« On ne va pas à Rio pour faire de la figuration »

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La saison 2014-2015 de Jennifer Troncy a été extrêmement riche en émotions. Demi de mêlée des Bleues à la Coupe du monde, la joueuse de Montpellier a terminé, dix mois plus tard, par une qualification pour les Jeux avec l’équipe féminine à VII.

Un peu plus d’une semaine après Malemort, réalisez-vous que vous êtes qualifiées pour les Jeux Olympiques de Rio ?

On est arrivées à notre but mais c’est dur à perçevoir. On a tellement galéré pour en arriver là, on se rend compte de tous les efforts qu’on a fait pour y arriver. Les Jeux Olympiques ce n’est que tous les quatre ans et Rio était peut-être la dernière occasion d’y amener certaines filles.

 

Comment avez-vous vécu cette qualification ?

Ça a été un grand soulagement, on a tout lâché. On savait que si on ne se qualifiait pas à Malemort, nous aurions dû repartir sur un tournoi mi-juillet à Lisbonne. Cela va permettre de couper et de bien se préparer pour Rio.

Ce programme débute par des vacances ?

Pour la plupart, cela fait deux ans qu’on joue sans arrêt entre le championnat, la Coupe du monde et le VII. Le mois de vacances va donc vraiment faire du bien, il va permettre d’aller se ressourcer. L’objectif étant de revenir en bonne condition physique pour la reprise en club, mi-août.

Quel rôle le public a joué sur cette étape de Malemort ?

Le public nous aide beaucoup, grâce à lui on se sent en confiance. Pour le dernier match par exemple face à l’Espagne, on s’est dit qu’il fallait donner le maximum pour que les supporters soient fiers de nous. Nous n’avions pas le droit de perdre à domicile, pour eux aussi.

Quelles auraient été les conséquences d’une non-qualification par le circuit européen ?

Si on ne se qualifiait pas, ça aurait été extrêmement dur mentalement. La non-qualification par le circuit mondial avait déjà été difficile à vivre. Il s’agissait d’un véritable coup de bambou car nous avions été quatrièmes et dans les qualifiables, jusqu’au dernier tournoi.

Vous évoquez le tournoi d’Amsterdam. Comment expliquez-vous ce rendez-vous manqué ?

À Amsterdam, l’enjeu nous avait plombé. Nous nous étions tout simplement fait bouffer par l’enjeu. Nous avions eu la peur de mal faire, nous manquions d’expérience car c’était notre première fois, dans cette situation.

Que représentent les jeux Olympiques pour vous ?

La Coupe du monde c’est déjà bien, mais les Jeux c’est le must. Il s’agit du rassemblement de tous les sportifs et pendant deux semaines, il y a du sport à gogo avec de nombreuses disciplines. C’est un grand rendez-vous, il n’y a pas mieux que les JO.

Avez-vous des objectifs pour ce rendez-vous majeur ?

Si on va à Rio, ce n’est pas pour faire de la figuration. Au vu de notre saison, on se dit qu’il y a quelque chose à faire. On peut avoir des chances d’être médaillées mais ça passe par le prochain circuit mondial. Il faut qu’on montre qu’on est là, qu’on continue à progresser.

Justement après avoir longtemps été quatrièmes du circuit mondial, que vous manque-t-il pour rentrer dans le trio de tête ?

Pour rentrer sur le podium du circuit mondial, parmi les trois premières équipes, il faut qu’on soit beaucoup plus régulières. Par exemple à Sao Paulo, on joue les Néo-Zélandaises dès le samedi et on prend une pilule. Le lendemain, on les joue en quart de finale de Cup et on ne perd que 12 à 5. Il faut qu’on ait plus confiance en nous.

Comment expliquez-vous ce manque de confiance ?

On est en train de le résorber car avant on voyait, par exemple, les Néo-Zélandaises comme de superbes joueuses. Elles nous impressionnaient alors, qu’aujourd’hui, on a de moins en moins de complexes vis-à-vis d’elles. Notre coach (David Courteix, N.D.L.R.) n’hésite pas à nous dire qu’elles n’ont rien de plus que nous.

Enfin, comment allez-vous préparer pour ce rendez-vous ?

D’ici à Rio, nous allons avoir des tournois toute la saison (circuit mondial). Ces rendez-vous vont nous permettre de nous jauger face à ce qui se fait de mieux. Cependant, les Jeux ne sont que dans un an et c’est encore loin. Il ne faut pas se focaliser dessus comme on a pu le faire à Londres ou à Amsterdam car on ne serait pas naturelles. Propos recueillis par C.V.

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