Hafner : « Le premier objectif est de rester en Pro D2 »

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    Hafner : « Le premier objectif est de rester en Pro D2 »
Publié le , mis à jour

Président du CSBJ depuis mi-août, Pierre-André Hafner (62 ans), partenaire maillot du club, revient sur sa nomination et sur les nombreux chantiers à mener.

Vous êtes devenus président du CSBJ mi-août. Pour quelles raisons ?

Il y a eu un moment de latence après la démission de Martial Manier. Je n’étais pas forcément venu à Bourgoin pour être président. J’ai été sollicité à droite et à gauche, je me suis décidé à prendre les clefs du camion. J’étais partenaire du club depuis la saison dernière, je le suis encore. J’aime les vestiaires et le terrain. J’ai joué un peu mais ce n’est pas la peine de chercher, vous ne trouverez pas trace de mon palmarès ! J’étais proche de l’équipe professionnelle. Je m’occupais un peu du terrain et des joueurs. Chemin faisant, compte tenu des errements qu’il y a eus sur Bourgoin, j’ai décidé d’être candidat à la présidence. Maintenant, nous allons essayer d’avancer.

Quelles sont vos priorités ?

Il y a beaucoup de dossiers à traiter, notamment le stade. C’est difficile d’en dire plus dans l’immédiat. Comme président, il y a beaucoup de pain sur la planche. Je suis venu au rugby à Saint-Étienne (NDLR : Partenaire du CASE, il en fut le président de 2011 à 2013). Mes motivations sont simples. Premièrement, il s’agit de socialiser la jeunesse par le sport. C’est mon leitmotiv. Que les gamins tapent dans des ballons ovales, ronds, carrés, petits, grands, qu’ils fassent du ping-pong, lancent le javelot, ce n’est pas le plus important. C’est mieux qu’ils fassent du sport plutôt qu’ils fument des pétards dans des espaces verts. Deuxièmement, il faut s’appuyer sur un club avec des structures, matérielles et humaines. Nous en disposons ici avec un stade, une salle des muscu, des entraîneurs, un préparateur physique. Mon rôle est de conforter ces structures. Pour y parvenir, il faut une vitrine, l’équipe première. Bourgoin est un club historique, un des plus gros fournisseurs de l’équipe de France. Notre premier objectif est donc de rester en Pro D2, le plus vite possible. Mais c’est la préoccupation de tous les présidents…

Le championnat a mal commencé. Craignez-vous de vivre une nouvelle saison galère ?

Cela aurait été plus simple en gagnant vendredi dernier. Mais ce n’est pas le cas… Avec trois matchs à l’extérieur lors des quatre premières journées, notre calendrier n’est pas simple. Nous avons perdu à Lyon qui était un peu inquiet. Nous aurions pu y faire un coup. Mais tout le monde connaît les prétentions du Lou. Contre Albi, au stade Pierre-Rajon, nous avons loupé notre copie. Nous n’aurions pas jamais dû perdre. Nous menons à vingt minutes de la fin et devons nous mettre au chaud. Nous ne faisons pas le boulot et nous en mordons les doigts.

Qu’espérez-vous à Narbonne et Bayonne ?

Quand on rentre sur un terrain, on sait ce qu’on a à faire ! Il faut essayer de prendre le plus de points possibles. On ira à Narbonne avec des ambitions. Mais il y a quinze joueurs en face avec les mêmes que nous. Les garçons feront le boulot et je compterai les points.

Vous avez été président deux ans à Saint-Étienne, une expérience conclue par la relégation du club en Fédérale 3 pour raisons financières. Comment l’expliquez-vous ?

Le contexte politico-sportif est compliqué à Saint-Étienne. Pour vouloir amener l’ovalie à Saint-Étienne, il faut être un peu malade. (sourire) Ce n’est pas simple d’avoir un voisin qui fait beaucoup d’ombre. À l’époque, je demandais simplement à la mairie de m’aider à hauteur d’un budget moyen de Pro D2 et de Fédérale 1. Cela a fait défaut. Il y avait beaucoup plus de monde au stade Geoffroy-Guichard qu’au stade de l’Etivallière. La visibilité du territoire ne passait pas par le rugby mais par le foot.

Bourgoin est une ville de rugby mais les rapports avec la mairie sont compliqués. Est-ce une priorité de se rapprocher d’elle ?

C’est plus simple quand on s’entend bien avec sa mairie. Il n’y a pas de raisons de ne pas s’entendre avec celle de Bourgoin-Jallieu. Pendant la période de transition entre Martial Manier et moi, cela a pas mal remué autour du club. Les politiques se sont mêlés un peu trop de ce qui se passait au CSBJ. Il ne faut pas oublier que le CSBJ est une entreprise dont je suis le patron. Comme me l’a dit Pierre Camou, quand les politiques se mêlent d’un club, cela devient compliqué. Un club ne doit pas être instrumentalisé par des ambitions politiques. C’est juste pas possible, comme disent les jeunes. Je suis patron d’une entreprise, avec des salariés. Nous vendons du spectacle, bon ou mauvais, chacun appréciera, nous essaierons de faire mieux. Mais nous produisons du spectacle tout en socialisant la jeunesse par le sport.

Vous êtes accompagné d’un directeur général, Michel Commeinhes (NDLR : également président de Givors, club de Fédérale 3). Quel sera son rôle ?

J’ai rencontré Michel pour la première fois de ma vie ce lundi lors de la première assemblée générale du club. Je l’ai dit à tous, on m’a adjoint un directeur général, c’est très bien. Dans mon entreprise, quand j’ai embauché un directeur général, je l’ai rencontré plusieurs heures, nous avons déjeuné ensemble, nous avons parlé, avons appris à nous connaître. Et à la fin on se crache dans la main avant de la serrer. Il va falloir que j’apprenne à le connaître.

Par qui a-t-il été nommé ?

Michel a été mis en place par les actionnaires dans le but de m’épauler, de m’aider. Nous allons nous répartir les tâches. J’ai déjà des idées très précises des choses à lui confier. Et nous avancerons ensemble. Dans un premier temps, il y a des relations à recréer avec l’association. C’est toujours un peu difficile avec la partie associative d’un club. Nous avons l’association, la SASP et une troisième composante, SO CSBJ, les socios. L’objectif est qu’il regarde un peu comment les choses se passent dans l’association pour faire en sorte qu’il n’y ait qu’un club, pas deux. Nous avons besoin des actionnaires et de l’association. C’est une des premières missions que je vais lui confier. Après, il y a une grosse pile de dossiers sur le bureau ! Je regarde la pile et je sélectionne ceux qui sont les plus importants, et je les mets au-dessus. Dans l’ensemble, les structures du club sont établies. Certains rouages sont plus ou moins grippés, nous allons y remédier. Ce n’est pas vraiment un problème, il suffit d’un peu de temps et cela marchera. Et après il faut gagner les matchs. Ce n’est pas mon boulot. J’ai tapé mon dernier drop il y a deux ans. Il est passé mais mes ligaments m’ont dit de m’arrêter. Propos recueillis par S. F.

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