Jacques Ritton: «La structure la plus bâtarde du rugby français»

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    Jacques Ritton: «La structure la plus bâtarde du rugby français»
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Jacques Ritton est depuis 2014, le président de l’Union sportive romanaise et péagoise (USRP). Le successeur de Jean-Louis Darlay, rêve de porter les Damiers vers le Pro D2. Pour cela, une réforme de la Fédérale 1 est nécessaire et celle proposée par l’UCRAF est une alternative.

Quelle est votre position vis-à-vis de la configuration de l’actuelle Fédérale 1 ?

La Fédérale 1 est la structure la plus bâtarde des compétitions de rugby en France. Ce championnat finit assez tard, ce qui complique le recrutement des promus car les joueurs restant sur le marché sont, soit trop chers, soit ceux dont les clubs ne veulent pas. De plus, la direction de ce championnat est un mélange de la FFR et de la LNR. Tout le contraire de la Fédérale 2 et de la Fédérale 3, où une certaine cohérence existe.

La réforme proposée par l’UCRAF va donc dans le bon sens, selon vous ?

Vous savez, le mode de sélection est toujours discutable car il n’y aura jamais 100 % de personnes satisfaites. Il faut simplement prendre le temps de discuter et ne pas être jusqu’au-boutiste. Aujourd’hui, il faut savoir que monter de Fédérale 2 en Fédérale 1 est une colline. Monter dans le ventre mou puis jouer pour la qualification est une petite montagne. Or ensuite, accéder au Pro D2 c’est un véritable Everest.

Dans votre poule, les deux promus sont redescendus en fin de saison. Est-ce dû à cette marche importante ?

La poule 2 a été très homogène, très solide avec la présence de Chambéry, futur demi-finaliste et d’Aubenas-Vals futur quart de finaliste. Selon moi, Hyères-Carqueiranne et Tricastin auraient eu plus de chances dans une autre poule. Ils auraient ainsi pu tirer leur épingle du jeu, à moyen et à long terme dans la poule du Sud-Ouest.

Comment voyez-vous cette réforme, en tant que président de l’USRP ?

Je trouve cela bien de combler les fossés qui existent actuellement. Aujourd’hui, jouer neuf matchs à domicile ce n’est pas assez pour attirer des partenaires et surtout des mécènes. Selon moi, il faudrait créer soit une Fédérale 1 ++ ou un Pro D3 regroupant tous les clubs ambitionnant de monter en Pro D2. Ce championnat étant dépendant de la Ligue nationale de rugby.

On parle d’une Fédérale 1 à deux vitesses, qu’en pensez-vous ?

Effectivement, il y a bien une Fédérale 1 à deux niveaux même si les résultats de Lille prouvent que rien n’est impossible. Or, aujourd’hui, tout est fait pour une professionnalisation de ce niveau et beaucoup de clubs sont d’ailleurs professionnels. Les écarts de budgets sont parfois conséquents.

Rêvez-vous du Pro D2 ? Quels investissements ont été réalisés en ce sens ?

On vise effectivement le Pro D2 mais cela n’a rien de prétentieux. Simplement, depuis quatre ou cinq ans que nous sommes arrivés au club, nous sommes dans une logique de Pro D2. Nous avons fait des investissements en ce sens, avec une salle de musculation pour les joueurs ou un espace réceptif pour nos partenaires. La création de Rovaltain en partenariat avec le comité Drôme-Ardèche et le ROC La Voulte-Valence pour permettre à nos jeunes de jouer au meilleur niveau possible, est en ce sens. Tout a été fait pour permettre au club de se développer et ce serait dommage de faire autant d’efforts pour rester en Fédérale 1.

L’arrivée d’Olivier Nier doit donc vous permettre d’atteindre cet objectif. C’est un gros coup…

Nous essayons de devenir toujours plus professionnels et l’arrivée d’Olivier Nier va être un formidable accélérateur pour cela. Cela faisait deux à trois ans que nous étions en contact, mais qu’aucun contrat n’avait été signé pour diverses raisons. Aujourd’hui, nous avons fait 80 % du chemin et avec son arrivée, on a l’homme pour aller vers le monde pro. Propos recueillis par C. V.

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