• « Ugo m’a laissé un bon héritage »
    « Ugo m’a laissé un bon héritage »
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Pro D2

« Ugo m’a laissé un bon héritage »

Après avoir fait son retour dans le rugby français en février dernier, pour sauver le Castres Olympique, Mauricio Reggiardo a trouvé un nouveau point de chute dans le Tarn. Le président du Sporting Club albigeois, Jean-Jacques Castanet, a effectivement fait appel à lui pour succéder à Ugo Mola parti au Stade toulousain.

Comment se sont passées vos premières semaines à Albi ?

J’ai trouvé un groupe très travailleur, avec de très bons professionnels, appliqués au travail et donc cela a rendu plus facile mon travail.

Le staff est resté le même malgré votre arrivée. Vous aviez parlé avec Ugo Mola de la qualité de ses adjoints ?

Absolument, sachant que je suis très ami avec Ugo, nous avons parlé ensemble de tout le staff. Mais j’ai aussi eu le temps de parler avec eux et d’apprendre à les connaître. Même si je veux faire un peu évoluer le projet de jeu, ma façon de manager se rapproche de celle d’Ugo, donc cela facilite mon arrivée. Tout se passe très bien pour l’instant, nous avons de très bonnes relations avec les joueurs. De plus, nous apprenons à nous connaître un peu plus chaque jour et donc nous progressons.

Quelles ambitions avez-vous affichées avec vos joueurs cette saison ?

La semaine prochaine nous partons en stage à Luchon, donc nous allons parler des objectifs pour cette année. À titre personnel, je suis quelqu’un qui joue toujours pour réussir et pour gagner, pour faire le maximum. Et le maximum en l’occurrence, c’est d’être champion de Pro D2. Ça, c’est mon objectif, mais c’est Mauricio Reggiardo ! (rires) Après, il faut que le club et les joueurs adhèrent, qu’ils soient dans la même fréquence que moi. Nous aurons donc une réunion la semaine prochaine pendant le stage pour évoquer tout cela. Mais je sais que le groupe est ambitieux et ils ont envie de se donner les moyens de réussir. C’est donc un bon mélange, entre l’ambition et l’envie de travailler.

Allez-vous apporter des modifications au projet de jeu qu’avait mis en place Ugo Mola ?

Je vais apporter certaines choses qui correspondent à ma façon de voir le rugby. Durant les cinq semaines que nous venons de passer ensemble, j’ai pu observer que les joueurs ont adhéré à 100 % aux changements que j’ai apportés par rapport avec ce que proposait Ugo la saison dernière. On est en train de consolider petit à petit ce qui avait bien marché la saison dernière. Ils ont fait une très bonne saison l’an dernier. Atteindre la demi-finale c’est déjà pas mal, mais je crois qu’ils n’ont pas toujours été assez efficients. Ils ont parfois manqué d’efficacité et de réalisme. C’était d’ailleurs un peu le cas lors de notre premier match amical contre Castres que nous venons de perdre. Nous avons eu beaucoup d’occasions pour marquer des points mais nous n’avons pas marqué. Cela reflète un peu ce qui s’est passé la saison dernière, c’est une équipe qui a produit beaucoup de jeu, mais qui n’a pas toujours été récompensée au niveau du score. Je ne veux pas proposer un rugby moins ambitieux que celui de la saison dernière, mais plus efficace je l’espère. J’ai donc apporté quelques petits changements en mêlée et sur les ballons portés par exemple, mais pas plus que cela. Je suis souvent identifié au rugby d’Amérique du Sud, et ce rugby-là, il consiste à bien faire les choses ensemble. On peut pratiquer un rugby simple, mais il faut le faire à 100 % et de la meilleure façon.

Après la défaite contre Castres en amical, comment vous projetez-vous sur le second match amical contre Biarritz ?

Nous avons marqué des objectifs pour chaque semaine, chaque match et nous travaillons en fonction de ces objectifs. Des choses n’ont pas marché contre Castres, mais ce n’est pas pour cela que l’on va revenir tout de suite dessus à l’entraînement cette semaine. Par ailleurs on va faire beaucoup de changements sur ce second match car quatorze joueurs n’ont pas participé à la première rencontre. J’avais prévu une grosse revue d’effectif pour voir sur les deux matchs environ quarante-quatre joueurs. Nous avons donc fixé des choses spécifiques à travailler en fonction de la revue des joueurs prévue.

« À présent, je suis à 100 % tourné vers le rugby ! »

Sans transition, vous évoquiez votre amitié avec Ugo Mola, vous échangez beaucoup ensemble ?

Bien sûr je parle souvent avec Ugo c’est sûr, car nous sommes très proches. Mais je n’échange pas qu’avec lui, j’essaye de me nourrir de l’expérience d’autres entraîneurs. J’essaye de savoir ce qu’ils font, comment ils le font, pour savoir si je peux améliorer ma façon de travailler. Je ne détiens pas la vérité, donc il faut s’ouvrir pour pouvoir progresser.

Vous détenez toujours « la Cocina » ensemble à Castres ?

Non non… (rires) Lorsque je suis rentré en Argentine il y a quelques années, nous avons vendu l’affaire avec Ugo. À présent, je suis à 100 % tourné vers le rugby !

Par contre, vous semblez accroché au Tarn ?

Tout à fait, je me sens très bien ici ! J’ai eu la possibilité de travailler dans le Tarn autrefois à Mazamet, à Castres. J’ai décidé d’accepter ce challenge à Albi afin que ce soit plus facile pour ma famille de s’adapter car c’est une ville qui ressemble à celle de Castres, où nous avons vécu pendant un moment. Puis, les valeurs du SCA me vont très bien. C’est un club qui me convient, il y a un bon projet et il y a beaucoup de sérieux avec également de bons dirigeants et de bons supporters. Il y a de quoi faire ici ! En plus, Ugo m’a laissé un bon héritage ! (rires) Donc maintenant je vais essayer de le bonifier.

Enfin, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour tous les deux ? Vous, de remonter en Top 14 avec le Sporting ? Et pour Ugo, ramener des titres à nouveau au Stade toulousain ?

Si Ugo réussit avec le Stade toulousain, je serai très content pour lui. C’est un ami, donc je serai très heureux qu’il réussisse. Quant à moi, j’espère que l’on va remonter. Mais les choses, il faut les provoquer, il faut aller les chercher. Je veux qu’on aille le chercher tout seuls comme des grands, avec mon groupe de travail, avec mes joueurs. Si on doit parvenir à remonter en Top 14, c’est uniquement parce que nous le mériterons réellement. Propos recueillis par M. L.

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