Blanco : «Difficile d’avoir raison trop tôt»

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    Blanco : «Difficile d’avoir raison trop tôt»
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Alors que la section amateur de l’Aviron doit se prononcer pour ou contre le projet de fusion, Serge Blanco sort du silence. Le président biarrot, qui a annoncé sa démission dans la semaine, explique pourquoi le rapprochement entre le BO et Bayonne lui semble inévitable.

Comment avez-vous reçu le vote négatif de l’association omnisports du BO, mardi ? Avez-vous été blessé comme on le dit ?

Non. Je me suis battu, je me bats et je me battrai toujours pour mes convictions. La majorité a dit oui, même si cela ne suffit pas réglementairement et même si certaines infractions ont été commises. On revotera donc, et on verra si les gens sont prêts. Il n’y a aucune raison que l’avenir nous donne tort. Il est difficile d’avoir raison trop tôt…

Qu’en retenez-vous ?

On «dysfonctionne», si je puis m’exprimer ainsi, en laissant le secteur amateur et l’omnisports décider de l’avenir du rugby professionnel sans qu’il en soit partie prenante au plan financier. Il faudra bien, un jour ou l’autre, que les règlements évoluent, que la Ligue, la Fédé et le ministère des sports adaptent la législation à la réalité.

Enfin, cette histoire témoigne des manipulations qui ont été menées en coulisses par quelques-uns, pour garder leur morceau de pouvoir, quitte à menacer l’avenir de leur club et du rugby professionnel au Pays basque… Des gens qui ont pignon sur rue et qui ne font rien ou si peu. Des gens qui ont tout torpillé pour nourrir leur ego.

Qui ?

Je n’ai pas besoin de les citer. Tant que le sportif était à l’œuvre, tout allait bien. Mais dès que l’affaire est devenue politique, les choses se sont compliquées. Je ne parle pas ici du maire de Biarritz qui a toujours été clair et droit dans son engagement.

Selon les bilans déposés au tribunal de commerce, les deux clubs cumulent près de 15 millions d’euros de pertes en quatre ans…

(Il coupe) C’est un chiffre énorme qui témoigne des difficultés que rencontrent les deux clubs au quotidien. Pas seulement Biarritz, comme j’ai pu l’entendre. D’ailleurs, j’en ai assez : la fusion n’a jamais été pensée pour sauver le BO. Le BO sera toujours là l’an prochain, avec un budget de 9 à 10 millions d’euros. Simplement, je suis persuadé que cela ne sert pas l’intérêt du rugby basque dans son intégralité. Au fil du temps, nos moyens vont se restreindre et pour exister, suivre l’évolution, il nous semblait raisonnable de se rapprocher. Si on s’associe, 1+1 ne fera pas 2 mais sans doute 1,4. Ce qui ferait un budget autour de 15 millions d’euros en ProD2.

La fusion peut-elle attendre ?

On verra. En tout cas, je suis persuadé que c’était le moment : l’ensemble du monde économique, les actionnaires des deux clubs aussi, n’y étaient pas opposés. C’est dommage que le devenir du rugby pro sur le territoire basque dépende ainsi d’un numéro d’affiliation… Avec Manu Mérin, nous défendons l’idée d’un rapprochement. Nous étions à l’amorce d’une évolution et de la construction d’une équipe basque qui serait lancée autour de l’Aviron et du BO mais que devrait s’étendre à tout le pays basque.

Pensez-vous que l’association de l’Aviron va voter contre le projet ?

Je le crois. En tout cas, rien ne me semble présager le contraire, surtout pas l’irrespect total qui prédomine actuellement, la manière avec laquelle les dirigeants et anciens joueurs sont chahutés.

Que vous inspire la démission de Manu Mérin ?

J’ai découvert un homme entier et sincère dans son engagement. Il est aujourd’hui fatigué, touché par tout ce qui s’est passé. C’est dommage. Son remplaçant est déjà nommé par la mairie et Manu Mérin ne pouvait pas continuer ainsi, tout seul.

Vous parlez de Francis Salagoïty ?

Je n’en sais rien.

Est-il favorable à la fusion ?

Il lui sera difficile de défendre ce rapprochement en prenant la place de quelqu’un qui a été poussé dehors parce que justement il défendait l’union. Pourtant, les quatre ou cinq derniers présidents de l’Aviron que j’ai côtoyé étaient tous favorables au rapprochement.

Vous avez annoncé votre démission. Qu’en sera-t-il si la fusion se concrétisait finalement ?

Elle ne changera rien. C’est acté de longue date et là c’est le moment. On a parlé de Nicolas Brusque pour la suite mais il appartient au comité directeur de se prononcer. Pour ma part, je resterai toujours actionnaire du BO.

Emmanuel Massicard
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