«Exiles», l’esprit du rugby hongrois

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Publié le , mis à jour

Sur les terres de Ferenc Puskás (Joueur de football mythique des années 50), une colonie d’étrangers se retrouve sous la bannière des Exiles, club atypique qui bataille pour sortir le rugby hongrois de l’anonymat. Le week-end dernier, pour la première fois de l’histoire, ils disputaient la finale du championnat. Et, pour l’occasion, ils nous ont ouvert leurs portes. Découverte.

Dans un pays où le foot est roi, il est difficile d’exister pour le ballon ovale. En 1991, à la fin du régime soviétique, des expatriés créént les Exiles. Des pionniers lancés à la conquête de l’Est. Aujourd’hui, la fédération hongroise de rugby rassemble 2500 licenciés (vingt-six équipes dont dix installées à Budapest et sa périphérie, deux divisions et un quart de siècle d’existence). Français, Britanniques, Irlandais ou Magyars, les 89 Exiles sont étudiants, salariés ou entrepreneurs. Aucun d’entre eux n’a le statut de «joueur professionnel». Pas de ça chez eux. De toute manière, ils ne sont pas là pour faire carrière mais simplement pour le plaisir du jeu et de l’échange, ce qui n’empêche pas la performance.

Les Exiles repartent bredouilles

Samedi après-midi, aux premiers jours de l’été, les Exiles, surnommés les «Pink and Blacks» pour leurs couleurs, défiaient en finale de l’Extra Liga, Esztergom considéré comme l’ogre de l’élite hongroise. Un sommet national bien loin de la liesse populaire qui accompagne traditionnellement nos finales du Top 14. À deux heures du match, cinquante supporters des Exiles ont pris place dans un bus depuis le centre de Budapest et en direction du RCH Stadion. Ce «trip» de 55 kilomètres ressemblait comme deux gouttes d’eau à un déplacement de supporters français. Au programme : Soproni (bière locale) et rosé-fröccs (vin et eau gazeuse). Malheureusement pour les supporters, si la journée fut exceptionnelle, la défaite (8-6) ternira un peu la fête. Pour leur première participation à une finale de championnat, les Exiles n’ont pas été ridicules. Devant au score pendant une heure, il faudra un essai en toute fin de match pour briser leur rêve de titre. «Nous aurions dû creuser l’écart rapidement, pour ne serait-ce qu’envisager battre les Vitézek. Malheureusement, nous avons laissé filer trop d’occasions en première période et on a été terrassés en mêlée dans la seconde. Mais malgré la défaite, je suis fier de mes gars», explique le coach Nicolas Valloo.

On joue avec nos tripes, notre amour du rugby. Les statuts sociaux ne comptent pas sur la pelouse (...) Au fond, nous ne sommes qu’un tas de cinglés jouant au ballon et faisant de leur mieux pour vivre à Budapest»

Dave Alpert, président du club.

Proches du niveau Honneur français

L’ExtraLiga est composée de dix équipes. En comparaison, ce championnat est proche du niveau Honneur en France. La formule est simple: les quatre premiers de la phase régulière peuvent se disputer le titre, alors que le dernier du classement doit affronter le premier de NB1 (deuxième division) pour défendre sa place dans l’élite du rugby hongrois. Un modèle qui n’est pas sans rappeler celui des féminines en France, où la lanterne rouge de Top 8 affronte le leader d’Armelle Auclair pour une place en première division. En ce qui concerne l’équipe nationale, la Hongrie truste la 68e place au classement IRB et est entraînée par Mathieu Lazergues (ex-demi de mêlée du LOU).

Un club à nul autre pareil

Quand on est Exiles, on se serre les coudes et on fait la fête ensemble. « Plus qu’un club on est une famille. Je suis plus un père qu’un boss pour ces jeunes. On joue avec nos tripes, notre amour du rugby. Les statuts sociaux ne comptent pas sur la pelouse. S’incliner en finale à quinze, c’est déjà une énorme performance pour nous. Les adhésions financent 90 % de notre budget qui oscille entre 6 000 et les 10 000 €. On n’a jamais vraiment été pris au sérieux. Là, on est en train de changer de dimension» assure Dave Alpert, président du club. «Au fond, nous ne sommes qu’un tas de cinglés jouant au ballon et faisant de leur mieux pour vivre à Budapest » conclut d’ailleurs la page Facebook du club désormais vice-champion de Hongrie.

Un vrai potentiel pointe derrière l’amateurisme

Avant que Mathieu Lazerges ne soit en charge de la sélection, un autre Français était déjà passé par le rugby hongrois. Raphaël Saint-André, le frère de Philippe, l’actuel sélectionneur des Tricolores, avait dirigé la sélection de 2012 à 2014. Sur cette période, il avait également supervisé un entraînement des Pink and Blacks, pour le plus grand bonheur des joueurs. En seize mois, le XV hongrois (aussi appelé le XV rouge-blanc-vert) avait gagné douze places au classement IRB. Malheureusement, dans un pays où le foot est roi, le gouvernement en place ne fait pas du ballon ovale sa priorité. Viktor Orbán vient par exemple d’attribuer 500 millions d’euros pour construire trente-trois enceintes de football d’ici à 2018, alors que le rugby peine encore à sortir de l’anonymat.

Mehdi, de Toulouse à Budapest

« La balle à l’aile, la vie est belle ! » Mehdi Benaniba cite Salviac quand il cherche à décrire son poste d’ailier chez les Exiles. Originaire de Frouzins (31), Medhi s’est rendu en Hongrie pour devenir numéro deux d’une PME axée Internet et community management. «J’ai toujours admiré Emile Ntamack. C’était un rugbyman à la polyvalence extraordinaire. Il était capable d’évoluer aussi bien à l’aile, qu’au centre et jouait même parfois à l’arrière. A mes yeux, c’était le plus fort. Un jour, il était venu nous faire une surprise lors d’un tournoi jeune avec d’autres joueurs du Stade. Je n’oublierai jamais ce moment.» Mehdi se rappelle, entre autres, du «fabuleux essai de Milou » contre l’Angleterre lors du Mondial 1995, histoire d’appuyer son propos. Il joue, depuis cinq ans, avec les «Pink and Blacks» où il a signé fin 2010. Un gage d’intégration. «Lorsque je suis arrivé à Budapest, j’ai rencontré plein de mecs partageant ma passion et c’est comme ça que j’ai signé aux Exiles. J’ai commencé le rugby à 7 ans dans mon village, puis j’ai défendu les couleurs du RC de La Saudrune jusqu’au Bac. J’ai grandi en suivant les exploits du Stade Toulousain époque Guy Novès, Xavier Garbajosa ou Fabien Pelous. Et je suis toujours derrière eux !» Derrière eux et avec les Exiles, forcément. Par Joël Lepavous, à Budapest

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