Les cinq Jokers à suivre

Ils sont revanchards, anonymes ou sur le déclin : ces cinq hommes, sous contrat jusqu’à la fin du Mondial, méritent toute notre attention à l’heure de débuter la saison.

Talalelei Gray (Toulouse)

D’une Coupe du monde à l’autre. À l’automne 2011, à 21 ans, Talalelei Gray s’était affirmé comme une des révélations du Top 14 sous les couleurs de Biarritz. Sa puissance et sa dextérité balle en main avaient alors tapé dans l’œil des observateurs. Avec dix-sept apparitions dont onze titularisations, l’Australien d’origine néo-zélandaise désormais âgé de 25 ans avait réalisé sa plus belle saison, ponctuée de la victoire finale en Challenge européen. L’ancien international à VII, également retenu dans les sélections jeunes, avait ensuite quitté la Côte basque après la relégation du BOPB pour s’engager avec les Waratahs. Privé de temps de jeu en Super Rugby – deux feuilles de match en deux ans, il se voit offrir une bonne opportunité de rebondir. Peut-être pas au Stade toulousain, à terme. Mais son profil pourrait en intéresser d’autres dans l’Hexagone.

Julien Caminati (Toulon)

Meilleur joueur du Pro D2 pour la saison 2012-2013 et révélation de l’automne suivant, Julien Caminati (29 ans) a tenté le pari toulonnais pour donner un nouvel élan à sa carrière. L’expérience grenobloise appartient désormais au passé : « Grenoble, ce n’était pas… Bref, je me suis trompé, confiait l’ancien Briviste. La première année s’est bien passée au point que j’ai pu signer un gros contrat dans la foulée. Même si ça n’allait plus, j’aurais pu rester et prendre mon oseille. Mais ça ne m’intéressait pas de rester pour ne pas jouer. » Après avoir dû se contenter de six titularisations l’année passée, Julien Caminati, un des rares joueurs français dans la force de l’âge à avoir obtenu un contrat joker Coupe du monde, espère profiter un maximum du début de saison pour engranger de la confiance et du crédit : « J’ai un challenge à relever, très complexe certes. Je veux absolument prouver aux entraîneurs qu’ils peuvent me faire confiance. Le but étant de ne pas rester que pour les quatre mois de mon contrat de joker Coupe du monde mais de prolonger pour, au moins, finir la saison avec Toulon. » Sa polyvalence, ses qualités de buteur et son statut de Jiff constituent autant d’atouts en sa faveur. Mais attention à l’Australien Lachie Turner et ses 15 sélections, tout aussi ambitieux.

Saimone Taumoepeau (Brive)

Les piliers de qualité et d’expérience constituent une denrée rare en Top 14. À ces égards, Saimone Taumoepeau constituait un joker Coupe du monde idéal et un gage de sûreté pour Brive, confronté à l’absence du Géorgien Karen Asieshvili. Le pilier all black (35 ans, 3 sélections) s’est imposé, à Toulon puis à Castres, comme une des valeurs sûres de notre championnat. En 2013, il avait grandement contribué au succès des Tarnais en prenant l’ascendant sur tous ses concurrents directs en mêlée fermée. Si ses plus beaux jours sont passés, Saimone Taumoepeau pourrait encore rendre de fiers services au cours de cette saison à des clubs en quête de renforts à gauche de la mêlée.

Craig Burden (Montpellier)

Des sommets au bout du banc, Craig Burden (29 ans) a tout connu en un an : un double titre de champion de France et d’Europe dans la peau d’un titulaire, une consécration comme meilleur talonneur de France dans notre revue de l’élite, une blessure au muscle pectoral et une disparition des terrains. Le tout étant inévitablement conclu par une rupture de contrat anticipée au RCT. Le Sud-Africain arrive donc à Montpellier l’esprit revanchard et les ambitions aiguisées. Face à Mickaël Ivaldi et Charles Géli, l’ancien joueur des Sharks devrait retrouver du temps de jeu. Et décrocher un contrat longue durée ? On peut fortement le penser, tant son dynamisme sur le terrain et sa solidité sur les bases du poste avaient épaté dans le Var. Le MHR a sûrement déjà prévu une place pour lui…

Chérif Slimani (Stade français)

Pendant la Coupe du monde, le Stade français va être privé de cinq piliers : Van der Merwe, Taulafo, Kubriashivili, Zhvania et Slimani. Pour ne rien arranger, le prometteur droitier australien Paul Alo-Emile, attendu pour la reprise, est confronté à une blessure à une épaule et à des problèmes de visa. Gonzalo Quesada ne sait pas s’il pourra compter sur sa présence à l’heure d’entamer la saison. Au poste, le champion de France pourrait ainsi se retrouver avec les seuls Adrien Oléon… et Chérif Slimani. Le petit frère de Rabah, âgé de 23 ans, passé par le centre de formation du club parisien, évoluait à Bobigny, en Fédérale 1, la saison dernière. Par-delà la curiosité et le clin d’œil de l’histoire, ses prestations mériteront d’être surveillées de près.

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Ils vont profiter du Mondial… sans le jouer !

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