Marc Duzan
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